La promesse de l’aube Franck Desmedt © Laurencine Lot

Franck Desmedt double de Romain Gary au lucernaire

Au Lucernaire, Franck Desmedt séduit par la qualité de son adaptation du célèbre roman de Romain Gary, La promesse de l’aube, et nous transporte par son exceptionnelle interprétation. Plus que jamais, l’amour maternel nous enveloppe comme un gros câlin !

Romain Gary est un auteur qui a su tremper sa plume dans l’encrier de la vie, qui est dans cette Promesse de l’aube, celle que l’on a devant soi ! Dans ce texte, il ouvre la porte du grand vestiaire de l’enfance et nous raconte son histoire, celle d’un mangeur d’étoiles poussé par l’amour inconditionnel de sa mère. Elle a rêvé pour lui d’un grand destin, celui d’artiste, de héros et de diplomate. Il sera tout cela, pour la remercier d’avoir, à force de sacrifices et d’affections « donné une forme et un sens au destin d’un être aimé ». Mais il ne saura jamais, en retour, trouver le repos auprès des femmes, car « avec l’amour maternel, la vie vous fait à l’aube une promesse qu’elle ne tient jamais. On est obligé ensuite de manger froid jusqu’à la fin de ses jours ».

Le roman d’une vie
La promesse de l’aube Franck Desmedt © Laurencine Lot

La première partie du spectacle correspond à celle du roman. Gary y raconte son enfance et son adolescence. Avec cet humour qui lui est propre, ce clown lyrique, qui adore brouiller les cartes à coup de mentir vrai, dépeint ses premiers pas dans l’existence, ses découvertes, son quotidien. Il crée sa légende et nous dresse le portrait haut en couleur de sa mère Mina. Comme dans Tempête en juin, Franck Desmedt virevolte avec une belle dextérité d’un personnage à l’autre et s’amuse beaucoup de faire vivre sur scène tout le petit monde qui entoure le jeune Romain. Tout est léger ! Et si drôle. 

La guerre en toile de fond 
La promesse de l’aube Franck Desmedt © Laurencine Lot

Puis, dans le livre comme dans le spectacle, le ton se fait plus grave, plus introspectif. Gary a quitté le giron réconfortant maternel pour se faire les dents et devenir un grand homme célèbre. Et quoi de mieux qu’une guerre pour devenir un héros ! Desmedt s’attache essentiellement aux lettres envoyées au jeune homme qui a rejoint le Général de Gaule et les forces alliées, par sa mère. Ainsi, il fait un focus sur cet amour démesuré qui poussera Mina à écrire à son fils adoré même au de-là de la mort. On le sait, ceci est une invention littéraire de Gary, mais elle sublime son histoire. Ce livre est certes d’inspiration personnelle et intime, mais il n’est pas pour autant une autobiographie. C’est un hommage vibrant à sa mère. C’est elle l’héroïne ! Et quoi de plus héroïque que ces lettres ! Desmedt nous livre alors les émotions de cet homme perdu dans l’immensité de l’existence. « Elle avait des yeux où il faisait si bon vivre que je n’ai jamais su où aller depuis. ». C’est bouleversant. 

Une belle performance lovée dans un écrin ciselé

Le décor comme les lumières de Laurent Béal, la mise en scène de Stéphane Laporte et Dominique Sherr, accompagnent subtilement le travail magnifique de Franck Desmedt. Avec une belle gourmandise des mots, une grande tendresse accrochée au cœur et un savoir-faire remarquable, l’acteur enchante  !

Marie-Céline Nivière

La promesse de l’aube de Romain Gary
Lucernaire
du 25 août au 7 novembre
du mardi au samedi à 18h30, dimanche à 17h
Durée 1h

Adaptation et jeu de Franck Desmedt
mise en scène de Stéphane Laporte et Dominique Sherr
Lumières de Laurent Béal

Crédit photos © Laurencine Lot

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