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Benoit Solès, un troublant Turing à la Scala

Benoît Solès © Studio Harcourt

De retour à Avignon, auréolé d’un succès qui ne s’est jamais démenti depuis 2018, le comédien et auteur reprend La Machine de Turing dans la grande salle de La Scala-Provence. Rencontre avec un artiste inspiré.

Quel est votre premier souvenir d’art vivant ?
Ma mère m’a emmené voir Cyrano de Bergerac au théâtre de Paris.
C’était Pierre Santini et Béatrice Agenin qui jouaient, ce jour-là.

Quel a été le déclencheur qui vous a donné envie d’embrasser une carrière dans le secteur de l’art vivant ?
Une représentation au collège de l’Antigone d’Anouilh.
Je n’ai pas dû être bon, mais ça a été un révélateur !

La machine de Turing de Benoît Solès © Fabienne Rappenneau

Qu’est-ce qui a fait que vous avez choisi d’être comédien, metteur en scène et auteur ?
Ma fascination pour les théâtres, leur magie, les rituels qui y sont attachés.
Et mon attrait pour les grands textes. L’idée de jouer est venue après.

Le premier spectacle auquel vous avez participé et quel souvenir en retenez-vous ?
Un spectacle d’enfants dans un club de vacances.
Je jouais un boulanger et j’avais un cœur doré collé sur la poitrine.

Votre plus grand coup de cœur scénique ?
Laurent Terzieff dans Temps contre Temps, au théâtre La Bruyère.
J’étais jeune comédien, assis au premier rang. Je le regardais se préparer sous le rideau.

Quelles sont vos plus belles rencontres ?
Au début, les metteurs en scène qui ont cru en moi. Maintenant, ceux en qui je crois.
Je ne prétends pas avoir « réussi », mais après avoir reçu, il faut donner, transmettre.

En quoi votre métier est essentiel à votre équilibre ?
Je ne suis pas certain d’être équilibré.
Je dirais plutôt que je suis en déséquilibre, mais vers l’avant.

Qu’est-ce qui vous inspire ?
Difficile à dire, car bien qu’étant très cérébral, mon inspiration est d’ordre instinctif.

De quel ordre est votre rapport à la scène ?
Un rapport familier, mais aussi très respectueux, quasiment sacré. Un peu mystique, donc !

La Machine de Turing de Benoît Solès © Fabienne Rappeneau

À quel endroit de votre chair, de votre corps, situez-vous votre désir de faire votre métier ?
Si le désir est un sentiment, voire une pulsion, il provient du cerveau, non ?

Avec quels autres artistes aimeriez-vous travailler ?
Les ainés, pour apprendre encore. Les jeunes, pour leur fraîcheur.
Les rêveurs, les fous, les forts, les fragiles, les différents…

À quel projet fou aimeriez-vous participer ?
Une pièce sous forme de cadavre exquis, avec tous les auteurs vivants que j’admire.

Si votre vie était une œuvre, quelle serait-elle ?
Je ne prétends pas écrire une « œuvre », mais je mets tant de moi dans mes pièces.
Alors, ma vie est -disons- distillée dans chacune d’elles. 

Propos recueillis par Olivier Frégaville-Gratian d’Amore

La Machine de Turing de Benoit Solès
Festival Avignon Off – La Scala Provence
3, rue Pourquery de Boisserin 84000 Avignon
Du 7 au 30 juillet 2022 à 12h, relâche les 11, 18, 25 juillet
Durée 1h30

Crédit photos © Studio Harcourt

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