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Dieu habite Düsseldorf et c’est tant mieux !

Dieu Habite à Dusserldorf de Sébastien Thiéry - Lucernaire © Karim A

Renaud Danner, Eric Verdin, en alternance avec Manuel Durand reprennent au Lucernaire, puis au Festival d’Avignon OFF, leur excellent spectacle Dieu habite Düsseldorf de Sébastien Thiéry. Bienvenue chez les fous !

La scénographie ne nous trompe pas, avec ces paravents blancs, ces lumières aux reflets de néon, nous sommes dans un hôpital ! Arrivent alors deux hommes au look seventies. Les costumes, les accessoires, les allures sont impayables ! Le ton et la couleur sont donnés. Dès les premiers mots prononcés, il est évident, que tout ne va pas bien droit dans leur tête. Cela n’ira pas en s’arrangeant au fur et à mesure de l’avancée du spectacle. Comme ils sont drôles ces textes de Sébastien Thiéry. Ecrit à la manière des Diablogues de Dubillard, dans un esprit très ribien, l’auteur dépeint avec un esprit cocasse et acerbe, les petits travers de gens ordinaires, pris dans les travers de notre société avide de formatage.

Voyage en absurdie
Dieu Habite à Dusserldorf de Sébastien Thiéry - Lucernaire © Karim A

Renaud Danner et Eric Verdin ont pioché sept textes dans Dieu habite Düsseldorf et Sans ascenseur. Mis bout à bout cela donne une galerie de portraits hilarants de divers personnages qui s’illustrent avant tout par leurs médiocrités et leurs inaptitudes à vivre ! Monsieur 1 et Monsieur 2 sont des Zéros des temps modernes. Ils donnent des lettres de noblesse à la stupidité ! Ils sont bêtes mais surtout pas méchants. Ils sont juste incapables de se fondre dans la masse. Ils entament des discussions qui ressemblent à des dialogues de sourd. Il y a le pauvre gars envoyé consulter un spécialiste des imbéciles par sa femme et son patron ; le mâle qui veut s’acheter un pénis, le solitaire qui cherche un ami dans une agence amicale ; l’incompris qui va devenir malentendant pour pouvoir être entendu ; le passionné des chiffres qui sème la pagaille ; l’homme qui a empaillé son père et l’homme en mal de mère.

Jeu gagnant
Dieu Habite à Dusserldorf de Sébastien Thiéry - Lucernaire © Karim A

Dans une mise en scène au cordeau, les saynètes s’enchaînent, les dialogues se déchaînent. Tour à tour clown blanc ou Auguste, Renaud Danner et Eric Verdin, qui joue en alternance avec Manuel Durand, forment un duo du tonnerre ! Avec la dextérité des joueurs de ping-pong, ils se renvoient la balle dans des échanges vifs et rapides. Pas de place pour le temps mort ! Ils manient avec tout autant de dextérité, les silences qui finissent par en dire long ! Ils nous régalent par leur jeu touchant et l’inventivité de leur interprétation, qui va de l’œil vide à l’expectative ! Rien n’est laissé au hasard. Le final est étonnant ! Ils appliquent au pied de la lettre la phrase de Gainsbourg : La connerie c’est la décontraction de l’intelligence. Alors parfois, je me permets d’être con sciemment ! C’est en cela que leur spectacle est très drôle, certes, mais surtout très intelligent. Et cela fait un bien fou !

Marie-Céline Nivière

Dieu habite Düsseldorf de Sébastien Thiéry.
Lucernaire
53, rue Notre-Dame-des-Champs 75006 Paris.
Du 11 mai au 3 juillet.
Du mardi au samedi à 21h, dimanche à 17h30.
Durée 1h10.

Festival Off Avignon (83), Théâtre des Barriques.
Du 7 au 30 juillet.

Mise en scène et interprétation de Renaud Danner et Eric Verdin ou Manuel Durand.
Collaborations artistiques de Jennifer Maria et Manuel Durand.
Scénographie d’Agnès Roland.
Identité visuelle d’Aurélie Mydlarz.
Lumières d’Eric Verdin et Olivier Forma.
Son d’Eric Verdin et Renaud Danner.
Vidéo de Jean-Marie Carrel.

Costumes d’Amélie Robert.
Musique de Valéry Arzoumanov (guitare Alain Rizoul).

Crédit photo ©Karim A

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