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Avignon sous le charme de la belle Naïs de Marcel Pagnol

Naïs © Au grès des arts

Avec son spectacle Naïs, adapté du film de Marcel Pagnol, Arthur Cachia crée la surprise au Festival Off d’Avignon. Tous les jours, c’est standing ovation au tout nouveau théâtre de l’Oriflamme.

Le petit monde de Pagnol est fait de poésie, d’humour et d’émotions. Arthur Cachia a très bien su le transposer dans son adaptation à la fois fidèle et originale. Les dialogues y sont toujours sensibles et profonds. Comme souvent, dans les œuvres de l’écrivain-réalisateur, on retrouve la petite paysanne simple et fière, le père attentionné, mais bourru, le jeune homme de la ville, orgueilleux et arrogant, et le naïf au grand cœur. L’un des thèmes principaux de Naïs raconte la relation conflictuelle entre un père, dur et possessif, qui peine à laisser sa fille vivre sa vie, et cette dernière, qui ne demande qu’à se libérer.

Les marchands de gloire

Arthur Cachia a eu l’excellente idée d’aller frapper à la porte de Thierry Harcourt pour lui demander de mettre en scène son projet. Le résultat est magnifique. Il a choisi le plateau vide qui forme ainsi une boîte noire. Tout est suggéré. Ses lumières apportent les nuances de la Provence et marquent les évolutions du drame. Les personnages apparaissent comme des pantins pris dans le manège de la vie. La scène est petite, et pourtant, on a le sentiment d’un grand espace, tant il arrive à insuffler du mouvement. Le choix de transposer, par les costumes, l’action dans les années 1970, évoque cette libération sexuelle que connaissent Naïs et Frédéric. Sa direction d’acteur est des plus précises. Il ne leur fait jamais forcer les traits et l’accent provençal, laissant ainsi le texte couler et résonner de toute sa puissance.

La prière aux étoiles
Naïs © Au grès des arts

Arthur Cachia est Toine, le bossu. Ce personnage, qui permit à Fernandel de faire une de ses plus belles interprétations, est un bijou ciselé. Par son jeu d’une délicatesse remarquable, le jeune comédien rayonne de bonté et donne à cet ange qui cache ses ailes sous son pardessus une humanité bouleversante. Marie Wauquier est Naïs. La comédienne a le charme et la beauté d’une Jacqueline Pagnol. Elle est magnifique. Le couple qu’elle forme avec le ravissant Kevin Coquard (Frédéric) fonctionne très bien. Tout est dans la nuance. Clément Pellerin incarne avec justesse plusieurs personnages. Lydie Tison est une subtile Madame Rostaing. Et l’on craque littéralement par la prestation éblouissante d’Étienne Ménard en père Micoulin. Quel acteur ! Cette jeune compagnie est à suivre de très près. Bravo !

Marie-Céline Nivière

Naïs de Marcel Pagnol.
Festival Avignon OffThéâtre de l’Oriflamme.
3-5, rue du Portail Matheron 84000 Avignon.
Du 7 au 30 juillet 2022 à 10h, relâche les 12, 19, 26 juillet.
Durée 1h15.

Adaptation d’Arthur Cachia.
Mise en scène et lumières de Thierry Harcourt.
Avec Arthur Cachia, Kévin Coquard, Étienne Ménard, Clément Pellerin, Lydie Tison, Marie Wauquier.
Costumes de Françoise Berger à l’Atelier de l’Étincelle et Yamna Tison.
Chorégraphies de Bénédicte Charpiat.
Musique de Tazio Caputo.
Assistance à la mise en scène de Marie Wauquier.

Crédit photo © Au grès des arts.

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