Panayotis Pascot, le « Je » de l’égo

Couverture de La Prochaine fois que tu mordras la poussière de Panayotis Pascot © Stock

Phénomène de cette rentrée littéraire, La prochaine fois que tu mordras la poussière de Panayotis Pascot, paru le 23 août dernier, a dépassé en un peu plus de deux mois les 100 000 exemplaires vendus. Chroniqueur à dix-sept ans aux côtés de Yann Barthès au Petit journal de Canal+, humoriste à succès, comédien en devenir, le jeune homme semble transformer en or tout ce qu’il touche. Pourtant, derrière l’image de papier glacé de l’éternel ado à gueule d’ange, la dépression galope et ronge son goût de la vie. À travers un récit très personnel, une autofiction dans l’air du temps, il se met à nu et livre sans fard ses noires pensées, ses doutes, les tourments de son âme intranquille. 

Dernier d’une fratrie de six enfants, Panayotis Pascot grandit dans l’ombre de ses ainés. Un père omniprésent qui attend la mort, avec lequel il tente de nouer un lien, de communiquer, des aventures sans lendemain, des amants qui s’accrochent et tentent de le sauver de ses démons ainsi qu’une mère aimante, dont on ne perçoit la présence qu’à de rares moments-clés, habitent les pages de ce premier roman. Rapidement, le ton est donné. Le jeune homme ne va pas bien. Comme la plupart des humoristes, il est fragile et déprimé. Il aimerait être autre, avoir une autre vie, s’assumer, mais il n’y arrive pas. Le suicide le tente. Il se rate. Les médicaments l’assomment. Les insomnies l’épuisent. L’écriture sera sa thérapie. 

Plume neurasthénique trempée dans l’ancre spleen, il se raconte avec crudité, trivialité. Son style est celui de la parole. Les tranches de vie filent au déroulé de ses pensées parfois chaotiques. Utilisant le pronom « il » pour désigner autant son père que ses amants, on finit par s’y perdre et ne plus savoir de qui il parle. Pas grave, il poursuit son récit, l’étalage d’une vie somme toute banale qui fait écho à tant d’autres. La quête de soi est universelle, la sienne n’a rien d’extraordinaire mais donne du baume au cœur à ceux qui se cherchent encore. 

La prochaine fois que tu mordras la poussière est un premier roman très honnête, prometteur certainement. Le charme candide, naïf de Panayotis Pascot y est pour beaucoup, tant il irrigue chaque page. En tendant le miroir à toute une génération, celle des jeunes de vingt-cinq ans, il touche au plus juste sans pour autant bouleverser la littérature de demain. 

Olivier Frégaville-Gratian d’Amore  

La prochaine fois que tu mordras la poussière  de Panayotis Pascot
Éditions Stock
Paru le 23 août 2023
240 pages
Format : 135 x 215 mm
Prix conseillé 19.50 €

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