Lyn Thibault, artiste caméléon

Lyn thibault © Julien Samani

Dans le cadre du Festival azuréen Trajectoires, la comédienne gracile se glisse dans la peau d’un ado de onze ans, qui entre en sixième. Portant au plateau avec deux autres artistes, J’ai trop d’amis de David Lescot, Lyn Thibault, découverte dans la trilogie Des territoires de Baptiste Amann, s’amuse dans ce conte ludique autant que lucide et confirme sa capacité à changer de rôle avec une belle aisance. Rencontre.

Quel est votre premier souvenir d’art vivant ? 
J’ai l’impression d’être née dedans. Mon premier souvenir d’art vivant, n’en est donc pas vraiment un. J’avais six ans quand je suis allé voir mon premier spectacle de théâtre. C’était le malade imaginaire monté par un club amateur de la petite ville où j’habitais, pendant le spectacle j’ai eu envie de faire pipi, je suis allée aux toilettes, quand je suis revenue un des acteur avait fait une rupture d’anévrisme, il est mort.

Quel a été le déclencheur qui vous a donné envie d’embrasser une carrière dans le secteur de l’art vivant ? 
Des problèmes de concentration à l’école puis à la fac qui m’ont mise en difficulté pour faire des études.

J'ai trop d'amis de David Lescot © Christophe Raynaud de Lage

Qu’est-ce qui a fait que vous avez choisi d’être comédienne ? 
J’ai choisi d’être comédienne, car j’ai l’impression que c’était la base, le commencement, et que ça pourrait être une manière de m’apprendre à être un humain de manière un peu plus manifestée qu’avant, m’apprendre à jouer à la vie.

Le premier spectacle auquel vous avez participé et quel souvenir en retenez-vous ? 
Je me souviens d’un spectacle de danse auquel participaient mon grand frère et ma grande sœur. Je devais avoir 3 ans. Et je me suis accaparée l’entracte, montée sur scène devant le rideau fermé pour mimer la suite du spectacle qui allait arriver, qui était sur Pinocchio, avec l’évidence et l’urgence qu’il fallait absolument que je leur raconte ce qui allait se passer (parce que j’avais vu les répétitions). Ça m’étonne encore, car j’étais une enfant très effacée, pas du tout communicante.

Votre plus grand coup de cœur scénique ? 
Inferno de Romeo Castellucci à Avignon.

Quelles sont vos plus belles rencontres ? 
Difficile de hiérarchiser… Je choisis certains enfants que je rencontre en ateliers. C’est furtif, mais extrêmement puissant.

En quoi votre métier est essentiel à votre équilibre ? 
C’est le besoin d’aller à l’envers de temps en temps pour d’autant mieux continuer ensuite d’aller à l’endroit. Comme le DJ qui scratch le vinyl au lieu de le laisser à la vitesse normale.

Qu’est-ce qui vous inspire ? 
L’amour et Dieu 😉

De quel ordre est votre rapport à la scène ? 
Métaphysique

Des territoires de Baptiste Amann © Sonia Barcet

À quel endroit de votre chair, de votre corps, situez-vous votre désir de faire votre métier ? 
Dans le plexus, comme quand on est amoureux.

Avec quels autres artistes aimeriez-vous travailler ? 
Sylvia Costa. Si seulement j’avais été danseuse, j’aurais rêvé de travailler avec Emmanuel Eggermont. Et d’autres, mais je ne les connais pas, car je ne connais pas beaucoup de monde.

À quel projet fou aimeriez-vous participer ? 
Une chorale gigantesque, je ne sais pas 1000 personnes, 10 000…

Si votre vie était une œuvre, quelle serait-elle ? 
Une peinture.

Propos recueillis par Olivier Frégaville-Gratian d’Amore

J’ai trop d’amis de David Lescot
les 14 et 17 janvier 2023 au TNN / Salle des Franciscains
le 24 Janvier 2023 à la Scène 55 Mougins
le 27 Janvier 2023 au Théâtre de la Licorne Cannes

Mise en scène de David Lescot assisté de Faustine Noguès 
avec en alternance Suzanne Aubert, Lyn Thibault, Théodora Marcadé, Elise Marie, Camille Roy & Marion Verstraeten
Création lumière de Guillaume Roland
Costumes de Suzanne Aubert

Crédit portrait © Julien Samani
Crédit photos © Christophe Raynaud de Lage et © Sonia Barcet

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