Claire Ingrid Cottanceau© Félicien Cottanceau

Claire Ingrid Cottanceau, l’ange collaboratrice de Stanislas Nordey

Artiste plasticienne, metteuse en scène et performeuse, Claire Ingrid Cottanceau mène de front ses propres projets à la confluence des arts vivants tout en collaborant avec Stanislas Nordey depuis 2006. Travaillant au TNS sur les créations de Berlin mon garçon de Marie NDiaye et de Au bord de Claudine Galea, elle espère pouvoir poursuivre la tournée de Rothko, untitled#2 avec Olivier Mellano, objet visible et sensible créé en février 2020 au TNB.

Qui a tué mon père d'Edouard Louis. Stanislas Nordey. © Jean-Louis Fernandez

Quel est votre premier souvenir d’art vivant?
Mon premier souvenir est un spectacle dont j’ai oublié le nom, mais je sais que c’était un spectacle de Georges Lavaudant. J’y suis allée avec mon collège de l’époque. Je devais donc avoir 13 ou 14 ans.
Je savais déjà que le plateau allait être mon espace de vie, sans rien en connaître véritablement. Ce spectacle m’a certainement conforté dans mes intuitions. Ce qui m’a frappé à l’époque étaient les lumières, l’architecture des corps dans l’espace, les changements à vue qui donnait à voir les qualités de corps différents. La fable, le texte n’était pas au premier plan, mais bien la machinerie, tout ce qui fait théâtre et illusion.

Quel a été le déclencheur qui vous a donné envie d’embrasser une carrière dans le secteur de l’art vivant ?
La question de la vérité. « La parole familiale » étant complexe, mon obsession enfant était de découvrir la vérité des mots, des relations, et il m’a semblé très tôt que seul l’art vivant pouvait y répondre.

Qu’est ce qui a fait que vous avez choisi d’être artiste plurielle ?
Je me présente aujourd’hui hui comme artiste – artiste comprenant mes endroits de travail et de recherche en tant qu’ actrice-performeuse, metteuse en scène, plasticienne et collaboratrice artistique de Stanislas Nordey. Les rencontres et la nécessité à ouvrir des champs de recherche m’ont conduit à cet ensemble d’écriture. Chaque espace de travail contient le tout. Chaque espace de travail révèle l’amplitude des écritures.

Au bord de Claudine Galea. Stanislas Nordey. © Jean-Louis Fernandez

Le premier spectacle auquel vous avez participé et quel souvenir en retenez-vous ?
Le premier spectacle professionnel auquel j’ai participé était Celle dans l‘ombre de Marie-Louise Fleisser, mise en scène par le théâtre de la Chrysalide à Lyon dirigé par Daniel Pouthier et Françoise Coupat. Le spectacle se composait de 3 monologues incarnant Marie Louise Fleisser (maitresse de Bertolt Brecht). J’étais la Fleisser jeune (j’avais 17 ans). C’est un merveilleux souvenir. J’ai eu la chance de partager ce travail avec ces deux metteurs en scène, des vrais chercheurs à l’époque et de partager le plateau avec Frederic Leidgens (que je retrouve encore souvent aujourd’hui IMMENSE ACTEUR) et Françoise Coupat.
Beaucoup d’images sont encore présentes en moi, mais je citerai celle de la visite de Daniel Emilfork et ses conseils. Une vraie leçon de vie.

Votre plus grand coup de cœur scénique ?
incontestablement Pina Bausch.

Quelles sont vos plus belles rencontres ?
La plus belle rencontre c’est celle avec Stanislas Nordey, tant artistiquement qu’humainement. Et puis bien sûr Antoine Vitez qui a été mon maître à l’école de Chaillot.
mais il y a aussi Matthias Langhoff, Jean Luc Nancy, Szusza hantai, Olivier Mellano, Kari et Suzanna, Marguerite Duras, et mon fils ! Felicien Cottanceau… Et d’autres encore acteurs artistes chercheurs…la liste est longue.

En quoi votre métier est essentiel à votre équilibre ?
Je ne considère pas avoir un « métier », mais plutôt un art de vivre singulier. Chercher est une nécessité, une visée contre la disparition.

Qu’est-ce qui vous inspire ?
La nature, la marche, la lumière, les ciels, mes fantômes- mes disparus, Bach, la vie toute entière.

Rothko Untilted#2 © Félicien Cottanceau

De quel ordre est votre rapport à la scène ?
Le plateau est pour moi un grand atelier pour réfléchir au monde. Un lieu de recherche, un espace poétique et par la poétique politique. La scène s’étend pour moi aux espace naturels, elle est pour moi le trou noir, l’espace mental qui permet le vivant.

À quel endroit de votre chair, de votre corps situez-vous votre désir de faire votre métier ?
Les yeux, le regard, l’ouïe, la peau, la texture de la voix, le silence.

Avec quels autres artistes aimeriez-vous travailler ?
Je ne sais pas… les plus vieux, les plus jeunes… toutes disciplines confondues.

À quel projet fou aimeriez-vous participé ?
Ceux que je ne connais pas encore.

Si votre vie était une œuvre, qu’elle serait-elle ?
Aujourd’hui, Une peinture de Mark Rothko demain je ne sais pas.

Olivier Fregaville-Gratian d’Amore

Au bord de Claudine Galea, autrice associée au TNS
Répétitions en mars 2021 au TNS
Reporté du 23 juin au 3 juillet 2021 

Qui a tué mon père d’Édouard Louis
la Colline – Théâtre national

Crédit Pottrait © Félicien Cottanceau
Crédit photos © Jean-Louis Fernandez et © Félicien Cottanceau

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