Brigitte Faure © DR

Brigitte Faure, l’exubérante flamboyante

Toute en gouaille dans Le Bal d’Iréne Nemirovsky, mis en scène par Virginie Lemoine, Réac au grand coeur dans dans les Filles aux mains jaunes de Michel Bellier, mis en scène par Johanna Boyé, Brigitte Faure fait partie de ses comédiennes tout feu, tout flamme, qui attrapent l’œil, saisissent l’attention. Rongeant son frein depuis plusieurs mois, elle s’apprête à remonter dès le 9 juin sur les planches du théâtre Rive Gauche pour défendre la dernière pièce de Jean-Philippe Daguerre, Le Petit coiffeur.

Brigitte Faure dans le Petit Coiffeur de Jean-Philippe Daguerre  © Fabienne Rappeneau

Quel est votre premier souvenir d’art vivant ?
Mon premier souvenir d’art vivant remonte à mes 11 ans, j’étais petit rat du théâtre de Dijon et je participe pour la première fois à un spectacle Carmen, j’y suis un petit soldat de la Garde Montante.
Mon premier contact avec la scène. C’est une révélation!

Quel a été le déclencheur qui vous a donné envie d’embrasser une carrière dans le secteur de l’art vivant ?
Avec ma classe de seconde emmenée par un prof de Français fou de théâtre, on organise des week-ends de théâtre à Paris.
1789, Mnouchkine explose toutes les règles du public, on se retrouve devant des petites scènes où on est invités par les comédiens à jouer au ball-trap avec les figures historiques de la Révolution Française dans une atmosphère de kermesse ! Ma conception du théâtre explose en même temps.
Jouissif !

Qu’est-ce qui a fait que vous avez choisi d’être comédienne ?
L’entrée au Conservatoire d’Art Dramatique de Dijon (on ne rit pas !) comme un jeu et un pari et la rencontre avec André Hérault (mon héros, mon père de théâtre moi qui suis orpheline de père) qui fait devenir réel la possibilité que le jeu se transforme en métier.
Déterminant!

Le premier spectacle auquel vous avez participé et quel souvenir en retenez-vous ?
En dehors de Carmen et des participations au lycée,  le premier souvenir, c’est Quoi de neuf ? Molière par une troupe composée d’élèves comédiens du Conservatoire et d’anciens élèves. 
Je suis pour la première fois confrontée à un vrai public et un vrai rôle.  Parallèlement et la même année, je suis en fac d’Anglais et on monte The man of mode d’Etherege. 
Je joue le rôle principal et la veille de la première, par bravade et surtout bêtise crasse, je saute du premier étage ; mauvaise réception, impossible de marcher. 
La jeune femme qui convoitait mon rôle depuis longtemps apprend le texte (très long) pendant toute la nuit… Le lendemain miracle du théâtre et angoisse d’être remplacée, je marche, je cours, je vole !

Votre plus grand coup de cœur scénique ?
Dominique Blanc, amie de la Classe Libre première mouture, joue dans Peer Gynt monté par Patrice Chéreau avec Didier Sandre au Théâtre de la Ville, je surfe sur les vagues de la tempête…
Éblouissement !

Brigitte Faure dans les Filles aux mains jaunes, Mise en scène de Johanna Boyé © Fabienne Rappeneau

Quelles sont vos plus belles rencontres ?
Virginie Lemoine à l’imagination débridée et dotée d’une sensibilité créatrice qui écrit pour moi La Diva de Sarcelles vraie communion d’esprit.
Johanna Boyé rencontrée sur Le Bourgeois Gentilhomme qui trimballe sa folie douce et son génie inspiré loin des sentiers battus.
Jean-Philippe Daguerre à l’énergie généreuse et au talent jubilatoire qui m’offre un des plus beaux rôles de femme.
Mathilda May aux ressources inépuisables de tragique, de burlesque et de joie partagée.
Antonio Diaz Florian un maître baroque et passionné.
Et tous les metteurs en scène que j’ai connus sauf 2…

En quoi votre métier est essentiel à votre équilibre ?
C’est ma nourriture terrestre qui, combinée, avec mon appétit extraordinaire pour les voyages, les langues étrangères(russe , mandarin , anglais, italien et maintenant japonais) et l’histoire me permet de vivre passionnément !

Qu’est-ce qui vous inspire ?
Bach, Janis Joplin donc « l’outre-passement » et le combat.

De quel ordre est votre rapport à la scène ?
Un poisson dans l’eau ne peut pas se noyer…

Brigitte Faure dans le Bal d'Irène Némirovsky © Cyril Niay

À quel endroit de votre chair, de votre corps, situez-vous votre désir de faire votre métier ?
Le souffle, la voix humaine

Avec quels artistes aimeriez-vous travailler ?
Pommerat, Peter Brook , Ostermeier … Briançon.

À quel projet fou aimeriez-vous participer ?
Le Théâtre de l’Unité m’avait proposé de chanter l’opéra en haut d’une grue (n’y vois aucune allusion grivoise) et j’ai raté le Mahabarata, mais le plus fou au choix :
– des endroits hautement improbables à la Engel 
– jouer Molière en mandarin ou Copi en russe
– jouer une jeune première ingénue et le Capitaine Crochet!!
– devenir la muse de Scorsese.

Si votre vie était une œuvre, quelle serait-elle ?
Les Grandes Espérances suivi des Illusions Perdues !

Olivier Fregaville-Gratian d’Amore

Le petit Coiffeur de Jean-Philippe Daguerre
Théâtre Rive Gauche

Le Bal d’Irène Némirovsky
Théâtre Rive-Gauche

Les filles aux mains jaunes de Michel Bellier
Festival d’Avignon le Off
Théâtre Actuel 

Crédit photos © DR, © Fabienne Rappeneau, © Cyril Niay

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