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On s’envole avec Danlor, l’insolent Roland Garros d’Eric Bouvron

Danlor, l'insolent Roland Garros © Brigitte Lager

Après Les Cavaliers et leurs steppes, Lawrence d’Arabie et ses déserts, Eric Bouvron nous entraîne dans une aventure aérienne avec Danlor, l’insolent Roland Garros, qu’il a co-écrit avec Vincent Roca. Une réussite !

On aime le style d’Eric Bouvron. Sollicitant notre imaginaire, son utilisation de l’espace vide, si cher à Peter Brook, qu’il occupe avec des petits riens qui se transforment en de grands tout. Ici, c’est un banc, un immense ruban, une écharpe blanche et des roues de vélos. Ces faux bouts de ficelles se transforment en une scénographie formidable. Il a délimité le plateau par des bandes blanches, comme celle des terrains de sports et de tennis. Elles marquent le terrain de jeu dans lesquelles les comédiens vont se mouvoir et donner une vie intense à l’histoire. Il est souvent question de vitesse, de prouesse dans le récit, la mise en scène pétarade comme un moteur à hélice.

Le faucheur de Marguerite

Roland Garros, ce nom évoque avant tout le fameux tournoi de Tennis ! C’est par ce clin d’œil que le spectacle démarre. Il se termine à nouveau sur ce thème, dévoilant ainsi pourquoi le stade porte son nom. Entre ces deux instants, Roca et Bouvron ont écrit avec brio la biographie étonnante d’un Icare impertinent et téméraire qui se brûlera les ailes. C’est fou de voir comme cet homme, bouillonnant d’idées, pas toujours sympathique, limite prétentieux, a réussi à aller toujours plus haut, jusqu’à toucher les étoiles.

Danlor, l'insolent Roland Garros © Brigitte Lager

En ce début du XIXe siècle, l’industrialisation et le progrès bousculent la société. Avec l’apparition de la voiture et des premiers avions, tout un champ des possibles s’ouvre. Danlor, écriture spéculaire de Roland, s’est engouffré à grande vitesse dans son époque. Mais la Première Guerre mondiale l’arrête en plein vol, inscrivant ainsi dans une histoire rocambolesque, sa légende. C’est passionnant.

Jeux, set et match

Roland Garros est né à l’Île de la Réunion. Son interprète, Florient Jousse, y habite depuis ses 10 ans. On l’a découvert, chez lui au Komidi Festival, avec son spectacle Frénésies, inspiré par Sur la route de Kerouac. Son interprétation est remarquable. Il est un tourbillon d’air qui virevolte. Il est aussi un passeur de sentiments qui fait que l’on s’attache à ce garçon arriviste et charmeur. Sylvain Berger, Thomas Lapen et Laura Woody incarnent brillamment à eux trois les autres protagonistes de l’histoire, dont les deux plus fidèles amis et la belle Isadora Duncan. Gros succès assuré pour cette belle équipe.

Marie-Céline Nivière

Danlor, l’insolent Roland Garros d’Eric Bouvron et Vincent Roca.
Festival Avignon OffEspace Roseau Teinturiers.
45, rue des Teinturiers 84000 Avignon.
Du 7 au 30 juillet 2022 à 11h40, relâche les 12, 19, 26 juillet.
Durée 1h25.

Mise en scène d’Eric Bouvron.
Avec Florient Jousse, Sylvain Begert, Thomas Lapen et Laura Woody.
Musique originale de Nina Forte.
Costumes de Nadège Bulfay.
Lumières d’Edwin Garnie.
Assistance à la mise en scène d’Elena Michielin.

Crédit photos © Brigitte Lager

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