Amaury de Crayencour © OFGDA

Amaury de Crayencour, artiste ténébreusement solaire

Connu pour ses nombreux rôles à la télévision, que ce soit dans Mes Chers Voisins, Le Bureau des légendes, ou plus récemment César Wagner, Amaury de Crayencour est avant tout un comédien, un passionné de théâtre, un habitué du Festival d’Avignon le OFF. Après l’énorme succès de La Machine De Turing, il y a trois ans, il revient au côté de Benoit Solés, dans la Maison du loup, mis en scène par Tristan Petitgirard, au Chêne noir.

Maison du loup de Benoît Solès © Fabienne Rappeneau

Quel est votre premier souvenir d’art vivant ? 
Un spectacle de marionnettes adapté du Baron de Münchausen. J’avais 5 ans, c’était une sortie scolaire, je me souviens avoir été immédiatement emporté, fasciné par cette histoire et par le procédé, j’y ai cru tout de suite. 

Quel a été le déclencheur qui vous a donné envie d’embrasser une carrière dans le secteur de l’art vivant ? 
La rencontre avec la scène, dans le gymnase du lycée St Jean-Baptiste de la Salle à Rouen, je jouais le Visiteur, d’Eric-Emmanuel Schmitt. J’ai été drogué des la première représentation. 

Qu’est-ce qui a fait que vous avez choisi d’être comédien ? 
J’ai eu le sentiment de ne pas pouvoir faire autre chose, cette vie s’est imposée à moi comme la seule voie possible. 

Le premier spectacle auquel vous avez participé et quel souvenir en retenez-vous ? 
Tous les étés de mon enfance, mon grand frère mettait en scène un spectacle avec les 13 cousins que nous étions pour l’anniversaire de notre grand-mère à tous. C’était le « spectacle de Granny« . La première fois que j’y ai participé je devais avoir 7 ans et je me souviens de l’adrénaline, du trac, de l’envie de plaire au public, de la concentration et du plaisir d’entendre des réactions dans la salle. 

Votre plus grand coup de cœur scénique ? 
Ma première claque, c’est une adaptation du Songe d’une nuit d’été par Pauline Bureau au théâtre du Ranelagh. Je me souviens m’être dit « Je veux faire comme eux ! » 

Maison du loup © Fabienne Rappeneau

Quelles sont vos plus belles rencontres ? 
Ce métier est fait de rencontres, c’est ce qui nous fait avancer, évoluer, grandir. Alors il y a d’abord eu Stéphane Simons, professeur de lettre au lycée St Jean-Baptiste de la Salle à Rouen, il y est aussi prof de théâtre. Il m’a transmis sa passion pour le théâtre, j’étais un ado de 17 ans pas trop sur de qui il était, je n’avais jamais fait de théâtre, j’avais vu 3 spectacles dans ma vie et il m’a confié le rôle du Visiteur dans la pièce éponyme d’Eric-Emmanuel Schmitt et le coup de foudre avec la scène a été immédiat, je me suis senti chez moi tout de suite. Aujourd’hui, je joue à Avignon dans une pièce produite par cet auteur que j’admire tellement, autre grande rencontre. Il y a aussi eu Hervé van der Meulen, directeur du CFA des comédiens aujourd’hui devenu l’ESCA à Asnières. J’y ai vraiment appris mon métier. Et puis il y a eu Alexis Michalik qui m’a pris dans son fameux Porteur d’Histoire à la sortie de l’école. On a créé le spectacle au théâtre des Béliers à Avignon le 8 juillet 2011 et ça a changé ma vie, ce spectacle m’a tout apporté, tout, même ma femme qui un soir s’est retrouvée dans la salle… 

Qu’est-ce qui vous inspire ? 
La vie ! 

De quel ordre est votre rapport à la scène ? 
C’est presque une drogue, pendant le confinement, j’ai été malheureux, en manque et lorsque j’ai retrouvé la scène pour jouer La Machine de Turing dans la superbe salle Anthéa à Antibes, j’étais surexcité!! Tellement heureux ! J’ai mis beaucoup de temps à pouvoir m’endormir après ça. 

À quel endroit de votre chair, de votre corps, situez-vous votre désir de faire votre métier ? 
Dans le ventre et dans le cœur. 

La machine de Turing de Benoît Solès. theatre actuel © Fabienne Rappeneau

Avec quels autres artistes aimeriez-vous travailler ? 
Simon Abkarian, James Thierée, Gérard Depardieu, Albert Dupontel, Florian Zeller 

À quel projet fou aimeriez-vous participer ? 
Une comédie musicale 

Si votre vie était une œuvre, quelle serait-elle ?
La mélodie du bonheur.

Olivier Frégaville-Gratian d’Amore

La maison du loup de Benoît Solès
Festival d’Avignon le OFF
théâtre du Chêne noir
8bis rue Sainte-Catherine 84000 Avignon
Du 7 au 31 juillet à 14h30, relâche les lundis 12, 19, 26 juillet
Durée 1h40

Crédit portrait © OFGDA
Crédit photos © Fabienne Rappeneau

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