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Tant qu’il y a les mains des hommes de Violaine Arsac… Une grande bouffée d’humanité

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Tant qu’il y a les mains des hommes s’invite pour une deuxième saison au théâtre de la Luna

De la question de l’identité, Violaine Arsac construit un spectacle intense et poétique où les mots vibrent et les destins individuels se mêlent à un tout universel dans une chorégraphie envoûtante. Dans ce ballet qui nous happe et nous interpelle, cinq comédiens, cinq personnages donnent vie à un patchwork littéraire étonnant réalisé à partir de textes adroitement combinés de huit grands auteurs. En nous obligeant à regarder en face notre vision de la société, en nous interrogeant sur la place qu’on occupe au sein de celle-ci, Tant qu’il y a les mains des hommes fait écho à nos propres contradictions et réveille notre humanité. Captivant !…

L’argument : Qu’est-ce qui construit l’Identité d’un homme ? Ce qu’il fait, ce qu’il a ? Qui il rencontre ? Ses racines, ses croyances, son histoire ? Comment avancer dans la vie quand on a une identité particulière ? Et surtout, que laisse t-on après soi ?
Un nomade, un peintre, une prostituée, un exilé, une femme.
5 personnages en quête d’identité vont croiser leurs routes et leurs destins : 5 histoires intimes. Et pourtant universelles.

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Jeu de séduction entre Violaine Arsac et Olivier Bénard © Cédric Delestrade

La critique : tout commence par un ballet de lumières. Tour à tour, les protagonistes sont mis sous les projecteurs. Chacun s’affère. Leurs gestes les présentent, donnent une première image, une première impression de ce qu’il pourrait être ou pas : une femme très sexy, au regard un peu éteint, cherche comment attirer le chaland (les hommes) par ses attitudes et ses tenues ; un jeune homme assis sur un comptoir de zinc les yeux dans le vague, écrit sur un petite carnet rouge ; une autre femme essaye des perruques sans entrain, un homme, fasciné par le dos nu d’un autre, peint. Ces cinq personnages semblent errer dans un mouvement imperceptible, se chercher dans un monde d’a priori où ils sont trop souvent étiquetés sur leur seule apparence : la prostituée (fabuleuse Nadège Perrier), le maghrébin (excellent Slimane Kacioui), l’homme sans attache (enjôleur Olivier Bénard), une femme qui nie son évidente féminité (bouleversante Violaine Arsac), le peintre alcoolique, incapable de produire de nouvelles œuvres (étonnant Aliocha Itovitch).

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Entre l’écrivain en devenir (Slimane Kacioui) et le nomade un dialogue plein de grâce se crée © Cédric Delestrade

Au fur et à mesure de ce spectacle remarquablement mise en scène, nous allons entrer dans leur quotidien, dans leur intimité. Par petites touches, chacun va se dévoiler aux autres, chacun va laisser tomber son armure et se livrer sans fard, chacun va devoir se définir en tant qu’être humain, chacun va entrer dans la grande danse de la vie. En empruntant les mots à huit grandes signatures du monde littéraire (Tahar Ben Jelloun, Christian Bobin, Romain Gary, Nancy Huston, Amin Maalouf, Théodore Monod, Pablo Neruda et Leila Sebbar), la scénographe Violaine Arsac signe une pièce poétique d’une rare intensité. Avec virtuosité, elle a su lier des textes très différents en un ensemble fluide et cohérent. Les scènes se succèdent sans jamais casser la jolie rythmique de ces pas de deux ou de trois, chorégraphiés par Olivier Bénard, qui mêlent les destins de cinq êtres en quête de vérité, d’identité. Chaque histoire individuelle, chaque monologue, construisent avec force un tout universel où chacun peut se retrouver.

Sur scène, les écrits deviennent gestes, mouvements. Ils prennent littéralement vie. Ils vibrent à l’unisson des cœurs des cinq comédiens qui se fondent, avec passion, dans la peau de leur personnage. Ils incarnent avec sincérité et enthousiasme les textes, leur donnant souffle et palpitation. Chacun d’entre eux nous entraîne dans une danse des corps, un tourbillon des âmes. Leurs mains construisant un récit épique et humain se cherchent avant de s’entremêler dans une scène finale sublime.

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Passion naissante entre le peintre (Aliocha Itovich) et son modèle (Olivier Bénard) © Cédric Delestrade

Chamboulé, bouleversé par l’empathie des personnages, par leur force, par leur capacité à s’entraider, à aller vers les autres, ce spectacle est un reflet inversé du monde qui nous entoure, l’image sublimée et humaniste de la société idéale…

Laissez-vous envoûter par la beauté des mots et des gestes, laissez-vous séduire par ces cinq comédiens parfaitement justes dans leur jeu, laissez-vous porter par l’humanisme des propos, laissez-vous aller à un peu de compassion et vibrez sans retenue… Vous sortirez heureux et « reboosté » de ce joli moment plein de grâce.

Tant qu’il y a les mains des hommes de Violaine Arsac
Théâtre de la Luna- salle 1
1, rue Séverine
84000 Avignon
jusqu’au 26 juillet 2015
tous les jours à 12h45
durée 1h20

auteur(s) : Tahar Ben Jelloun, Christian Bobin, Romain Gary, Nancy Huston, Amin Maalouf, Théodore Monod, Pablo Neruda, Leila Sebbar.
adaptation de Violaine Arsac
mise en scène de Violaine Arsac
chorégraphie d’Olivier Bénard
scénographie de Tanguy de Saint-Seine
avec  Olivier Bénard, Aliocha Itovich, Slimane Kacioui, Nadège Perrier & Violaine Arsac (en alternance)
lumières de Rémi Saintot
costumes de Janie Loriault

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