Récit(s) de vie, histoire(s) de mémoire

Au studio Hebertot, Patrick Simon prend la relève de Daniel Milgram afin que Dieu, Brando et moi, véritable objet de mémoire, ne se perde pas dans les limbes. Devant le plaisir des spectateurs, les représentations sont prolongées jusqu’à fin mars.

Le comédien Daniel Milgram, désirant raconter son histoire personnelle, a demandé à Gilles Tourman de lui écrire un long monologue à son image. Chose réussite, tant chaque mot correspond à ceux qu’il aurait pu écrire. L’acteur l’a joué à Avignon en 2017. La grande faucheuse ayant décidé de passer par là, l’aventure aurait pu s’arrêter là, mais le théâtre est fait pour perdurer.

Un bagage familial

Un homme est au chevet de son père qui vit ses derniers jours. Il est toujours délicat de faire ses adieux à celui qui vous a donné la vie, vous a appris à faire les premiers pas, vous a donné de la joie mais vous a aussi bien énerver parfois. Un être qui, par sa propre histoire vous a légué des bagages lourds à porter. A l’heure de sa mort, il est temps d’ouvrir la boîte de pandore, de vider son sac, de faire le point et de dire Je t’aime. Cela vaut toutes les psychanalyses.

Rêve d’acteur

Le ton est fait de dérision et de poésie. Il tire sa force comique du fameux humour juif ashkénaze. Le style est proche de Woody Allen. Avec ingéniosité, Gilles Tourman fait étinceler le parcours de ce petit enfant, exilé du « Yddisland », sauvé des nazis par un prêtre protestant, « Juste parmi les justes », qui devient un athée empreint de culture religieuse. Devenu comédien, se rêvant d’être Brando, il n’aura jamais la gloire, mais vivra de son métier. Il est un homme mûri par la vie qui se débat avec ses contradictions et ses sentiments.

Une mise en espace fine

Dans sa mise en scène très subtile, s’appropriant avec une admirable aisance ce texte, Patrick Simon est formidable. Il fait plus qu’incarner son personnage, il est « Daniel », cet homme fragile qui regarde son passé, sans aucune lamentation.  Ce véritable hymne à la vie fait mouche, on y rit beaucoup et l’émotion nous saisit.

Marie Céline Nivière


Dieu, Brando et moi de Gilles Tourman sur une idée de Daniel Milgram
Studio Hébertot
78 bis Boulevard des Batignolles
75017 Paris
Jusqu’au 29 mars 2020
Jeudi à 19h00, vendredi et samedi à 21h00, le dimanche à 15h00
Durée 1h15


Mise en scène et scénographie de Patrick Simon et Maurice Zaoui
Avec Patrick Simon
Musique d’Ilan Zaoui

Crédit photos © Photo Lot

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