Le jeu d’Anatole. Tom Jones. Stéphane Laporte. Hervé Lewandowski. Gaétan Borg. Arthur Schnitzler © Noémie Kadaner

L’autre Ronde de Schnitzler joliment adaptée par Stéphane Laporte

Le jeu d’Anatole, ou les manèges de l’amour, adapté de The Game of Love de Tom Jones par Stéphane Laporte, nous entraîne dans un tourbillon rythmé par Offenbach et inspiré par Schnitzler. Conduite par le metteur en scène Hervé Lewandowski, cette ronde est menée par l’épatant Gaétan Borg. 

Quel plaisir de retrouver sur scène ce musical adapté fort subtilement par Stéphane Laporte. Nous l’avions découvert en 2006, sous le titre d’Amour et d’Offenbach, au Théâtre 14, dans la mise en scène de Jean-Luc Revol, avec Manon LandowskiGilles VajouRaymond Acquaviva et un tout jeune acteur nommé Hervé Lewandowski. Et c’est ce dernier qui a eu cette excellente idée de remonter ce petit bijou crée en 1957 par Tom Jones, l’auteur entre autres de I do ! I do !

Une ronde amoureuse 

Le jeu d’Anatole. Tom Jones. Stéphane Laporte. Hervé Lewandowski. Gaétan Borg. Arthur Schnitzler © Noémie Kadaner

L’histoire est tirée d’une pièce dArthur Schnitzler, Anatole. Conçu comme La Ronde, ce texte met en scène un homme à femmes qui aime les jeux de l’amour et ceux du hasard. Nous le suivons sur cinq périodes de sa vie amoureuse dans une Vienne intemporelle. Pour la musique, Tom Jones est allé chercher chez le maître incontesté de ces ritournelles qui vous entête dès la première mesure, Offenbach. Joués ici en direct par le pianiste Sébastien Ménard, les airs de ce compositeur, comme La vie parisienneLa Baccarolle ou La Péricole, épousent bien les joies et les peines de cœur ! 

Une mise en scène tout en subtilité 

La mise en scène d’Hervé Lewandoski est formidable. Avec lui, cette œuvre prend des aspects qui font songer aux films de Capra ! Il fait défiler le temps au fur et à mesure qu’il passe pour Anatole. Le premier tableau se déroule dans la Vienne de l’avant-Guerre, la première bien sûr, puis se promène dans l’entre deux, puis les années 1950 pour finir en 1970. C’est finement croqué. Le seul qui demeure immuable dans cette ronde des époques est l’ami Max qui ne se dépare jamais de son haut-de-forme et sa queue-de-pie. 

Une troupe tout en complicité

Le jeu d’Anatole. Tom Jones. Stéphane Laporte. Hervé Lewandowski. Gaétan Borg. Arthur Schnitzler © Noémie Kadaner

Max est le Jiminy Cricket d’Anatole. Celui sur qui l’on peut toujours compter pour les mises en garde, les bonnes soirées et grâce auquel on peut se défiler. Avec sa barbe rousse, sa silhouette filiforme, ses regards empreints de tendresse, Yann Sebile est formidable dans ce rôle. Pour incarner les femmes d’Anatole, une seule comédienne ! Normal, puisque Anatole recherche la femme idéale qu’elle ait un seul et unique visage. S’emparant des divers traits de caractère de ces dames, Mélodie Molinaro est pleine de vie et de charme. Et parce qu’il est nécessaire à l’action, n’oublions pas de citer Guillaume Sorel, dans toute une galerie de petits personnages.

Gaétan Borg, épatant Anatole

Et Anatole ? Comment est-il ? Craquant à souhait et l’on comprend qu’il puisse faire tourner les têtes et chavirer les cœurs. Gaétan Borg a l’élégance, la tenue et le racé des grands séducteurs, comme Cary GrantClark Gable, mâtiné d’un James Steward et du côté des Français d’un Jean-Claude PascalBorg est irrésistible dans ce personnage touchant qui dans sa course après l’amour passe à côté du bonheur. Mais nous, grâce à ce beau spectacle, on nage en plein dedans !

Marie-Céline Nivière

Le jeu d’Anatole ou les manèges de l’amour, livret et parole de Tom Jones
Lucernaire
53, rue Notre-Dame-des-Champs

75006 Paris
Du 13 octobre au 28 novembre
Du mardi au samedi à 20h, matinée le dimanche à 16h ou 17h
Durée 1h20

Musique de Jacques Offenbach 
Arrangements et musiques additionnelles de Nancy Ford 
d’après la pièce Anatole d’Arthur Schnitzler
Adaptation de Stéphane Laporte
Mise en scène d’Hervé Lewandowski
Avec Gaétan Borg, Mélodie Molinaro, Yann Sebile, Guillaume Sorel, Sébastien Ménard ou Jonathan Goyvaert (piano)
Direction musicale de Sébastien Ménard
Création sonore de Geoffrey Bouthors
Lumières de Denis Koranski
Costumes de Julia Allègre

Scénographie de Natacha Markoff

Crédit photos © Noémie Kadaner

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