Christine Murillo ©DR

Christine Murillo, la divine impétueuse

La carrière théâtrale de Christine Murillo a été auréolée de quatre Molières, dont le dernier en date lui fut décerné pour sa remarquable et joyeuse interprétation de la mère dans La Mouche, pièce librement inspiré de la nouvelle de George Langelaan. À l’occasion de la reprise aux Bouffes du Nord, de ce spectacle épatant, concocté par Valérie Lesort et Christian Hecq, nous avons interrogé cette grande dame du théâtre sur ce métier qu’elle sert si divinement.

Murillo Molières 2020 © France télévisions

Quel est votre premier souvenir d’art vivant ? 
Robert Hirsch dans Les Trente Millions de Gladiator d’Eugène Labiche à la Comédie-Française. Je l’entends encore chanter dans ma tête. À moins que ce ne soit lui encore dans Sosie… : « Madaaaaaaame… »…

Quel a été le déclencheur qui vous a donné envie d’embrasser une carrière dans le secteur de l’art vivant ? 
La Danse.

Qu’est-ce qui a fait que vous avez choisi d’être comédienne ? 
Je me souviens du jour où, pendant un concours blanc de prépa véto, je me suis levée et je suis allée voir mon professeur de bio, Monsieur Maligot, pour lui dire que je ne voulais plus faire ce métier. Ça a été le déclenchement. Je dois détenir le record de la plus mauvaise note au vrai concours qui a suivi.

Le premier spectacle auquel vous avez participé et quel souvenir en retenez-vous ? 
Bacteries Blues au café-théâtre Le Fanal, engagée par mon professeur Jean Périmony. Quelle confiance ! Merci encore de tout mon cœur, Péri !

La mouche d'après Langelaan. Mise en scène Valérie Lesort et Christian Hecq © Fabrice Robin

Votre plus grand coup de cœur scénique ? 
Aujourd’hui, je dirais La Danse du Diable de Philippe Caubère, à la Renaissance. Mais hier, j’aurais pu dire Jean-Luc Boutté et Catherine Salviat dans Ondine. Et demain, Zouc…

Quelles sont vos plus belles rencontres ? 
Ma sœur Catherine Salviat.

En quoi votre métier est essentiel à votre équilibre ? 
Aucune idée. Jamais réfléchis à ça.

Qu’est-ce qui vous inspire ? 
Le texte, le texte, le texte. Le metteur en scène, le metteur en scène, le metteur en scène. Les partenaires, les partenaires, les partenaires.

De quel ordre est votre rapport à la scène ? 
Je me sens chez moi.

Catherine Salviat, sœur de Christine Murillo © DR

À quel endroit de votre chair, de votre corps, situez-vous votre désir de faire votre métier ? 
Aucune envie de le savoir.

Avec quels autres artistes aimeriez-vous travailler ? 
Ceux qui, comme pour Nesquik, en ont une énoooorme envie.

À quel projet fou aimeriez-vous participer ? 
J’aime les surprises. La dernière en date : un jour je reçois un coup de fil de Christian Hecq et Valérie Lesort pour La Mouche, et au téléphone, j’ai accepté sur le champ. Le texte n’était pas encore écrit. Quoi de plus fou ? Je danse encore de joie aujourd’hui.

Si votre vie était une œuvre, quelle serait-elle ? 
Je n’ai pas de titre. J’ai une citation :« Toute ma vie est là ». Cyrano. Acte V.

Marie-Céline Nivière

La Mouche, librement inspiré de la nouvelle de George Langelaan
Théâtre des Bouffes du Nord
37 bis Boulevard de la Chapelle
75010 Paris
Du 7 au 25 septembre 2021
Du mardi au samedi à 20h30 et en matinée dimanche à 16h et le samedi 25 à 15h30
Durée 1h30

Crédit photos © DR et © Fabrice Robin

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