Un ennemi du peuple d'Ibsen. Mise en scène de Jean-François Sivadier. Agnès Sourdillon © Jean Louis Fernandez

Agnès Sourdillon, la discrète ingénue

Actuellement au Printemps des Comédiens, Domaine d’O, Agnès Sourdillon défend l’excellent Ennemi du Peuple d’Ibsen, mis en scène par Sivadier. En parallèle, l’actrice pudique, presque effacée, mais tellement présente au plateau, enchaîne les projets. Reine des Amazones pour Sylvain Maurice, mère absente dans les très poétiques Étoiles de Simon Falguières, elle impose un style, une voix, un jeu puissant.

Un ennemi du peuple d'Ibsen. Mise en scène de Jean-François Sivadier. Agnès Sourdillon © Jean Louis Fernandez

Quel est votre premier souvenir d’art vivant ?
Mon grand-père maternel (c’était pendant l’enfance et sans rapport avec les métiers de la scène). À l’adolescence : les poèmes du recueil L’IGNORANT de Philippe Jaccottet, si proches de l’expérience et des sensations qu’ils me semblaient vibrer dans l’air comme un art vivant.

Quel a été le déclencheur qui vous a donné envie d’embrasser une carrière dans le secteur de l’art vivant ?
Embrasser.

Qu’est-ce qui a fait que vous avez choisi d’être comédienne ?
La magie d’un élan à peine conscient.

Le premier spectacle auquel vous avez participé et quel souvenir en retenez-vous ?
Un justaucorps qui me rentrait dans les fesses (spectacle de « Gymnastique artistique » au collège).

Votre plus grand coup de cœur scénique ?
Une salle qui tombe au noir, un rideau qui se lève.

Un ennemi du peuple d'Ibsen. Mise en scène de Jean-François Sivadier. Agnès Sourdillon © Jean Louis Fernandez

Quelles sont vos plus belles rencontres ?
Presque toutes, essentielles les rencontres ! Déterminantes, par exemple, Valère Novarina depuis 1994, mais aussi Olga, ex-danseuse cubaine, qui fut ma vielle voisine du cinquième étage à Paris, mais aussi les clowns de Fellini, mais encore des personnages fictifs… Et pour l’heure, bien sûr, en ce mois de juin 2021 qui réveille les représentations échouées dans la pandémie, les retrouvailles avec la compagnie de Jean-François Sivadier et la jeune belle troupe de Simon Falguières.

En quoi votre métier est essentiel à votre équilibre ?
En ce qu’il fait du doute un tuteur.

Qu’est-ce qui vous inspire ?
La tendresse, ce lien étrange entre les choses et les êtres, que tout ne soit pas encore dit, la beauté.

De quel ordre est votre rapport à la scène ?
Sans rapport et sans ordre, si ce n’est celui d’entrer sans trébucher.

À quel endroit de votre chair, de votre corps, situez-vous votre désir de faire votre métier ?
Entre autres, dans la plante des pieds, c’est-à-dire le même endroit que mon envie irrésistible de marcher. (mais ne me parlez pas de tripes !)

Avec quels autres artistes aimeriez-vous travailler ?
Avec ceux que je n’attends même pas et … avec moi-moi-moi que j’attends encore !

Les Étoiles de Simon Falguières. théâtre du Nord. Agnès Sourdilon © Simon Gosselin

À quel projet fou aimeriez-vous participer ?
Aux funérailles une fois pour toutes de l’extrême-droite !

Si votre vie était une œuvre, quelle serait-elle ?
Un mobile d’Alexander Calder, un air de clarinette Klezmer, une danse de Charlot en patin à roulettes, une pyramide humaine, un guide d’ornithologie, un sentier, mais vivre, c’est déjà une œuvre, un chef d’œuvre même pour beaucoup qui l’ignorent, bravo à eux !

Olivier Frégaville-Gratian d’Amore

Un ennemi du peuple d’Henrik Ibsen traduit par Eloi Recoing paru chez Acte Sud-Papiers, en librairie dès le 6 mars 2019
Mise en scène de Jean-François Sivadier
Odéon – théâtre de l’Europe

Actuellement au Printemps des Comédiens
Amphithéâtre d’O
Du 18 au 19 juin 2021
Durée 2h00 environ

Les Etoiles de Simon Falguières- texte publié aux Editions Actes Sud 
Création à La Colline – Théâtre National le 15 décembre 2020
Représentations exceptionnelles à huis clos au Théâtre du Nord
Durée 2h00

Crédit photos © Jean Louis Fernandez et © Simon Gosselin

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