A clown papi, clown petit-fils

Après son succès au Festival d’Avignon le OFF, Julien Cottereau s’installe pour notre plus grand bonheur avec « AAAhh Bibi » un spectacle rempli de tendresse où un petit fils rend hommage à son grand-père. Émotions et rires assurés ! 

Qu’est-ce qu’on l’aime ce petit clown, qui nous a enchanté dès notre première rencontre au Cirque du Soleil. Puis il y a eu « Imagine-toi » qui confirma tout le talent de cet artiste hors norme. Son nouveau spectacle est un petit bijou.

Il faut peu de choses pour entrer dans le monde dans lequel Julien Cottereau nous demande de le suivre. Juste d’avoir gardé, non pas son âme d’enfant, mais cette aisance que nous avions alors de pouvoir laisser voguer notre imaginaire. On s’assoit et on n’a plus qu’à se laisser guider, l’esprit aux aguets, les sens sur le qui-vive et le cœur léger. Ceci est d’autant plus aisé que le comédien-clown nous prend tout de suite, non pas par la main, mais par ce fil magique qu’est la relation entre le spectateur et l’artiste. Et ce lien unique n’est lâché qu’à la fin, lorsque les applaudissements retentissent. 

Cela commence, comme dans un conte : une nuit noire, la tempête sévit. Un personnage se bat contre le vent, avance péniblement, trébuche et trouve refuge dans un lieu abandonné où on entend des craquements, où des sons bizarres surgissent. A terre un gilet rouge, comme celui de Monsieur Loyal, l’homme qui mène les spectacles au cirque. Puis, une voix fantomatique, presque imperceptible, se fait entendre. « AAAhh Bibi ! » à laquelle le personnage répond « AAAhh Papi ! ». Bibi a retrouvé le cirque abandonné de Papi, son vieux gilet. Bibi l’enfile et met son nez de clown. D’un coup, comme par magie, tous les fantômes du passé surgissent. C’est fantastique.

Ce spectacle sonore sans parole, réalisé en direct par Julien Cottereau, excellent bruiteur, est une féerie. Tout est finement mené. La mise en scène d’Erwan Daouphars, vieux complice, vigilant et talentueux, est au cordeau. Quant au jeu de l’artiste, il faudrait dire les jeux, tant il est doué dans son art de mime, de clown, est remarquable. Il nous ravit avec sa petite bille d’enfant à la Doisneau qui aurait mangé un Chaplin. C’est un poète ce Cottereau, un doux rêveur. On ressort de ce spectacle le cœur en joie. Alors vous l’aurez compris on y court, seul, à deux, en amoureux, entre amis, en famille. 

Marie-Céline Nivière


Aaahh Bibi de Julien Cottereau
Théâtre du Lucernaire
53, rue Notre-Dame-des-champs
75006 Paris 
Jusqu’au 12 janvier 2020
Du mardi au samedi à 20h00 et le dimanche à 17h00
Durée 1h05


Mise en scène d’Erwan Daouphars 
Création lumière de François Leneveu 
Création sonore de Rafy Wared & Ariski Lucas 
Scénographie de Philippe Casaban
Costume de Coline Dalle

Crédit photos © Karine Letellier



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