Couv_Histoires de gorilles_©serge bloch_@loeildoliv

Histoires de gorille, une fantaisie loufoque et poétique

D’une histoire toute simple, un écrivain en mal d’inspiration, Bertrand Brossard crée un conte moderne et humain qui ravira enfants et adultes. Mêlant pantomime, jeu de comédiens, ombres chinoises et film d’animation, Histoires de gorille séduit par son ingéniosité, son humour et son texte ciselé… un joli moment à partager en famille !…

Sur scène, côté cour, un personnage (épatante et volubile Alexandrine Serre), chapeau melon et costume à carreaux, est assis devant un bureau couvert de multiples objets, de feuilles de papier et de livres. En pleine réflexion, stylo à la main, l’individu, au chic « so british », marmonne quelques mots inaudibles le temps que le public s’installe. Les lumières lentement finissent par plonger la salle dans la pénombre éclairant uniquement l’étrange homme, écrivain en devenir. En manque d’inspiration, il décide de s’oxygéner poumons et esprit en allant faire un tour au zoo de la ville.

Lors de cette escapade au cœur du monde animal, il va faire une rencontre étonnante, qui va changer le cours de son existence. Au détour d’une cage, un étrange gorille (désopilant et grimacier Maxime Mikolajczak) s’adresse à lui pour lui demander de l’aide et pour lui trouver des vêtements. La situation pourrait paraître cocasse, voire totalement surnaturelle, à n’importe qui, mais pas à notre auteur en herbe. Se prétendant écrivain lui aussi, le grand singe va amadouer ce nouvel ami afin qu’il le vêtisse et l’emmène hors des murs du sinistre endroit. Séduit par cet animal lettré, l’homme l’invite chez lui persuadé que l’animalité, la bestialité et la simplicité de ce dernier est capable de produire un fantastique livre. Entre les deux êtres, une complicité évidente s’installe.

Petit à petit, l’entente cordiale va se fissurer le gorille retrouvant ses instincts primitifs. Si l’un est sûr de son fait, l’autre semble plus perplexe. L’un a tout, l’autre rien. Les premiers signes de convoitise et d’envie vont voir le jour. Absorbé dans son monde, l’homme ne voit rien laissant l’animal face à ses incertitudes.

Grâce à une imagination délirante, Bertrand Bossard emmène petits et grands dans un univers fantastique teinté de réalisme. Jouant de l’art vidéo, des ombres chinoises, et du jeu de deux comédiens fantasques et facétieux, il esquisse un conte plein de folie et de malice.
Devant un écran où défilent les fascinants, naïfs et simples dessins de Serge Bloch – d’un trait, d’une image se dégagent une impression, un sentiment – , Maxime Mikolajczak et Alexandrine Serre s’amusent et dialoguent, leur corps s’intégrant parfaitement aux animations.

De cette histoire simple et extravagante se dessine une aventure humaine et passionnante sur l’importance de l’instinct et de la confiance en soi. Mêlant savamment le regard de l’homme et de l’animal, la dernière création de Bertrand Brossard est une réussite oscillant entre un patchwork d’images et une surimpression d’émotions où chacun retrouve son âme d’enfant et d’artiste…

Olivier Frégaville-Gratian d’Amore


bossard-affiche_@loeildoliv

Histoire de gorille de Bertrand Bossard
CENTQUATRE en partenariat avec le Théâtre de la Ville
104 Rue d’Aubervilliers
75019 Paris
jusqu’au 20 octobre
durée 55 minutes

Conception de Bertrand Bossard, Serge Bloch et Pascal Valty
Librement inspiré de Sur un air connu de John Collier
Adaptation de Bertrand Bossard
Dessins de Serge Bloch
Animation de Pascal Valty
Avec Alexandrine Serre et Maxime Mikolajczak ou Olivier Veillon en alternance

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