Jacques Ciron, l’élégance au service du théâtre

Jacques Ciron © DR

Le 7 décembre 2022, à l’âge de 94 ans, celui que l’on appelait avec tendresse, Monsieur le doyen, à définitivement tirée sa révérence. Adieu l’artiste.

Le grand public le connaît par son rôle d’Alphonse de Montmarin, dans la série télévisée, Plus belle la vie. Il n’empêche que sa silhouette tout comme sa voix nous sont familière. Ce second rôle épatant était un grand habitué de l’émission, Au théâtre ce soir. Il avait du panache ! Son allure de gentleman et de grand bourgeois a fait qu’il a souvent interprété des directeurs, des curés, des notaires, des nobles et même des valets classieux. Il a prêté sa voix inimitable, au personnage du Chapelier du Alice aux pays des merveilles de Disney et surtout à Alfred Pennyworth, le majordome de Batman.

Une vie service du théâtre
Jacques Ciron © DR

Il avait commencé sa carrière en 1952. Ce n’était pas hier ! aimait-il dire. Il nous assurait que malgré son grand âge, il n’avait jamais joué avec Sarah Bernhardt ! Titre de son premier seul en scène et dernier spectacle, joué en 2011 au Vingtième Théâtre. S’il n’a pas côtoyé la grande Sarah, il a travaillé avec André Barsacq, Jean Le Poulain, Robert Lamoureux, Georges Vitaly, Michel Vitold et Arnaud Denis. Il pouvait passer des grands textes, Anouilh, Camus, Ionesco, aux théâtre de boulevards, où il excellait. Je me souviens de sa prestation impayable, en 2004, dans Folle de son corps de Gérard Moulévrier, mis en scène par Alain Sachs, avec Marthe Mercadier.

Un ami idéal

De Jacques Ciron, je garderais le souvenir de son sourire, de son regard pétillant, de sa gentillesse et de sa classe naturelle. Toujours curieux, disponible et attentif, il était un spectateur assidu. Il adorait découvrir. Son lieu de prédilection était le Vingtième théâtre, dirigé par le regretté Pascal Martinet. Dès qu’il arrivait dans le hall, une agitation se faisait et un essaim d’amis, de tout âge, se précipitait pour le saluer. Au pot de première, il s’installait dans un coin et nous venions l’entourer. On devisait sur le spectacle, sur les pièces à voir et celles à ne pas voir, sur la vie. Il était le roi des anecdotes. Qu’il ponctuait, d’un ton goguenard et malicieux, par cette phrase : Et voilà comment on écrit l’histoire ! Il nous a fait beaucoup rire, aujourd’hui, place à la tristesse. Adieu Monsieur et merci pour tout !

Marie-Céline Nivière
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