La lumineuse étoile de Pierre Cassignard s’est tristement éteinte

Ce 20 décembre 2021, le comédien Pierre Cassignard est mort. Ce sont les larmes aux yeux et le cœur déchiré que nous disons à cet éternel jeune homme de 56 ans combien il va nous manquer.

Depuis que la triste nouvelle est tombée sur les réseaux sociaux, les posts ne cessent de défiler, venant de toute la profession. Comme l’a dit un ami, tout le métier parle d’une seule voix… Son charme, sa gentillesse, sa classe, son humour vont laisser un affreux et accablant vide. Il était notre Pierrot lunaire et solaire ! Il était un immense comédien, mais il était avant tout un homme exceptionnel. Tous ceux qui ont croisé sa route le savent. 

Une charmante rencontre

Pierre Cassignard ©DR

Aujourd’hui, je t’écris ces mots pour te dire combien je t’ai aimé. Ah comme tes éclats de rire, tes grands mouvements de bras vont me manquer ! La première fois que je t’ai vu sur scène, c’était dans Les Jumeaux Vénitiens de Goldoni, mis en scène par Gildas Bourdet à l’Eldorado. Tu m’avais ébloui par ta faconde, ta légèreté, ton aisance et ton charme. Et mon cœur de midinette avait totalement fondu. Puis, il y a eu Bel Amide Pierre Laville d’après Maupassant. Il t’allait si bien ce rôle de jeune premier. Alors là, on m’avait perdu ! L’histoire, tu la connais, et cela te faisait rire ! On se croisait alors,on se parlait poliment avec retenue et respect.

Une douce amitié

Notre véritable et profonde rencontre a eu lieu en 1999, lorsque tu jouais dans la pièce de Joe PenhallDe si bons amis, mis en scène par Stephan Meldegg. Tu partageais l’affiche avec Samuel Labarthe et Hélène Médigue. Bon, tu as vite compris que mon cœur de midinette allait pencher pour le beau Samuel ! Mais tu t’en moquais, comme ton personnage, tu aimais l’idée d’être le bon ami ! Je me souviens de ma remontée à vélo de la rue Notre Dame de Lorette, passant devant le bar-tabac qui n’existe plus et où bien installés en terrasse, vous m’aviez applaudie. C’est comme ça que nous avons fait plus ample connaissance. Vous étiez timides, j’étais le Pariscope ! J’étais timide, vous étiez de grands acteurs en devenir. Pierrot, tu adorais me rappeler cet instant. On débutait et l’avenir était devant nous ! Et c’est ainsi que nous avons lié connaissance, devenant camarade de combat théâtral. On se croisait, devisant sur les dernières pièces à voir et à ne pas voir. Riant, c’est ça surtout, riant de tout de rien. Comme j’aimais ces moments où nos chemins se croisaient.

Un immense comédien

Pierre Cassignard affiche de Darius

Je ne vais pas faire la longue et belle liste de tes prestations théâtrales ! Je n’en ai manqué aucune ou presque. Car à chaque fois, tu me surprenais, me régalais. Fan, quand on est fan ! Tout était juste dans tes interprétations, dans ta manière de bouger sur scène, tes silences, tes ruptures, ta sincérité. Comment ne pas oublier une de tes dernières prestations dans Darius de Jean-Benoit Paricot, mise en scène par Anne Bouvier, avec Clémentine Célarié. Tu y étais si bouleversant de justesse et de générosité. Tu t’inquiétais pour moi, parce que Pariscope, c’était terminé. Et je t’avais rassuré que la vie continuait.

Un dernier tour de piste

Pierre Cassignard affiche Montand

Et puis, arrive 2018, l’annonce que tu es en train de préparer un tour de chant sur Yves Montand. C’était pour toi, cette aventure ! Cela t’allait merveilleusement. J’étais gourmande de vivre ce moment. Je t’avais envoyé un message ! Je n’étais alors plus critique et tu m’avais répondu : Mais tu auras ta place ! Le spectacle a tourné mais n’est pas arrivé à Paris. Puis, il y a eu la Covid et tout s’est arrêté. On ne s’est pas posé de question ! On a attendu !

Un acteur tout terrain

La télé t’aimait. Et tu y en as enchaîné des personnages, des gentils, des méchants, des innocents, des coupables. On t’y a vu, le 10 décembre, dans la nouvelle mouture années 1970 des Petits meurtres d’Agatha Christie. Tu y étais assassiné mais en pleine forme. D’où notre stupeur lorsque, le lendemain de ton anniversaire, la nouvelle est tombée. Tu n’es plus là ! On ne te verra plus ! Tu ne joueras jamais un vieillard ! Dommage, tu aurais été si bien dans ce rôle ! Tu ne feras pas à Paris ton tour de chant ! Mais tu vas surtout excessivement nous manquer. Alors Adieu l’artiste ! Adieu l’ami ! On t’aimera toujours !

Marie-Céline Nivière

Crédit photos © DR

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3 Comments

  1. Merci pour cet élégant hommage Madame Nivière. Je suis si triste de la disparition de Pierre Cassignard. Je n’aurais pas eu la chance de le voir sur scène et j’aurais moi aussi tellement aimé le découvrir dans des rôles de vieil homme… Tellement classe qu’il était …

  2. La tv pourrait lui rendre un hommage bien mérité. Les chaînes principales n’en ont même pas parlé.

  3. Très émouvant et mérité…..Quand on vous lit , on se sent proche de cet immense artiste qui faisait parti de nos vies…il avait tout pour lui et la vie a décidé….Très triste pour tous ceux qui l aimait et condoléances à ses proches.??

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