Le glamour tue au théâtre Michel

Sébastien Azzopardi met brillamment en scène ce texte tiré du roman de Sébastien Japrisot et nous offre un polar théâtral digne des grands films noirs des années 1950. 

Deux jeunes filles ont été prises au piège dans un incendie. L’une est morte et l’autre non. La rescapée des flammes s’est réveillée d’un grand sommeil sans mémoires. Qui est-elle ? La petite fille riche ou la petite fille pauvre ? Que s’est-il passé ? Est-elle la victime ou la tueuse ? Ne comptez pas sur nous pour vous le dévoiler. Mais sachez que vous aurez de belles sueurs froides. 

L’adaptation théâtrale du roman par Aïda Agharzadeh est finement ciselée. Déroulant l’histoire, à coup de flash back, elle propose l’autopsie d’un meurtre qui aurait pu être un crime presque parfait. Durant toute la pièce plane l’ombre d’un doute sur l’identité de cette femme au si doux visage. Il règne une atmosphère hitchcockienne dans ce spectacle. 

La mise en scène de Sébastien Azzopardi va dans ce sens. Elle est extrêmement efficace. Il fait régner une ambiance, un ton, une couleur. Quelle belle idée que cet unique décor, une pièce au papier peint rouge sang, qui par les jeux de lumières, se transforme tour à tour en salon, chambre d’hôtel, banque… Excellent ouvrage de Juliette Azzopardi et Philippe Lacombe. Ajoutez à cela, les costumes magnifiques de Pauline Yaoua Zurini, hommages au glamour des années 1950. 

L’autre belle idée réside dans le choix des deux comédiennes. Il y a la fille aux cheveux d’or et la brune au si doux visage, Alyzée Costes et Nassima Benchicou. Les deux comédiennes, rivalisant de charme et de talent, arrivent, comme dans un jeu de miroirs, à ne faire qu’une. Elles sont diaboliques. 

Aurélie Boquien et David Talbot interprètent les autres protagonistes de ce règlement de comptes. Ils sont irréprochables dans ces rôles multiples. Laissez-vous prendre au piège de ce spectacle original, le grand frisson est assuré.

Marie Céline Nivière


Piège pour Cendrillon d’après le roman de Sébastien Japrisot
Théâtre Michel 
38, rue des Mathurins
75008 Paris
Jusqu’au 4 janvier 2020
Du mercredi au samedi à 19h et le dimanche à 18h
Durée 1h30

Adaptation d’Aïda Asgharzadeh
Mise en scène de Sébastien Azzopardi assisté de Carole Reppel Baele et Guillaume Rubeaud
Avec Alyzée Costes, Nassima Benchicou, David Talbot et Aurélie Boquien
Décor de Juliette Azzopardi
Costumes de Pauline Yaoua Zurini
Lumières de Philippe Lacombe
Musique de Romain Trouillet
Vidéo de Mathias Delfau

Crédit photos © Emilie Brouchon

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