Les poupées persanes Aïda Asgharzadeh, Mise en scène de Régis Vallée © Alejandro Guerrero

L’Iran dans le cœur d’Aïda Asgharzadeh

Aux Béliers d’Avignon, la nouvelle pièce d’Aïda Asgharzadeh, Les poupées persanes nous plonge, à travers le destin de quatre amis, de leurs descendances, dans l’histoire de l’Iran, des rêves d’une liberté mise sous voile. Dans la lignée de La main de Leïla, ce spectacle mis en scène par Régis Vallée nous a transporté. 


Conjuguant le passé avec le présent, jonglant avec les flashbacks, Aïda Asgharzadeh sait nous embarquer dans son récit que l’on suit avec une grande attention. C’est une femme de cœur, qui sait nous toucher par ses propos, son imaginaire, la justesse de ses mots, et faire ressentir les sentiments et émotions de ses personnages. Elle est une conteuse magnifique, de la lignée des MnouchkineLepageMouawad et Michalik. Sa nouvelle production démarre par ces mots : il était une fois.

Le voile de l’intégrisme religieux
Les poupées persanes Aïda Asgharzadeh, Mise en scène de Régis Vallée © Alejandro Guerrero

Ils étaient quatre amis. Ils vivaient en Iran, sous le Shah d’Iran. Ils étaient jeunes et ont participé aux mouvements contestataires des étudiants. Ils ont vu arriver l’Ayatollah Khomeini et s’envoler leurs espoirs. Sur les quatre, deux sont morts, l’un est en prison. La dernière a réussi à fuir en France, emportant avec elle deux petites poupées à qui elle a offert la possibilité de vivre dans la liberté, celle de penser et de s’exprimer. Nous la retrouvons 20 ans plus tard, à l’aube du XXIe siècle. Les filles ont grandi. Le monde a changé. Mais on n’échappe pas à son passé, à son histoire, et il est temps qu’elle raconte tout.

Effet de troupe

Les comédiens – Aïda Asgharzadeh, Kamel Isker, Azize KaboucheToufan ManoutcheriSylvain MossotAriane Mourier – donnent vraiment vie et corps à cette grande épopée. Passant de la comédie au drame circulant d’un personnage à un autre, dans une fluidité et une virtuosité remarquable, ils nous emplissent du bonheur que procure l’art théâtral. Tout comme pour La main de Leïla, la mise en scène de Régis Vallée est formidable. S’amusant avec les éléments du décor, il déroule les scènes comme on tourne les pages d’un livre d’histoire. C’est magnifique !

Marie-Céline Nivière

Les poupées persanes d’Aïda Asgharzadeh
Festival d’Avignon le Off
Les Béliers
53 rue du Portail Magnanen 84000 Avignon
Du 7 au 31 juillet à 15h25, relâche les lundis 12, 19 et 26 juillet
Durée 1h45

Mise en scène Régis Vallée
Lumières d’Aleth Depeyre
Costumes de Marion Rebmann
Musique de Manuel Peskine
Scénographie de Philippe Jasko
Texte édité aux Editions Les Cygnes

Crédit photos © Alejandro Guerrero

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