Geoffrey Couet by © Geoffrey Couet

Les instantanés de Geoffrey Couët

Actuellement à Kiev pour tourner la suite des Crevettes Pailletées, long métrage de Cédric Le Gallo et Maxime Govare qui dénonce l’homophobie dans le sport, Geoffrey Cout a débuté sa carrière au théâtre. Des plateaux de cinéma aux planches, le comédien trace tranquillement sa route. De sa chambre d’hôtel ukrainienne, il s’est prêté au jeu des instantanés.

Kiev Extérieur © Geoffrey Couët

Quel est votre auteur de théâtre préféré ? 
J’imagine que Victor Hugo n’est pas une réponse efficace en terme de name-dropping..

Quel auteur aimeriez-vous jouer ? 
Spontanément c’est Edward Albee, et particulièrement son Qui a peur de Virginia Woolf ? qui me vient à l’esprit. Envie de m’attaquer à cette pièce étonnante pour mieux la comprendre !

Quel roman rêveriez-vous de voir adapter au théâtre ? 
Cent ans de Solitude par Pédro Almodovar, avec tous ses acteurs fétiches. Pour celles et ceux qui n’aiment pas les sous-titres : Anne Alvaro en Ursula, Mathieu Amalric et Philippe Katerine en José Arcadio et Aureliano Buendia, invitons Florence Viala, François Deblock, Juliette Savary et Christian Hecq pour faire exploser la machine.

Avec quel metteur en scène voudriez-vous travailler ? 
La liste est longue… Le théâtre me manque terriblement aussi vais-je choisir Julien Gosselin et ses mise-en-scène conceptuelles, juste pour le plaisir d’aller sur un plateau et ne plus le quitter pendant dix heures !

Si vous deviez jouer dans un Boulevard, quel serait-il ? 
Le boulevard Magenta.

Si vous deviez jouer dans une tragédie, quelle serait-elle ? 
Ce serait, un Tragédie, celui d’Olivier Dubois, sans hésitation. J’abandonne veaux, vaches, cochons, je jette mes vêtements au sol et me rue sur le plateau. Douze pas vers l’avant-scène, demi-tour, douze pas au lointain…

L'Amour au temps du choléra de Gabriel Garcia Marquez © Geoffrey Couët

Quel artiste a été pour vous une révélation ? 
J’ai découvert Pedro Almodovar à 15 ans et il a été essentiel dans ma construction personnelle et artistique.

Dans les musiques que vous écoutez laquelle vous inspire ou vous fait penser à une pièce de théâtre ? 
Je crois qu’il y a du drame, et beaucoup d’intensité chez le chanteur Saez. Il est à mes yeux l’un des plus grand poètes contemporains, le texte de Putains vous m’aurez plus me bouleverse. Son Aux Encres des amours m’achève. Un long monologue et qui se transforme en tango sur un plateau de théâtre vide et dévasté. 

Quel film aimeriez-vous voir adapter au théâtre ? 
American Beauty, mais qui peut passer après Kevin Spacey et Annette Bening…

Y-a-t-il un romancier que vous verriez bien écrire une pièce ?
Je suis un grand fan de Christos Tsolkas (La gifleBarracuda). Son gout pour l’infra-évènement, le petit grain de sable qui fait dérailler un train, et s’immisce dans le quotidien de personnages à priori banals, me séduit énormément.
Le style de Nicolas Mathieu (Goncourt 2018 pour l’exceptionnel Leurs enfants après eux) semble parfait pour le cinéma, mais au théâtre il pourrait aussi être pertinent et particulièrement sensuel.

Y-a-t-il un personnage de fiction que vous rêveriez d’incarner ? 
Je prends un personnage réel, dans une pièce : le Mozart dans Amadeus de Peter Shaffer. Trajectoire de personnage si riche, de l’éclat à la destruction, de la truculence au dépouillement total.

Y-a-t-il un personnage historique que vous rêveriez d’interpréter ?
Mata Hari ! Il y a deux ans, je l’ai découverte lors d’un voyage à Madrid, sa vie est dingue, si remplie de contradictions, de liberté et d’insolence. Personnage théâtral par excellence.

Quelle salle a votre préférence ?
J’aimais tant la carrière de Boulbon dans le In d’Avignon. J’espère que ce lieu reviendra, il est une évidence théâtrale. Souvenir d’une nuit sous des couvertures, à y admirer les comédiens de Karamazov de Jean Bellorini, ils questionnaient l’existence de Dieu pendant que la lune progressait au-dessus d’eux. J’en ai la chair de poule rien qu’en l’écrivant.

Chambre sur vue © Geoffrey Couët

Quel serait votre partenaire idéal ?
Dieu, du coup ! on s’adresse si souvent à lui, ce serait sympa qu’il finisse par venir donner le regard, qu’il soit là même s’il est hors champs. Ce n’est pas FairPlay de ne pas rester pour les contre-champs !

Quel personnage de l’autre sexe aimeriez-vous incarner ? 
Marion De Lorme, de Victor Hugo et sa devise qui est mon crédo « je fais ce que je veux, et veux ce que je dois, je suis libre Monsieur ! » 

Y-a-t-il des rôles que vous avez toujours refusé de faire ? 
Non, mais cette pub pour un déodorant n’est pas la ligne préférée de mon CV. 
(ma ligne préférée étant évidemment « Chinois: notions. » )

La pièce que vous auriez aimé voir et avec qui aux commandes et sur scène ?
Idiot! Parce que nous aurions dû nous aimer de Vincent Macaigne. Je n’ai pas eu l’occasion de le voir. Les personnages sont fascinants, des puits sans fond… toute adaptation de l’Oeuvre de Dostoievski me fait rêver. Et rêver, c’est essentiel !

Olivier Fregaville-Gratian d’Amore

L’abattage rituel de George Mastromas de Dennis Kelly, mise en scène de Franck Berthier.
Studio Hébertot

Crédit photos © Geoffrey Couët

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