Les Faux British d’Henry Lewis & CO … à mourir de rire !…

Laissez tristesse et morosité derrière vous et foncez au théâtre Tristan Bernard afin de découvrir la comédie la plus réussie de la saison. Les faux British, c’est plus d’une heure-et-demie de rire garanti. Portés par une mise en scène efficace, des rebondissements décapants et des trouvailles scénaristiques en tout genre, les 7 comédiens de  la troupe s’en donnent à cœur joie pour dérider nos zygomatiques. Jubilatoire et hilarant !..

Qui a tué sir Charles Haversham ? © Fabienne Rappeneau

Chaque année, le club des amateurs de romans noirs anglais d’une petite ville de province se réunit lors d’une soirée mémorable, occasion pour ces sept lecteurs en quête de frissons de mettre à l’honneur un de leurs écrivains préférés. Après avoir testé les délirantes recettes de P.D. James lors d’un banquet qui n’a pas laissé que de bons souvenirs aux participants, ils décident cette fois de mettre en scène un chef-d’œuvre du genre Un meurtre dans un manoir écrit par un illustre inconnu, qui pourrait bien être le célèbre Conan Doyle. Afin de montrer tout le génie de ce dernier, nos 7 protagonistes convient un large public à la représentation qui sert de point d’orgue à leur réunion.

L'inspecteur Carter interroge Thomas Colleymore, le frère de la fiancée © Emilie Brouchon

Alors que le public s’installe, une jeune femme (épatante Aurélie de Cazanove), un peu ronde, un peu godiche, en salopette, s’affère sur scène afin de régler quelques détails du décor. Très vite, les premiers soucis apparaîssent. Malgré sa bonne volonté, il semble bien qu’elle soit incapable de régler le problème. Si la plupart des personnes déjà installées semblent compatir à sa détresse, les premiers rires fusent. Le ton est donné. C’est parti pour 1h30 de rire ininterrompu. Le rideau est à peine levé que les premiers couacs, les premiers imprévus viennent perturber la représentation de cette troupe d’amateurs, absolument et totalement inexpérimentés. A une cadence infernale, les quiproquos, les gaffes, les textes oubliés, les erreurs de script, et un décor qui menace de s’écrouler à chaque seconde, s’enchaînent pour le plus grand plaisir des spectateurs et devant le regard effaré mais imperturbable de nos 7 comédiens en herbe.

La fiancée, Florence Colleymore, fait face à l'inspecteur Carter © DR

Clairement, les Faux British est une comédie complètement décalée, dans la lignée des Monthy python, utilisant et usant jusqu’à la corde les ressorts du comique de situation. En parodiant avec beaucoup d’humour le théâtre amateur, cette pièce est un chef-d’œuvre du genre qui devrait séduire un large public. Loufoque, déjanté, l’humour anglais fait des merveilles. Si parfois, les blagues sont un peu trop appuyées, un peu trop répétitives, cela n’enlève rien à la qualité du texte et de la mise en scène de Gwen Aduh. L’effet comique est renforcé par une équipe de comédiens absolument épatants. Miren Pradier est excellente en fille de bonne famille atypique, aux hormones en feu, Yann de Monterno, hilarant en gentilhomme hystérique, Jean-Marie Lecoq, impassible en vieux commissaire, Nikko Dogz, désopilant en majordome à la ramasse, Aurélie de Cazanove, inénarrable en accessoiriste pataude et en doublure au fort accent du sud, Michel Scotto di Carlo, parfait en beau-frère complètement « à côté de la plaque », et Gwen Aduh, impayable en mort.

On est conquis tout au long de ce naufrage théâtral, et on sort de la salle léger, le sourire aux lèvres, totalement « reboostés » pour affronter le quotidien. Alors courez découvrir ce remède anti-morosité… Rires et bonne humeur garantie, du début à la fin !…

Olivier Frégaville-Gratian d’Amore

Affiche_FAuxBritish_@loeildoliv

« LES FAUX BRITISH » de Henry LEWIS, Jonathan SAYER et Henry SHIELDS
au Théâtre Tristan Bernard
64 rue du rocher 75008 Paris
jusqu’en août 2015

adaptation française de Gwen ADUH, qui en a fait la Mise en Scène, et de Miren PRADIER.
avec Aurélie de CAZANOVE, Jean-Marie LECOQ, Miren PRADIER, Nikko DOGZ, Yann de MONTERNO, en alternance Michel SCOTTO di CARLO ou Henri COSTA, et Gwen ADUH.

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