Vincent Olinet © Edouard Richard / MAIF

Vincent Olinet, l’art des tartines

Au MAIF Social Club, dans le cadre de l’exposition, Matières à mijoter, Vincent Olinet, diplômé avec félicitations de l’École Nationale des Beaux-Arts de Lyon en 2005 et lauréat 2015 du prix de la Biennale d’Ube au Japon, présente deux de ses créations, où il réalise des tranches de pain en résine polyuréthane de toutes les couleurs et s’en sert d’objets de déco, d’élément architectural. Fait à la main chaque pièce de Commensalisme, titres des œuvres, est unique. Rencontre.

Comment définiriez-vous votre art ?

Commensalisme de Vincent Olinet. Matières à Mijoter. MAIF Social Club. © Edouard Richard / MAIF

Vincent Olinet : Je définis mon art comme de la sculpture, mais ce sont avant tout des images que je fabrique, même si celles-ci prennent forme dans l’espace et en volume.
À mes yeux, l’image d’une œuvre est tout aussi importante que sa présence dans l’espace d’exposition, surtout à l’ère où les images véhiculent de plus en plus, même si l’expérience physique de l’œuvre reste primordiale.
J’aime réutiliser des images connues de tous, sorties de l’inconscient collectif, pour invoquer ce que chacun connaît et partir de cette base commune pour inventer de nouveaux usages, de nouvelles formes.

En quoi l’alimentation et ce qui en découle, vous a inspiré ?

Vincent Olinet : Nous avons un rapport direct à la nourriture, elle attire où elle dégoûte, et c’est cette interaction avec le ventre plutôt qu’à la tête qui crée une discussion directe avec l’œuvre.

Que représente votre œuvre ?

Vincent Olinet : Commensalisme est une œuvre utilisant la tranche de pain comme une étagère ou un élément de tuilage, elle devient architecturale. Cet usage au-delà de la réalité de l’objet est le propre de l’Art, dépasser ce qui est pour envisager un nouveau rapport à l’objet et à ce que nous en connaissons.

Pourquoi avoir choisi des tartines comme symboles alimentaires ?

Vincent Olinet : Pour leur simplicité et leur universalité.

Très visuel, très coloré, votre œuvre interpelle. Que souhaitez-vous qu’en retirent les visiteurs ?

Commensalisme de Vincent Olinet. Matières à Mijoter. MAIF Social Club. © Edouard Richard / MAIF

Vincent Olinet : La même relation et impression que j’en retire, une attraction mélangée de répulsion, une réflexion autour du faux et de notre rapport à la séduction des objets.

Est-ce important pour vous d’aborder cette thématique autour de la nourriture, du mieux manger ?

Vincent Olinet : Dans le sens ou la nourriture est universelle et devient primordiale, car instinctive, l’idée de la nourriture devient un médium à part entière que j’aime réutiliser et transformer dans mon œuvre.
Je n’utilise pas la nourriture en tant que telle, mais son image, et je ne pose pas la question du mieux manger, mais simplement le désir et la nécessité de manger.

Avez-vous d’autres expositions à venir ?

Vincent Olinet : Plusieurs projets en cours pour l’année prochaine, au Québec et à Nantes entre autres, mais aussi en ce moment une exposition à Amsterdam jusqu’à fin janvier avec un lit à baldaquin qui flotte sur l’eau.

Olivier Frégaville-Gratian d’Amore

Matières à mijoter
MAIF Social Club
37 rue de Turenne
75003 Paris

Crédit photos © Edouard Richard/ MAIF

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