Kim Schwarck met des papilles dans nos yeux

La détonnante Kim Schwarck n’a pas son pareil pour mettre l’ambiance, attraper l’attention, séduire l’assistance de son humour décalé, ravageur. Après avoir enchanté les salles de Paris à Avignon, avec son seule-en-scène, Des Papilles dans le ventre, la comédienne répète avec Mikaeël Chirinian et Muriel Gaudin, Victoire, une pièce mise en scène par l’épatante Amandine Sroussi. Incapable de rester en place, la blonde pétillante, qui en a dans le ciboulot, s’apprête à enfourcher de tigre pour nous régaler de ces facéties et de sa présence irradiante.

Kim Schwarck © OFGDA

Quel est votre premier souvenir d’art vivant ? 
Des gros bonshommes géants gonflés à l’air qui flottent dans le ciel, je ne sais plus où, dans un champ ? Ou lors d’une fête champêtre ? Ils étaient immenses, flottants, à la fois beaux, impressionnants et effrayants. 

Quel a été le déclencheur qui vous a donné envie d’embrasser une carrière dans le secteur de l’art vivant ? 
Ma maman est chanteuse, mon papa comédien, alors toute mon enfance était une sorte de déclencheur, je le savais et le désirais au fond de moi depuis toujours : je ferai du théâtre.

Qu’est-ce qui a fait que vous avez choisi d’être comédienne ? 
Un peu tout ça : mon papa, ma maman, ma grande sœur qui jouait à la Comédie-Française, cet univers incroyable et fantastique du théâtre, la comédie, le drame… Jouer a toujours été passionnant pour moi, et fantasmagorique… Je rejouais mes dessins animés préférés dans le salon après dîner, je racontais des histoires drôles, j’en inventais, je rejouais les sketchs de mes idoles devant mes parents, ou avec mes copines, j’ai toujours aimé faire le clown.

 Le premier spectacle auquel vous avez participé et quel souvenir en retenez-vous ? 
C’était au collège, lorsque j’ai pris mes premiers cours de théâtre, mais je ne me rappelle plus la pièce, alors le souvenir que j’en retiens : beaucoup d’excitation, des costumes un peu ringards, une scène surélevée, du public, mes parents, et l’adrénaline

Des papilles dans le ventre de Kim Schwarck © Svend Andersen.

Votre plus grand coup de cœur scénique ? 
Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand à la comédie-Française, joué par Michel Vuillermoz, j’en garde un souvenir extraordinaire. Et L’île flottante d’Alfredo Arias à Chaillot, un monologue extraordinaire qui se termine par la dégustation sur scène d’une soupe de maïs à la crème cuisinée pendant la pièce, une délicieuse expérience 

Quelles sont vos plus belles rencontres ? 
Ma première prof de théâtre à Paris, Hélène Hily, qui m’a tant appris, m’a portée, soutenue, et encouragée à me jeter dans cette jungle du monde du théâtre.
Ma plus belle aventure, à ce jour, c’est mon seule en scène, Des papilles dans le ventre que j’ai écrit et joué pendant 3 ans, c’était la plus émouvante, excitante, épatante, mais aussi la plus éprouvante expérience de ma (jeune) vie de comédienne, alors toutes les rencontres que j’ai pu faire grâce à ce spectacle sont parmi les plus belles ! Tout particulièrement Pierre Notte, à qui je dois tant, qui m’a enveloppée de toute sa tendresse, sa bienveillance, et sans qui l’aventure n’aurait pas eu la même saveur.
Et le théâtre des Béliers, bien sûr, ma bergerie.

En quoi votre métier est essentiel à votre équilibre ?
Jouer, pour moi, est aussi essentiel que manger, boire, dormir, respirer… C’est un métier passion, une raison d’être, de vivre, d’exister… Sans ce métier, je n’ai plus d’équilibre, car je ne suis plus vraiment moi, je ne suis plus entière, dépassionnée et désœuvrée.

Qu’est-ce qui vous inspire ? 
Absolument tout. Le quotidien, la vie, l’amour, la fête et les gens, mon enfant, mon amoureux, ma famille, la musique, le cinéma, le théâtre et les arts en général, la nature, la faune, la flore, et cuisiner, chanter, manger, danser, rire, chaque jour est une source d’inspiration

Les couteaux dans le dos de Pierre Notte © iFou pour le Pole Média

De quel ordre est votre rapport à la scène ? 
Très excitant, exaltant, enivrant, vital, tellement grisant, euphorisant, et tant d’adjectifs ! 

À quel endroit de votre chair, de votre corps situez-vous votre désir de faire votre métier ? 
Dans mon ventre et dans mon cœur, dans le ventre le trac, le stress, l’angoisse, l’adrénaline et dans le cœur toutes les émotions 

Avec quels autres artistes aimeriez-vous travailler ? 
J’adore les artistes, les compagnies, la création, et découvrir de nouveaux univers, j’adore intégrer une nouvelle troupe et travailler selon leurs habitudes, on apprend énormément, c’est très enrichissant…
Il n’y a pas vraiment d’artiste en particulier avec qui j’aimerais travailler… J’ai envie de travailler avec des artistes que j’admire et qui m’aiment, et inventer, chercher, créer ensemble et jouer. 
En fait, ma réponse est un peu biaisée, car depuis un an, j’ai surtout envie de travailler, tout court.

À quel projet fou aimeriez-vous participer ? 
Une pièce qui durerait des heures (j’ai vu Peer Gynt, d’Ibsen au Grand Palais, joué par la Comédie-Française, ça durait plus de 5h c’était extraordinaire.) un opéra, un festival où l’on jouerait non-stop !
La scène me maque terriblement, je crois que ça se ressent un peu… haha

Des papilles dans le ventre de Kim Schwarck © Svend Andersen.

Si votre vie était une œuvre, qu’elle, serait-elle ? 
Oh la la, ça c’est trop difficile de choisir…
Et notre vie rêvée ou la vie réelle ? 
Ma vie pourrait être représentée par une Nana de Niki de Saint Phalle, haute en couleur. 
Et si je fantasme un peu, je dirais Les 4 saisons de Vivaldi, un BD de Fabcaro, un album de Bowie, de Michael Jackson, ou de Queen, un film de Xavier Dolan (ou de Christopher Nolan), un opéra époustouflant, un tableau de Van Gogh, Norma chanté par Maria Callas, une sonate de Chopin. 

Olivier Frégaville-Gratian d’Amore

Les couteaux dans le dos de Pierre Notte
Les déchargeurs 

Crédit photos © OFGDA, © Sven Andersen et © IFou pour pôle média

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