Jamais labour n’est trop profond de Thomas Scimeca, Anne-Élodie Sorlin & Maxence Tual Festival Paris l’été © Ph. Lebruman

Le joyeux bordel de Scimeca, Sorlin et Tual

Jamais labour n’est trop profond de Thomas Scimeca, Anne-Élodie Sorlin & Maxence Tual
Festival Paris l’été
© Ph. Lebruman

Au théâtre Paris Villette, dans le cadre du Festival Paris l’été, ils étaient une fois, trois amis, trois anciens Chiens de Navarre qui rêvaient de monter un spectacle foutraque, sans queue ni tête, en temps de crise. Unissant leurs Plumes mordantes, leurs esprits acérés, leurs humours « pipi-caca », Thomas ScimecaAnne-Elodie Sorlin et Maxence Tual signent un show caustique, une performance borderline et outrancière à souhait, sur le temps présent, sur l’urgence climatique, sur la « boboïsation » de nos sociétés, histoire d’avoir bonne conscience environnementale. 

Toilettes à la sèche à vue, « merdoduc » et machine capable de transformer les selles en électricité, en eau recyclée, comme unique décor, le trio d’artistes ne lésine pas sur les références scatophiles, sur les harangues « punchline » aux politiques, n’hésitant pas à les descendre de leur piédestal, à rappeler qu’ils sont comme nous juste humains. Un brin moqueurs, imperceptiblement poétiques, profondément mélancoliques, Thomas ScimecaAnne-Elodie Sorlin et Maxence Tual s’amusent sans limites, lâchent la bride à la bien-pensance et invitent les spectateurs à entrer dans un monde qui marche sur la tête. 

On rit, le plus souvent, de bon cœur à leurs facéties, à leurs boutades, à leurs pantomimes, mais parfois l’hilarité vire au jaune, à l’absurde. Passant du cynisme à l’allégresse, en un clin d’œil, les trois artistes, accompagnés au plateau de l’épatante Leslie Bernard, souffle le chaud et le froid sur la scéne, de quoi perdre la tête. Les chiens ne faisant pas des chats, Thomas ScimecaAnne-Elodie Sorlin et Maxence Tual sont les dignes héritiers de Jean-Christophe Meurisse. Ils savent aborder sans pincettes et avec beaucoup de dérision et de burlesque des sujets délicats. Une expérience déconcertante qui divise aux entournures, mais qu’il serait dommage de ne pas tenter ! Après tout, la folie des temps vaut bien quelques digressions, quelques folles embardées. Un monde qui sortirait du nucléaire en traitant ses excréments, ne transformerait-il pas les cauchemars survivalistes en rêves débridés…

Olivier Frégaville-Gratian d’Amore

Jamais labour n’est trop profond de Thomas Scimeca, Anne-Élodie Sorlin & Maxence Tual
Festival Paris l’été
Théâtre Paris-Villette
211 Avenue Jean Jaurès
75019 Paris
Jusqu’au 31 juillet 2021 à 20h
Durée 1h15

avec Leslie Bernard, Thomas Scimeca, Anne-Elodie Sorlin & Maxence Tual
direction technique de Nicolas Barrot
création lumière de Bruno Marsol

créateur sonore d’Isabelle Fuchs
scénographie de Constance Arizzoli

Crédit photos © Ph. Lebruman 

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