Maison du loup © Fabienne Rappeneau

Benoît Solès, l’appel de Jack London

Succès garanti pour la nouvelle création de Benoît Solès, La maison du loup, au Théâtre du Chêne noir à Avignon. Partant sur les traces du grand Jack London, l’auteur de la Machine de Turing nous raconte une histoire chargée d’humanité, où il est question de liberté, d’amitié, d’amour et d’espérance.

Dans l’enfermement du premier confinement, Benoît Solès a cherché l’évasion. Et qui de mieux pouvait répondre à ce désir ? Jack London, ce romancier américain dont les ouvrages ont pour thème de prédilection, l’aventure et la nature. Le comédien et auteur découvre alors son dernier roman, Le vagabond des étoiles. London, en homme engagé, y dénonce les brutalités « impubliables » qui étaient de mise à l’époque dans les pénitenciers américains. Solès a alors imaginé la rencontre entre Ed Morrell, le vagabond, et Jack London. Le résultat est d’une facture remarquable par les nombreux thèmes abordés comme par le style, vif et nerveux. 

Une rencontre improbable
Maison du loup de Benoît Solès  © Fabienne Rappeneau

L’intrigue se passe en 1913. Devant le manque d’inspiration de son époux, l’auteur à succès, Charmian London cherche l’étincelle qui pourrait lui donner envie de reprendre sa plume. Elle découvre dans un petit journal, un article signé par un certain Ed Morrell. Intuitivement, elle sent qu’il y a matière. Elle convie donc cet inconnu chez eux, à la Maison du loup. Heureux de l’invitation, il vient dans l’espoir de trouver un appui auprès du grand écrivain pour éviter à son ami Jacob la peine de mort. Le but de Charmian est qu’Ed sauve London ! Sur ce malentendu, la rencontre entre les deux hommes est d’abord des plus tendues. Puis, grâce à la patience de Charmian, les deux hommes finiront par s’entendre et s’unir pour faire bouger les choses.

Une distribution sur mesure 

Pour incarner le grand Jack, homme usé par l’abus d’alcool et de morphine, Amaury de Crayencour est extraordinaire. Le comédien, possédant force physique et mentale, montre avec subtilité les failles et les doutes de son personnage. Il est un loup ! Dans le rôle d’Ed, ce vagabond aux étoiles, physiquement brisé, Benoît Solès est bouleversant. Ce chien errant et maladif sait montrer les crocs quand il le faut. Le duo, qui déjà faisait le sel de La machine de Turing, joute à merveille dans ce combat de sentiments et d’idées. Dans le rôle de l’arbitre, celle qui tente de maintenir l’équilibre, Anne Plantey est lumineuse. Elle s’est glissée dans la peau de cette femme libérée et déterminée avec une grâce qui nous a totalement séduits.

Un joli rêve éveillé
Maison du loup © Fabienne Rappeneau

La mise en scène de Tristan Petitgirard oscille entre réalisme et onirisme. La part du rêve et de l’imaginaire a ici toute sa place. Le décor Juliette Azzopardi est de toute beauté. Et puis, il y a cette toile en fond de scène, sur laquelle est projetée une superbe illustration animée de Riff Reb’s, représentant les montagnes qui entourent le domaine. Tout au long du spectacle, les lumières de Denis Schlepp inscrivent adroitement les couleurs de l’été ainsi que celles de cet instant de fin de journée que l’on appelle entre chien et loup. Nous avons été captivés par ce spectacle d’une grande richesse émotionnelle !

Marie-Céline Nivière

La maison du loup de Benoît Solès
Festival d’Avignon le OFF
théâtre du Chêne noir
8bis rue Sainte-Catherine 84000 Avignon
Du 7 au 31 juillet à 14h30, relâche les lundis 12, 19, 26 juillet
Durée 1h40

Mise en scène Tristan Petitgirard
assistante mise en scène Léa Pheulpin
Avec Benoit Solès, Amaury de Crayencour et Anne Plantey
Scénographie : Juliette Azzopardi
Illustrations de Riff Reb’s
Animation de Mathias Delfau
Musique de Romain Trouillet
Costumes de Virginie H. 
Création lumières de Denis Schlepp

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