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Alexis Michalik, l’artiste orchestre

Alexis Michalik © DR

Au tout nouveau théâtre avignonnais de la Scala-Provence, le comédien, auteur et metteur en scène présente au public de la Cité des Papes, l’un de ses derniers gros cartons parisiens, Une Histoire d’amour. Rencontre avec un artiste tout feu tout flamme.

Quel est votre premier souvenir d’art vivant ?
Le musée du Louvre, avec mon père, artiste peintre. Ah, non, vivant. Un spectacle de clown en maternelle.

Quel a été le déclencheur qui vous a donné envie d’embrasser une carrière dans le secteur de l’art vivant ?
Une pièce de théâtre en terminale, montée place des Abbesses à Paris : Baroufe a Chioggia de Goldoni. J’ai su à ce moment que je voulais dédier ma vie au théâtre.

Une Histoire d'amour de Alexis Michalik © François Fonty

Qu’est-ce qui a fait que vous avez choisi d’être comédien, metteur en scène et auteur ?
J’ai donc commencé comme comédien, trouvé un agent, participé à mon premier tournage.
Mais j’écrivais déjà depuis l’adolescence, mon journal intime, et des nouvelles, des romans, des scénarios… Je ne croyais pas trop en l’écriture théâtrale. Je me disais : pourquoi écrire quand Shakespeare existe ?

Le premier spectacle auquel vous avez participé et quel souvenir en retenez-vous ?
Juliette et Roméo, mise en scène Irina Brook, à Lausanne, Chaillot et tournée, j’avais 18 ans.
Soudain, je découvre la mise en scène. Je comprends qu’on peut faire dire à une scène autre chose que les mots écrits, qu’on peut réécrire les classiques, former un groupe, rajouter des chansons, des gags – on peut tout faire en fait. Deux ans plus tard, je monte mon premier spectacle, Une folle journée, d’après Le Mariage de Figaro, de Beaumarchais. Comme ça, pour voir…

Votre plus grand coup de cœur scénique ?
Avec ce premier spectacle, on part à Avignon en 2005. J’y suis déjà allé quelques jours en tant que spectateur. Je découvre ce monde fourmillant de vie, de spectacles, d’inventivité. Une jungle républicaine. On tracte, je perds 8 kg, mais la salle n’est pas vide, on repart sans avoir perdu trop d’argent et je sais déjà que j’y reviendrai l’année suivante, avec un nouveau spectacle. Je ferai 15 festivals d’Avignon. C’est ma rencontre la plus impactante, celle avec le festival. Cette année, je suis revenu avec une Histoire d’amour.

Quelles sont vos plus belles rencontres ?

Mes actrices et acteurs. Régis Vallée, qui a joué dans 7 de mes spectacles. Anna Mihalcea, dans 3, Stephanie Caillol, aussi. Benjamin Bellecour et Camille Torre, mes associés et producteurs. Les quatre garçons des Béliers, Salomé Lelouch du Ciné 13 (aujourd’hui théâtre Lepic). Colette Nucci du théâtre 13, Stephanie Fagadau du Studio des Champs-Elysees, et tant d’autres…

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En quoi votre métier est essentiel à votre équilibre ?
Le théâtre est un muscle, un organe, une pulsion de vie. Mais c’est aussi, même si le terme est souvent moqué, une grande et belle famille, dont on respecte les matriarches et patriarches (Ariane, Peter, Bob…) et dont on découvre avec bienveillance les nouveaux arrivants.

Qu’est-ce qui vous inspire ?
La vie, bien sûr, une anecdote lue au détour d’une page Wikipedia, ou ce qu’on me raconte m’inspire des idées. Quant aux modèles, les maîtres cités ci-dessus, ainsi que bien d’autres : Wajdi Mouawad, Sivadier, Mc Burney…

De quel ordre est votre rapport à la scène ?
Familier et familial. Je suis heureux sur un plateau, et j’aime que tout le monde y soit heureux.

À quel endroit de votre chair, de votre corps, situez-vous votre désir de faire votre métier ?
J’aimerais dire dans le ventre, mais je suis bien trop cérébral…

Avec quels autres artistes aimeriez-vous travailler ?
Avec les maîtres précités, et j’aimerais continuer à faire découvrir de nouveaux talents tout au long de ma vie.

À quel projet fou aimeriez-vous participer ?
J’ai déjà réalisé nombre de mes fantasmes… Monter un spectacle avec la troupe du Théâtre du Soleil, peut-être ? Avoir un jour une pièce dans la cour d’honneur du palais des papes ?

Si votre vie était une œuvre, quelle serait-elle ?
Une comédie de Feydeau, je pense.

Propos recueillis par Olivier Frégaville-Gratian d’Amore

Histoire d’amour d’Alexis Michalik
Festival Avignon Off – La Scala Provence
3, rue Pourquery de Boisserin

84000 Avignon
Du 7 au 30 juillet 2022 à 18h35, relâche les 11, 18 et 25 juillet
Durée 1h25

Crédit photos © DR et © François Fontan

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