Didier Ruiz, explorateur des âmes

Biterrois de naissance, Didier Ruiz cultive depuis le début de sa belle et riche carrière, sa latinité, son goût du soleil, du verbe haut, de la chaleur méridionale. Passionné, observateur du monde, il présente sa dernière création, Que faut-il dire aux hommes ? en réouverture, le 19 mai, du Théâtre de la Bastille. Questionnant la foi, il signe un spectacle fort, émouvant et vibrant.

Que faut-il dire aux Hommes ? de Didier Ruiz -MC93 © Emilia Stefani-Law

Quel est votre premier souvenir d’art vivant ? 
Pas du théâtre, pas de la danse… Enfant, j’étais très marqué par le cirque, les grands cirques qui venaient l’été dans la petite station balnéaire où je passais les vacances, le rite, la musique, l’ivresse du public… Mais aussi la corrida, j’en ai vu beaucoup enfant, c’était terrible et magnifique, chair de poule, fascination, les couleurs, les costumes, le frémissement de la foule…

Quel a été le déclencheur qui vous a donné envie d’embrasser une carrière dans le secteur de l’art vivant ? 
Aucune idée… Je sais que c’était à 15 ans quand je me suis inscrit seule au conservatoire de ma ville…

Qu’est ce qui a fait que vous avez choisi d’être metteur en scène ? 
Incapable de répondre…  D’autant que j’ai changé en cours de route… Pourquoi comédien, je ne sais pas vraiment, metteur en scène, peut-être un peu plus : envie de raconter une histoire, tirer les fils, aménager l’espace, donner à voir et entendre, comme un jeu d’enfant, un jeu sans jouet, « on dit que… »

Le premier spectacle auquel vous avez participé et quel souvenir en retenez-vous ? 
Mon premier contrat d’acteur avec Patrice Bigel, je reprenais un rôle dans Les Libertins, j’étais tellement tétanisé de trac que j’ai eu un accès de fièvre à la sortie du plateau….

Que faut-il dire aux Hommes ? de Didier Ruiz -MC93 © Emilia Stefani-Law

Votre plus grand coup de cœur scénique ? 
Je pense à l’œuvre de Pina Baush, ses pièces, ses danseurs musique, etc… J’ai même passé une audition pour elle alors que je n’ai jamais fait de danse de ma vie… J’étais persuadé qu’elle aimerait ma singularité…

Quelles sont vos plus belles rencontres ? 
J’ai l’impression d’en faire sur chaque projet, ma mémoire est pleine de tas de rencontres incroyables, de moments très forts, l’intime que je pratique favorise cela…

En quoi votre métier est essentiel à votre équilibre ? 
Je le vois bien durant cette période de pause… C’est tout mon équilibre intérieur qui se base sur le flux de stress, de joies, d’inspirations de jour et de nuit, de moments de solitude, de grand partage avec les autres, l’équipe, le public….

Qu’est-ce qui vous inspire ? 
Tout. C’est la vie qui m’inspire. C’est tout mon équilibre intérieur qui se base sur le flux de stress, de joies, d’inspirations de jour et de nuit, de moments de solitude, de grand partage avec les autres, l’équipe, le public…

À quel endroit de votre chair, de votre corps, situez-vous votre désir de faire votre métier ? 
C’est dans le ventre, au fond de moi, un drôle de monstre tapi qui gronde et qui attend le moment de surgir…

Didier Ruiz lors des répétitions en mai 2020 à la MC93 © OFGDA

Avec quels autres artistes aimeriez-vous travailler ? 
En général des musiciens, des chanteurs, envie de faire de l’opéra. En particulier…Une comédienne Isabelle Huppert, un metteur en scène Romeo Castelucci ….

À quel projet fou aimeriez-vous participer ? 
J’en ai un sur le bureau pour janvier 22, 100 personnes sur le plateau pour célébrer les 50 ans du théâtre de Privas, des pompiers, des joueurs de rugby, la confrérie de la châtaigne, des chèvres, des bouchers…. c’est fou fou …et j’adore!

Si votre vie était une œuvre, quelle serait-elle ?
De l’architecture peut-être, un monument, une ville….

Olivier Frégaville-Gratian d’Amore

Que faut-il dire aux Hommes ? de Didier Ruiz
répétition été 2020 à la MC93
Créé le 15 octobre 2020 à La Faïencerie de Creil
Représentations exceptionnelles ouvertes aux professionnels à la 
MC93
Durée 1h30 environ

Reprise au Théâtre de la Bastille
Du 19 au 22 Mai 2021

Crédit photos © Didier Ruiz, © Emilia Stefani-Law, © OFGDA

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