Jean-Jacques Monier. Réditec. TNS. © Jean-Louis Fernandez

Réditec, l’asso des directions techniques en action

Dans quelques jours auront lieu, à la cité de la Musique à Paris, les septièmes rencontres Réditec – Acte II. L’occasion de faire le point avec Jean-Jacques Monier, président de l’association, sur l’importance de ce réseau français des directions techniques au cœur du spectacle vivant. 

Pouvez-vous en quelques mots nous expliquer ce qu’est Réditec ?

Régie son TNS. reditec.  © Jean Louis Fernandez

Jean-Jacques Monier : C’est l’acronyme de réunion des directions techniques et non des directeurs techniques. En effet, j’insiste sur ce point, car nous englobons aussi les régisseurs généraux et les adjoints à ces différents postes. En 2006, nous nous sommes regroupés en association nationale, fusionnant ainsi les entités régionales qui avaient vu le jour au début des années 1990. La date est importante car elle correspond à un changement dans la norme incendie. Nous nous devions d’y être associés. En tout cas, on nous a fortement incité à être plus présents et plus visibles. En 2006, nous étions 66 adhérents. Maintenant nous sommes plus de 300 responsables techniques de tous secteurs d’activités – Théâtre, musique et danse, Secteur privé et public confondus -et de tous statuts – salariés ou intermittents -provenant de toute la France, y compris l’outre-mer. C’est notre grande force. 

Comment sont nées les rencontres professionnelles ? 

Jean-Jacques Monier : Dès le départ, nous souhaitions créer des liens, des ponts entre nous. À nos postes de direction, nous nous sentions un peu isolés. Afin de palier cela, nous avons mis en place des rencontres professionnelles, à un rythme biennal. Nous en avons donc, depuis la création de l’association déjà sept à notre actif. Dans ce cadre, nous abordons des sujets très divers. En 2008, pour la première édition, le sujet était « La direction technique en Europe, État des lieux et Perspectives. » 

Chaque fois, vous abordez une thématique différente ?

Atelier décor. TNS. Réditec. © Jean-Louis Fernandez

Jean-Jacques Monier : oui. Nous nous intéressons à toutes les facettes de nos métiers, à leurs implications dans le microcosme qu’est le milieu du spectacle vivant. En 2019, la rencontre qui a eu lieu à Strasbourg, au TNS, dont je suis le directeur technique, avait pour sujet, « Nos métiers demain, et après-demain ? » À cette occasion, nous avons mis en place trois tables rondes auxquelles nous avons convié des sociologues, des psychologues, des administrateurs, etc. Toutefois, nous n’avions pas prévu, que trois mois après la pandémie mettrait tout le secteur à l’arrêt et que deviendrions des référents covid. 

Qu’en est-il de la prochaine réunion qui devait avoir lieu cette année ? 

Jean-Jacques Monier : Nous avons pris très tôt la décision de la décaler en 2022. Elle aura lieu à Lyon, car chaque rencontre est organisée par une région différente. Toutefois, nous trouvions logique de donner une suite à la rencontre de 2019, aux vues de ce que nous venons de traverser et que nous traversons encore. Nous organisons donc le 8 octobre prochain, une édition 7 acte II, qui aura pour thématique « Nos métiers demain, et après-demain… quoi qu’il en coûte ? ». À période exceptionnelle, évènement exceptionnel, nous n’aurons cette fois-ci qu’une seule table ronde au lieu des trois habituelles. Seront convoqués à participer à cette manifestation, une économiste, Françoise Benhamou, une sociologue, Chloé Langeard, le directeur de la DGCA Christopher Miles, un représentant d’un festival très impacté par le Covid, Dominique Delorme, directeur des Nuits de Fourvière à Lyon, un artiste, Simon Deletang, directeur du théâtre du Peuple à Bussang, un directeur technique, Jean-Rémi Baudonne, et la présidente de Thalie Santé, Claire Guillemain. Tout cela modéré par Sophie Proust, maitresse de conférences en art de la scène, Université de Lille. 

Est-ce que c’est important pour vous que la technique sorte de l’ombre et affiche son regard sur l’art vivant ? 

Régie. TNS. Réditec. © Jean-Louis Fernandez

Jean-Jacques Monier : Clairement. D’ailleurs, quand nous avons organisé la rencontre en 2019, plein de gens sont venus vers nous semblant étonnés qu’on s’empare de tels sujets. Comme si, nous directeurs techniques, nous ne gérions que des budgets, des plannings. Bien évidemment, nous faisons bien plus. Nous sommes, j’aime à dire, des gares de triage à la croisée entre le monde artistique et le monde technique. Nous avons une mission de contrôle budgétaire, de responsabilité pénale et de sécurité. Forcément que l’évolution de nos métiers, du monde culturel nous concerne. Nous sommes aussi impliqués dans tout ce qui concerne la production artistique. Où est notre place ? À quel moment, on arrête d’être les affreux gendarmes qui disent non à tout pour respecter les normes ? D’ailleurs, je crois que le regard change. Alors qu’en général à nos rencontres, nous réunissons un peu moins de 100 personnes. Nous étions 180 à Strasbourg.

Propos recueillis par Olivier Frégaville-Gratian d’Amore

Réditec (association des directeurs techniques) à la Philharmonie le 8 octobre à partir de 14H.
Réservation : www.reditec.or
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Crédit photos © Jean-Louis Fernandez

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