Véronique Barrault, l’éternel sourire

Régine, Michel Vinaver, Hélène de Saint-Père avaient déjà donné à ce mois de Mai, que l’on dit joli, un goût de sel, celui des larmes. Ce Mardi 3 mai 2022, la comédienne Véronique Barrault a trouvé la mort dans un accident de moto en Gironde. Lumineuse et solaire, elle était la joie de vivre incarné, aujourd’hui, la tristesse a submergé le monde du théâtre.

Non pas Véronique ! Pas cet être délicieux ! Un accident de la route n’est jamais juste et c’est avec brutalité qu’il fauche une vie. La lecture des réseaux sociaux de ce matin avec tous les messages de ses amis comédiennes et comédiens montrent leur stupeur et surtout leur immense chagrin. Le 1er mai, elle avait posté une magnifique photo d’un bouquet de muguet posé sur un piano, nous souhaitant ainsi, tout le bonheur du monde. Elle ne savait pas que trois jours plus tard, nous verserions des larmes.   

Un monde merveilleux

Véronique Barrault et Romain Bouteille au Café de la Gare ©Collection V. Barrault

Véro, mon amie, cela fait trente ans que l’on se connaît. Tu n’étais pas une vedette mais un artisane du théâtre. Tu as rayonné de ton talent dans tellement de pièces, participé à tellement de films, téléfilms. Tu avais débuté à la belle époque du café-théâtre, au Splendid et au Café de la Gare sous le drôle de nom, de Coquillette. Une de tes premières apparitions au cinéma fut dans Les bronzés font du Ski. Tu apparaîtras souvent dans les films de Balasko, mère et fille d’ailleurs. Quand au Café de la Gare, c’était un peu ta deuxième maison. Tu étais si drôle en Blanche-Neige dans Elle voit des nains partout de Philippe Bruneau, inénarrable dans le Graphique de Boscop de Sotha.

La vie d’artiste

Véronique Barrault © DR

Tu avais le sens de la troupe. Tu étais toujours bienveillante et à l’écoute. Telle une petite mère, tu encourageais les uns, consolais les autres. Tu avais le jugement juste, la patience d’un ange et un rire très communicatif. Tu appartenais à des bandes, celle de Didier Caron, celle de Xavier Letourneur, celle de Patrick Haudecoeur. Comment peut on t’oublier dans Un vrai bonheur, dans Thé à la menthe où t’es citronSilence ont tourne. Je me rappelle de ta joie d’être dans Willy Protagoras enfermé dans les toilettes de Wajdi Mouawad, mis en scène par ton amie Magali Léris. J’adorais te voir jouer, tu avais tellement le sens de la vis comica

Adieu l’artiste

Véronique Barrault et les Chapuis © Dr

Tu es parti aujourd’hui, alors que tu avais plein de projets  sur le feu. Il y avait la mise en scène du nouveau spectacle d’Alain et Marie-Blanche ChapuisParlez-moi de moi. Il y avait la pièce de Fred NonyJuste un grain, que vous étiez en train de répéter pour une création en juillet au Théâtre des Beaux-Arts de Bordeaux. Tu vas me manquer. J’adorais m’installer à côté de toi à une table de bistrot. Qu’est-ce qu’on aura rit ensemble ! Tu as toujours trouvé les mots quand parfois le vie me jouait des tours. Aujourd’hui, c’est à ta fille chérie, dont tu étais si fière, la comédienne Kim Koolen, à tes petits-enfants, à tous ceux qui comme moi ont le cœur déchiré, que j’aimerais?  trouver les mots réconfortants. Les seuls qui me viennent sont ceux de Trintignant lors de l’enterrement de sa fille Marie : Ne pleure pas de l’avoir perdue, mais réjouis-toi de l’avoir connue. 

Marie-Céline Nivière
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