Giordano Bruno, en toute intimité à la Reine Blanche

Giordano Bruno, le souper des cendres - Laurent Vacher © Christophe Raynaud de Lage

Avec son spectacle, Giordano Bruno, le souper des cendresLaurent Vacher prolonge sa relation avec ce grand penseur du XVIe qui, mû par une intuition, bouleversa notre compréhension du monde et de ce qui l’entoure. « Un nombre infini de soleils existe, un nombre de terres tourne autour de ces Soleils, des êtres vivants habitent ces mondes », affirmait-il à une époque où cela était loin d’être une évidence. Il le paiera de sa vie, subissant les foudres et les tortures de l’Inquisition. En 2002, le metteur en scène avait réalisé un spectacle déambulatoire formidable, Giordano, des signes des temps, que nous avions vu lors d’une de ces reprises en 2009, à l’observatoire de Nice. Dans ce nouvel opus, inspiré des écrits de Giordano Bruno, ainsi que des minutes de son procès, Laurent Vacher ose l’intime. C’est comme si le penseur nous parlait, se dévoilant sans retenue et sans pudeur sur sa vie, ses amours, ses croyances, ses doutes et ses réflexions. Bien des choses entendues, dont son plaidoyer final, résonnent encore aujourd’hui. L’obscurantisme et le fanatisme ont la peau dure.

Utilisant le plateau nu comme un vaste champ à explorer, jouant sur les lumières, passant de l’éclat du soleil à la couleur blafarde de la lune, sa mise en scène est d’une délicate beauté scénique. Il a dirigé son grand complice, Benoît Di Marco avec la précision d’un astre tournant entre les méandres de la pensée et ses souvenirs de Giordano Bruno. Le comédien s’est emparé du texte avec la virtuosité qu’on lui connaît. Un contrebassiste l’accompagne autant de sa musique que de sa présence. Il est l’extérieur, l’être aimé, celui qui écoute, qui observe. Avec ce spectacle d’une belle qualité, Laurent Vachervoulait que la pensée de Giordano Bruno « devienne l’ambassadrice de nos rêves, de nos révoltes et d’insoumission. » C’est réussi !

Marie-Céline Nivière

Giordano Bruno, le souper des cendres
Théâtre de la Reine Blanche – Scène des Arts et des Sciences
2 passage Ruelle

75018 Paris
Du 20 novembre 2021 au 15 janvier 2022
Mardi, jeudi et samedi à 19h
Durée 1h10

D’après des textes de Giordano Bruno et les minutes de son procès
Adaptation et mise en scène de Laurent Vacher
Avec Benoît Di Marco, Clément Landais ou Philippe Thibault à la contrebasse.
Régie générale et son d’Olivier Fauvel.
Lumières de Victor Egea.
Composition musicale de Philippe Thibault et Clément Landais.

Crédit photos © Christophe Raynaud de Lage

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