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À la recherche du père perdu 

Tout commence toujours par une histoire d’amour de Pauline Ribat © Christophe Raynaud de Lage

Au théâtre de Belleville, avant d’aller au Préau – CDN de Vire Normandie pour le festival À Vif, Pauline Ribat remonte le fil de ses souvenirs et ceux de sa famille afin de retrouver l’image de l’homme qui lui a donné la vie et l’a abandonnée, trop tôt, avant de lui permettre de construire son identité d’adulte, de femme. Installée sur scène avant l’entrée du public, l’autrice, comédienne et metteuse en scène brise le quatrième mur et invite à plonger dans l’intimité de son passé, à suivre le fil de ses pensées, de ses émotions et de ses ressentis. 

S’amusant à l’autofiction, au dédoublement de personnalités, tout en refusant un récit linéaire, Pauline Ribat brouille les pistes dans ce jeu introspectif de chat – le père – et souris – elle et ses deux jumelles. Facétieuse, espiègle, elle chante, danse, règle ses comptes familiaux sans pour autant se donner le beau rôle. Capricieuse parfois, égocentrée de temps à autre comme toute adolescente à qui ses deux petites sœurs ont volé l’amour, l’attention de ses parents, profondément humaine et féminine telle qu’elle est devenue, l’actrice se livre sans fard se libérant ainsi de ses fantômes, du poids d’un Œdipe un peu trop prégnant. 

Encore fragile et perfectible, Tout commence toujours par une histoire d’amour est une touchante lettre d’amour qui s’adresse autant à ce père absent, à cette mère toujours présente, à l’enfant en devenir qui grandit dans son ventre. On peut bien sûr regretter quelques lourdeurs – notamment le rappel permanent aux didascalies – , quelques facilités d’écriture, mais tout comme dans l’épatant Ode au clitoris, son premier spectacle, Pauline Ribat à le sens du rythme, des mots, du plateau. Irradiante, follement lumineuse, elle entraîne son auditoire dans un karaoké endiablé sur Dancing Queen d’Abba. Voix chaude, regard de braise, sourire enfantin, la comédienne joue sur tous les registres et émeut d’un geste, d’une intonation, un public touché par cette histoire intime finalement si banale.

Olivier Frégaville-Gratian d’Amore

Tout commence toujours par une histoire d’amour de Pauline Ribat
Théâtre de Belleville
16 passage Piver 
75011 Paris
Du mercredi au samedi à 19h & le dimanche à 15h
Durée 1h05

Tournée
les 11 & 12 mai 2022 au Préau, CDN de Vire Normandie
En Juillet 2022 au 11 • Avignon, Festival OFF d’Avignon
Du 11 au 15 octobre 2022 Théâtre de la Renaissance à Oullins

Mise en scène, écriture & jeu – Pauline Ribat 
Dramaturgie de Lise Werckmeister
Collaboration à la mise en scène Lise Werckmeister et Baptiste Girard
Scénographie d’Anne Lezervant
Création lumière de François Menou
Création musicale de Guillaume Léglise
Création vidéo de Vladimir Vatsev
Création costume d’Aude Desigaux

Crédit photos © christophe Raynaud de Lage

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