Le Mois Molière - Je m'appelle Georges © Juliette Glaesener/ Ville de Versailles
Je m'appelle Georges © Juliette Glaesener/ Ville de Versailles

La 28e édition du Mois Molière démarre brillamment

À Versailles, depuis 1996, sous l’impulsion de François de Mazières, aujourd’hui maire de la ville, le mois de juin est dédié au théâtre et à la musique. Ce rendez-vous incontournable du printemps a rouvert dimanche 2 juin.

La pluie était enfin aux abonnées absentes. Le Roi Soleil a même pointé timidement son nez pour embellir l’ouverture de la 28e édition du festival du Mois Molière. Il faudrait qu’il se décide de briller sur les écuries du château de Louis XIV et sur la ville de Versailles jusqu’à la fin du mois, alors que la manifestation transforme celle-ci en une gigantesque scène à ciel ouvert. Que l’on se rassure : des plans de repli sont prévus si le temps printanier continue ses caprices.

Le Mois Molière - Denis Podalydès © Juliette Glaesener/ Ville de Versailles
Denis Podalydès © Juliette Glaesener/Ville de Versailles

Monsieur le maire, François de Mazières, est venu sur son destrier, c’est-à-dire son vélo, pour nous accueillir. Passionné de théâtre depuis son enfance, cet ancien élève de Marcelle Tassencourt a eu l’idée de ce festival lorsqu’il était adjoint à la culture. Son rêve, que comme à l’époque de Molière, « des tréteaux se posent dans tous les quartiers de la ville avec des spectacles de qualités ». Il en parle au comédien Francis Perrin, alors directeur du Théâtre Montansier, qui le suit avec tout l’enthousiasme qui le caractérise.

Depuis, l’événement a pris de l’ampleur. En chiffre, cela donne 330 spectacles, professionnels et amateurs, présentés dans plus de soixante lieux, devant près de 100 000 spectateurs. Dès l’ouverture des réservations, la première quinzaine a affiché complet. Il faut savoir que les spectacles sont pour la plupart gratuits ou à des prix très accessibles. Si la forme originelle tournait autour du théâtre classique, le théâtre contemporain et les nouveaux textes ont depuis pris place forte.

Le maire, également directeur artistique, souligne que « ce festival est un véritable un soutien à la création ». Éric Bouvron a pu créer ses spectacles grâce à leur soutien. La manifestation, en les accueillant en résidance, a permis à bien d’autres compagnies d’émerger, comme celles d’Anthony Magnier, Jean-Hervé Appéré, Salomé Villiers , Gwnenhaël de Gouvello, Ronan Rivière, Emmanuel Besnault, Élisa Bénizio

Le Mois Molière - Je m'appelle Georges © Juliette Glaesener/ Ville de Versailles
© Juliette Glaesener/Ville de Versailles

Cette année, si des reprises telles que Le Souper, Le Révizor, Le Journal d’un fou, Une soirée chez Offenbach, Un fil à la patte, Vive le sport ou Kessel sont au programme, beaucoup de créations en sont également : Le Barbier de Séville mis en scène par Justine Vultaggio, Le médecin malgré lui par Nicolas Rigas, Lumières ! par Maxence Gaillard

La fête commence dans le très beau théâtre Montansier, dirigé maintenant par Geneviève Dichamp et Frédéric Franck, avec l’enfant du pays, Denis Podalydès, dans Molière : Il ne faut point dire bagatelle ! Devant une salle pleine et très attentive, le sociétaire de la Comédie-Française a lu des passages de son livre En jouant, en écrivant (éditions Seuil), dans lequel il parle « du goût, de l’appétit, du besoin presque buccal » qu’il a de Molière.

Le Mois Molière - Le géniteur © Juliette Glaesener/ Ville de Versailles
Le géniteur © Juliette Glaesener/ Ville de Versailles

La représentation terminée, nous remontons l’avenue qui mène au château, en direction de la grande écurie. Ce lieu phare du festival accueille en avant-première Je m’appelle Georges. Après Le retour de Richard 3 par le train de 9h24, le duo Gilles Dyrek, pour le texte, et Éric Bu, pour la mise en scène, signe un petit chef-d’œuvre où la tendresse et l’humour font bon ménage. Dans une interprétation aussi fine que réjouissante, Grégori Baquet, Mélanie Page, Stéphane Roux, Marine Desehu et Etienne Landry ont emballé le public, qui leur a réservé une ovation. Ce spectacle magnifique va être assurément l’un des grands succès du prochain festival Off d’Avignon !

Pas le temps de traîner et nous voilà partis pour le conservatoire pour découvrir Le Géniteur de François de Mazières, une création. Oui, Monsieur le maire est aussi un auteur, et il ne manque pas de talent. Un couple, un homme et une femme, tous deux issus d’une fécondation artificielle, tente de procéder à l’identification de leurs pères génétiques respectifs. Menée avec talent par la délicieuse comédienne québécoise Mylène Bourdeau, l’épatant Martin Loizillon et le fantasque Salvodore Ingoglia, cette comédie a été mis en scène, très judicieusement, par Nicolas Rigas.

Cette pièce aussi sera, dans sa forme définitive, à l’affiche du Off, pour une raison précise : le Mois Molière s’installe à Avignon pour le festival en 2024 — une nouveauté. Il inaugure même un nouveau lieu, installé dans l’Ancien Carmel. Au programme, en plus du Géniteur, on retrouvera La Gloire de mon père et Le Temps des vacances de Pagnol interprétés par Antoine Séguin, qui met aussi en scène et On purge bébé de Feydeau ; La Valise de et par Sophie Forte ; deux spectacles portés par Gwénaël Ravaux, Les Lauriers roses et La Liste de mes envies ; enfin, Paris-Istanbul, dernier appel de Sedef Ecer complètera l’affiche.


Le mois Molière
78000 Versailles
Du 1er au 30 juin 2024.

Le mois Molière au Festival Off Avignon
3 rue de l’Observance
84000 Avignon.
Du 3 au 21 juillet 2024.

Je m’appelle Georges au Théâtre actuel – Festival Off Avignon du 29 juin au 21 juillet 2024.

Le géniteur à l’Ancien Carmel – Festival Off Avignon du 3 au 21 juillet 2024.

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