José Valverde © DR

José Valverde laisse l’Essaïon, dont il fut le directeur, orphelin

José Valverde, auteur, metteur en scène, directeur de théâtre a quitté en toute discrétion la scène de la vie le 17 décembre 2021 à l’âge de 89 ans. Après des années de combat, le crabe, comme il l’appelait, aura eu raison de lui. Une page du théâtre se tourne !

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C’est par les réseaux sociaux que la triste nouvelle est tombée. La comédienne Alida Latessa annonçait : Hier, à l’aube, il nous a quittées, sans un bruit. Aujourd’hui il nous fait signe dans cette scintillante lumière du matin. Nous le savions malade. Cela faisait des années qu’il luttait contre le cancer, et comme il le disait, tant qu’il me foutra la paix, il gardait cette force de vivre et son éclatant sourire. Il était membre du Syndicat National des Metteurs en Scène (SNMS) pour lequel j’ai travaillé quelques années. Avant chaque Assemblée Générale, il m’appelait pour me dire qu’il viendrait, sauf si son crabe lui jouait un vilain tour. Et il venait, son éternel chapeau vissé sur sa tête, sa moustache bien lissée. Seules la canne sur laquelle il s’appuyait et la lenteur de ses pas montraient combien il devait souffrir. A chaque Assemblée, il demandait la parole et avec beaucoup d’émotion évoquait ce qu’était le théâtre, ce qu’était le rôle du metteur en scène, parlait du passé pour nous projeter dans le futur. Il n’était jamais aigri. La dernière fois que nous l’avons vu, ce fut à la SACD, lors d’une soirée dont le thème était la jeune génération. Il était venu tant bien que mal parce qu’il désirait la rencontrer. Ce fut un moment très émouvant.

Un auteur et metteur en scène engagé

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Fils d’immigré espagnol, né à Paris en 1932, José Valverde a toujours associé politique et théâtre. La démarche politique et la démarche artistique ont toujours été absolument parallèles, disait-il. Il a travaillé avec Jean-Marie SerreauJean Dasté à Saint Etienne comme régisseur. Il faut savoir qu’il était homme de théâtre et qu’il en connaissait tous les rouages. C’est pour cette raison qu’en 1961, il avait créé une compagnie itinérante qui proposait de sillonner la banlieue parisienne avec un répertoire politique. En 1966, Jacques Roussillon l’avait fait venir avec lui au TGP pour organiser l’équipe technique et penser la rénovation du théâtre. Il lui succédera à la direction et y restera jusqu’en 1975. Et en 1978, il succéda à Regis Santon, en reprenant le théâtre de l’Essaïon. En parallèle, il ne cessera d’écrire et d’adapter, et de mettre en scène des pièces de théâtre.

Un directeur de théâtre avisé

José Valverde © DR

José Valverde, je le connaissais depuis 1991, l’année de mon entrée au journal Pariscope. Il dirigeait alors avec sa compagne Alida Latessa, le théâtre de l’Essaïon. A l’époque, ce lieu était une niche destinée à la création contemporaine. Il y régnait l’âme de ce théâtre d’art de l’après-guerre et des années 1970. J’en ai vu des spectacles chez lui ! C’était foisonnant ! Il se battait pour faire vivre ce lieu qu’il aimait comme un enfant. Je me rappellerai toujours de sa peine lorsqu’il dut jeter l’éponge au début des années 2000. Il avait alors monté une de ses propres pièces, Le procès du général Aussaresses, un spectacle fort ! Il était un géant discret, un homme élégant et courtois. Il appartenait à une race aujourd’hui en voie d’extinction. Au revoir Monsieur et merci pour tout ce que vous avez fait.

Marie-Céline Nivière

Crédit photos © DR

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