Térez Montcalm, la déferlante québécoise à la voix rauque et chaude

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terezmontcalmportraitTrois ans après son album Voodoo, Térez Montcalm traverse à nouveau l’Atlantique pour réchauffer nos coeurs de sa voix rauque et envoûtante. Son univers simple séduit dès la première écoute. Elle jongle avec les mots, avec les langues et avec les styles. Plutôt Jazzy, la chanteuse reste toutefois rock. Elle mélange standards américains et français à ses propres compositions. Son album, Connection, est dans les bacs depuis quelques semaines. Sa tournée dans nos contrées s’achèvera avec un concert à Paris à la mi-décembre.

En pleine promotion de son album et en tournée à travers la France, Térez Montcalm est difficile à saisir. Elle prend pourtant le temps de répondre à notre appel. Son accent la trahit : elle est bien d’Outre-Atlantique. La voix rauque et chaude qui s’égrène sur les différents morceaux de ses 5 albums fait place à une voix joyeuse aux accents d’un pays où il fait bon vivre. Comme dans la plupart de ses chansons, la chanteuse de jazz, la quarantaine florissante, nous invite dans son chaleureux univers.

Dernière d’une famille de cinq enfants, Térez Montcalm a baigné très tôt dans un univers musical. « J’ai toujours chanté. La musique était très très importante à la maison. Elle avait vraiment une place majeure. Chacun avait son tourne-disque. Et chacun avait son style. Mes frères étaient plutôt rock, de Jimmy Hendrix à Johnny Winter en passant par Franck Zappa. Mes soeurs, quant à elles, étaient plus «chansons françaises ». Adolescente, j’étais influencée par les musiques de mon époque, mais ce qui me plaisait depuis toute petite, c’est ce qu’écoutait mon père : du Jazz. J’adorais par-dessus tout écouter le son d’une contrebasse, la musicalité, et les voix très particulières de ces chanteurs. »

La guitare est arrivée un peu plus tard dans la vie de Térez Montcalm, mais reste liée à sa famille. « Quand mon grand frère s’absentait de la maison, il laissait sa guitare dans sa chambre. Sans sa permission j’empruntais l’instrument et me mettais à gratouiller un peu. Quand il ’est aperçu que j’aimais vraiment jouer, il a commencé à me donner des cours. Je suis ensuite allée à l’école de musique pour apprendre la guitare. » Pour gagner sa vie, la jeune musicienne quitte le Québec quelques années pour aller dans l’ouest canadien. Elle va y composer différents morceaux pour des pièces de théâtre. A son retour, elle se consacre à sa musique, sort son premier album. Très vite le succès est au rendez-vous.

Avec Voodoo, son quatrième album, elle débarque en France et constate très rapidement que le jazz est très vivant en Europe. Il y a un vrai public. Elle enchaîne les nombreux festivals de jazz européens qui couvrent l’année. Sa voix chaude et rocailleuse envoûte. Ses rythmes jazz et pop rock séduisent et emportent dans leur univers un large public. Quand elle parle de la France, sa fameuse voix se fait velours. « Vous êtes des gens qui sortez beaucoup. Vous allez voir des spectacles, des films. Vous êtes curieux et très intéressés par tout ce qui touche les

arts. Vous n’avez pas peur de découvrir de nouveaux artistes. C’est un trait commun à la plupart des européens. » Une des particularités de la chanteuse, c’est le passage de l’anglais au français d’un air à un autre. « J’aime autant « chanter en Français qu’en Anglais. Je trouve qu’on peut faire swinger le français. » En cette fin d’année 2009, la brune Québécoise revient avec un nouvel Opus , Connection, où à son habitude, elle mélange des reprises de grands classiques , mais revus « à la sauce » Montcalm, avec des raretés oubliées, ainsi que ses propres compositions. Entre jazz minimaliste et rock énergique, elle mène aisément sa barque. Elle s’approprie « C’est extra » de Léo Ferré, donne une nouvelle jeunesse à « je n’attendais que toi » de Charles Aznavour et nous offre une superbe interprétation de « C’est magnifique » de Cole Porter. « Les reprises sont des choix que je fais d’année en année. Je sais déjà ce que mettre dans mon prochain album. « Je n’attendais que toi », par exemple, cela fait dix ans que je la chante sur scène lors de mes concerts. Je l’avais mise au placard un temps, puis dernièrement je l’ai remise dans mon répertoire dans les rappels, la réaction du public étant si intense que j’ai décidé de la mettre sur Connection » . La radio est une source importante d’inspiration pour Térez Montcalm. Elle lui permet de redécouvrir des chansons oubliées, qui réorchestrées, retrouvent une seconde vie tout aussi belle que la première. Ses amis sont là aussi pour la conseiller. Elle aime réécouter régulièrement les vieux albums qui trônent dans sa bibliothèque. C’est ainsi qu’elle se ressource et trouve de nouvelles idées pour les chansons à venir. « Quand je reprends une chanson, il faut que la magie opère. Sans que je la travaille, je dois me l’approprier rapidement. Sinon, je la laisse de côté et ne la reprends pas. J’ai vraiment besoin qu’il se passe une rencontre immédiate entre la chanson et moi. »

Térez Montcalm n’est pas uniquement une interprète. Elle égrène dans ses albums des musiques et des paroles dont elle est elle-même l’auteur. Plus à l’aise avec le français qui est sa langue maternelle, la brune à la voix éraillée fait traduire ses textes en anglais. Ses sujets de prédilection font partie de son quotidien : des banalités qui, chantées de son timbre chaud deviennent envoûtantes. « Je suis passionnée depuis très longtemps par les requins. Je les adore. Je connais tout sur eux. Je n’en ai jamais vus, mais j’avais envie d’écrire une chanson sur eux. D’où « Requin blanc» qui est la première chanson de l’album. » Si vous voulez découvrir l’univers envoûtant et enivrant de cette chanteuse atypique, elle vous donne rendez-vous pour son dernier concert en France le 15 décembre, à l’Alhambra, à Paris.

www.myspace.com/montcalmterez

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