Anna Mihalcea, un petit lutin malicieux au sourire d’ange

Anna Mihalcea © DR

La comédienne est une des Filles aux mains jaunes, la pièce de Michel Bellier, mise en scène par Johanna Boyé, qui après deux beaux succès à Avignon, est à l’affiche, cet automne, du théâtre Rive Gauche. Rencontre avec une artiste délicieuse, délicate et espiègle.

Quel est votre premier souvenir d’art vivant ?
Mon premier souvenir d’art vivant a lieu sous un piano à queue à l’institut de danse Stanlowa où ma mère donnait des cours de danse classique et russe. J’y ai passé un nombre incalculable d’après-midi à observer tous ces corps se mouvoir et à regarder ma mère, exigeante, bienveillante et hyperdrôle. Grâce à la musique et à ce spectacle permanent devant moi, mon esprit divaguait, je m’inventais des histoires, des chansons…

Les filles aux mains jaunes © Fabienne Rappeneau

Quel a été le déclencheur qui vous a donné envie d’embrasser une carrière dans le secteur de l’art vivant ?
Je dirai à ma famille, leur rapport au monde, leur accent, leur fantaisie, leur force et courage, leur poésie désespérée et ma passion de recréer le vrai. Et puis aussi, Elie Kakou. Je passais mon temps à imiter ses personnages qui étaient d’une richesse folle. Et pour finir, les comédies musicales américaines que je regardais 10 fois par jour.

Qu’est-ce qui a fait que vous avez choisi d’être comédienne ?
Ça s’est offert à moi, je ne sais pas si j’ai choisi.

Le premier spectacle auquel vous avez participé et quel souvenir en retenez-vous ?
Mon premier festival d’Avignon en 2005 à la Condition des soies. On était 12 et on jouait Une folle journée, d’après Le Mariage de Figaro de Beaumarchais, par les Los Figaros, alias Alexis Michalik. On était jeune, fou et insouciant. Le spectacle était dingue.

Anna Mihalcea © DR

Votre plus grand coup de cœur scénique ?
Quand j’ai vu Le sixième jour de Catherine Germain avec son clown Arletty. Je suis tombée instantanément amoureuse du personnage. Quand j’ai vu L’art de la fugue de Yoann Bourgeois, d’une poésie absolue. Quand j’ai vu La symphonie du hanneton de James Thiérée.

Quelles sont vos plus belles rencontres ?
J’ai la chance d’avoir rencontré des gens formidables dès le début, de spectacles en spectacles, et j’espère que cela continuera. J’aime travailler avec des gens sympas… Bizarre non ?

En quoi votre métier est essentiel à votre équilibre ?
Il contribue à équilibrer mon déséquilibre naturel.

Qu’est-ce qui vous inspire ?
Les clowns, la poésie urbaine, les rencontres, les voyages, les nanars des années 80 et les gens désagréables.

De quel ordre est votre rapport à la scène ?
Sachant que c’est un endroit où tout est possible, le meilleur comme le pire, je dirai que c’est l’endroit parfait pour essayer d’être disponible. L’endroit où, sur le moment, l’on convoque nos fantômes, nos fantasmes et nos peurs et l’on danse avec eux, le temps d’une représentation.

À quel endroit de votre chair, de votre corps, situez-vous votre désir de faire votre métier ?
Il se situe sûrement dans une case hyper intime et secrète où se loge ma solitude et mon besoin de poésie.

Anna Mihalcea © DR

Avec quels autres artistes aimeriez-vous travailler ?
En ce moment, Lorraine de Sagazan, Les Chiens de Navarre, Pierre Guillois, Catherine Germain.

À quel projet fou aimeriez-vous participer ?
Pourquoi pas m’attaquer à des textes classiques, des rôles challenges, unisexe dans lesquels les metteurs et metteuses en scène, comme moi-même, n’osent pas me projeter. Et aussi un spectacle avec des circassiens.

Si votre vie était une œuvre, quelle serait-elle ?
Une très belle boite à Meuuuuuh !

Propos recueillis par Marie-Céline Nivière

Les filles aux mains jaunes de Michel Bellier
Théâtre Rive Gauche
6, rue de la Gaîté

75014 Paris.
Jusqu’au 31 décembre 2022.
Du mercredi au samedi à 19h, dimanche 17h30, relâche les 24 et 25 déc.
Durée 1h30.

Mise en scène de Johanna Boyé
assistée de Lucia Passaniti.
Avec Brigitte Faure, Anna Mihalcea, Pamela Ravassard, Elisabeth Ventura.
Costumes de Marion Rebmann.
Univers sonore de Mehdi Bourayou.
Lumières de Cyril Manetta.
Scénographie d’Olivier Prost.
Chorégraphie de Johan Nus.

Crédits photos © DR © Fabienne Rappeneau pour Les filles aux mains jaunes

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