Pauline Ribat © Pauline Ribat

Les instantanés de Pauline Ribat

À l’affiche des deux dernières créations de Nicolas Kerzsenbaum, Et puis s’éteint et Kaïros, dès que les théâtres pourront recevoir à nouveau du public, la lumineuse Pauline Ribat espère en parallèle reprendre la tournée de sa pièce Dans les Cordes. Autrice, comédienne et metteuse en scène, elle écrit actuellement son prochain spectacle, Tout commence toujours par une histoire d amour (soliloque autour d une disparition). Artiste engagée, féministe, entre deux résidences, elle s’est laissé séduire par nos instantanés.

Le lac de la Thuile en Savoie © Pauline Ribat

Quel est votre auteur de théâtre préféré ?
 Ibsen, j’aime sa poésie, ses non-dits. Lire ses pièces, c’est un peu comme arpenter un musée et découvrir ses multiples salles où trônent des œuvres qui se révèlent au fur et à mesure que votre regard s’attarde sur elles.
J’aime le lyrisme de Paul Claudel, la puissance de ses mots m’enivre et me bouleverse.

Quel auteur aimeriez-vous jouer ? 
Ibsen indéniablement. Et Magali Mougel, notamment Suzy Storck.

Quel auteur aimeriez-vous monter ? 
Sarah Stribsberg et Sarah Kane. Toutes les deux pour l’éclat brut et sans artifice de leur écriture. Leurs mots sont semblables à des flèches qui vous percutent par surprise et de plein fouet, sans détour.

Quel roman rêveriez-vous d’adapter au théâtre ?
 Il y en a un, mais c’est au cinéma que je rêverais de l’adapter : La maison d’Emma Becker, paru aux éditions Flammarion en août 2019.

Le kit d'écriture © Pauline Ribat

Avec quel comédien voudriez-vous travailler ? 
Marlène Saldana que j’ai découverte dans Les idoles de Christophe Honoré et retravailler encore et encore avec les acteurs et actrices avec qui je travaille déjà !

Si vous deviez mettre en scène un Boulevard, quel serait-il ? 
Aucune idée!!!

Si vous deviez mettre en scène une tragédie, quelle serait-elle ? 
Bérénice et Phèdre de Racine. Tout Sénèque dans la merveilleuse et ciselée traduction de Florence Dupont.

Quels artistes ont été pour vous une révélation ? 
Hopper pour le silence de ses toiles, Boltanski pour sa poésie morbide et pourtant si lumineuse, Angelica Liddell pour ses performances aussi percutantes qu’éthérée et libres, Ibsen monté par Ostermeir, qui révèle avec tant de précision la dualité des sentiments humains,  la maîtrise et la puissance littéraire des romans de Maylis de Kerangal, Jack London qui n’était rien et pour qui l’écriture est devenu tout.

Dans les musiques que vous écoutez laquelle vous inspire ou vous fait penser à une pièce de théâtre ? 
Mélodie Nelson de Gainsbourg. Cet album est incroyable. C’est un monde à lui seul, il nous plonge dans une ambiance, dans une histoire, dans une aventure à part. Le film de Jean-Christophe Averty autour de Mélody Nelson est juste sublime, c’est tout bonnement une œuvre d’art.

pas dans le cul aujourd'hui de Jana Cerna © Pauline Ribat

Quel film aimeriez-vous adapter au théâtre ? 
Comment je me suis disputé ma vie sexuelle, de Desplechin.

Y-a-t-il un romancier que vous verriez bien écrire une pièce ? 
Sarah Chiche! Et si vous n’avez pas encore lu Saturne, quelle chance, foncez, c’est une merveille!

Y-a-t-il un personnage de fiction que vous rêveriez de mettre en scène ? 
Panne sèche!

Y-a-t-il un personnage historique que vous rêveriez de mettre en scène ?
 Sissi, Lady Di et Marilyn Monroe, 3 femmes, 3 célébrités, 3 icônes. Il y aurait tant à dire sur les enjeux de pouvoir dont elles ont été l’objet…

Quelle salle a votre préférence ? 
Ma réponse est celle d’une petite fille émerveillée, mais j’assume ! Le Théâtre de l’Odéon, la première fois que j’ai poussé la porte de cette salle imposante du 6e arrondissement, que mon regard s’est posé sur le plafond peint par André Masson, j’ai été comme subjuguée. Je débarquais de Chambéry, d’où je suis originaire, et j’ai pris de plein fouet la beauté et la grandeur de ce théâtre. Je rêve un jour d’y jouer et que l’une de mes pièces y soient programmées.

Pauline rabat entourée de ses deux acolytes Chocquart et Lionel Linselger, dans Depuis l'aube © Victor Tonneli

Quels seraient vos partenaires idéaux ? 
Jouer avec Anne Alvaro et Nada Strancar, jouer avec les ami.es du collectif OS’O, jouer sous la direction de Wajdi Mouawad, celle de Charlotte Lagrange, d’Angelica Liddell, ou encore de Mohamed El Katib et David Geselson, collaborer avec Phia Ménard, dire les mots de Pauline Peyrade.
Que Kaïros – la prochaine création de Nicolas Kerszenbaum – une fresque dystopique et foisonnante, voit enfin le jour, mais le GRAND jour. Et travailler avec Arnaud Desplechin.

Y-a-t-il des pièces que vous avez toujours refusé de monter ? 
Non, je ne crois pas ; mais les pièces où les rôles féminins se résumeraient à la blonde aux gros seins ou la vieille acariâtre (je vulgarise exprès), je ne pourrais pas.

La pièce que vous auriez aimé voir, avec qui aux commandes et qui sur scène ? 
Straight, de Guillaume Poix. Un texte pour sept actrices. Le regard avisé de David Gauchard pourrait être très pertinent sur ce texte, celui de Julie Deliquet aussi. Et Guillaume Léglise saurait quoi raconter avec sa musique.

Olivier Fregaville-Gratian d’Amore

Depuis l’aube (ode aux clitoris) de Pauline Ribat
Festival d’Avignon le Off
Le 11 – Gilgamesh Belleville

Crédit photos © Pauline Ribat

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