Wilder Shores de Michèle Murray. Montpellier Danse. © Julien Reyes

Michèle Murray en écho à Bagouet à Montpellier danse

Dans sa dernière pièce, la Montpelliéraine Michèle Murray n’a jamais été aussi près de la danse de Dominique Bagouet. Présentée dans le cadre de Montpellier Danse, le lendemain de la recréation de So SchnellWilder Shores a tout de la petite cousine éloignée. Troublante similitude ! 

Un simple mur de pierres jaunes sépare le studio Cunningham du théâtre de l’Agora. Alors que la veille, Catherine Legrand donnait un nouveau souffle de vie à l’écriture de Dominique Bagouet, Michèle Murray explore à sa manière les chemins chorégraphiques entre abstraction et besoin d’ancrer sa danse, ses gestes dans un récit plus concret. S’inspirant de The wilder shores of love (les rives plus sauvages de l’amour), une œuvre du peintre américain Cy Twombly, l’artiste montpelliéraine trace sa route étirant le temps, multipliant les mouvements décalés, les gestes itératifs, portée par la musique Gérome Nox

Une écriture singulière
Wilder Shores de Michèle Murray. Montpellier Danse. © Julien Reyes

Costumes noirs contrastant avec le sol blanc, immaculé, les sept danseurs envahissent l’espace. Entrant l’un après l’autre, disparaissant à l’envi, revenant hantés les lieux, ils ne tiennent pas en place. Solo, pas de deux, chacun suit sa propre partition. Les corps se jaugent, se cherchent puis s’ignorent. L’écriture de Michèle Murray n’a rien de linéaire. Elle est faite d’une multitude de mots reliés entre eux par une grammaire stricte. Formée au travail de Merce Cunningham, elle aime le geste pour le geste. Elle enchaîne les mouvements, quitte parfois à déborder. Sa prose chorégraphique bien que formelle, se fait foisonnante. 

Jeu de lumières

Nimbant l’espace vide de lumières vives, tout comme Begoña Garcia Navas le fait sur So Schnell, la chorégraphe montpelliéraine, avec la collaboration de Catherine Noden, met en exergue le corps de ses danseurs, l’énergie qu’ils déploient pour habiter l’espace et donner vie à ces rivages imaginaires à la frontière entre rêves et réalité. Avec Wilder ShoresMichèle Murray signe une pièce plus complexe qu’il n’y parait. Toutefois, elle manque encore de polissage, de pratique, pour totalement emporter, séduire. Un spectacle en devenir !

Olivier Frégaville-Gratian d’Amore – Envoyé spécial à Montpellier

Wilder Shores de Michèle Murray
Montpellier Danse
Agora – Studio Cunningham
18 rue des Ursulines
34000 Montpellier
jusqu’au 23 setpembre 2020
Durée 1h00 environ

Direction artistique, chorégraphie et Michèle Murray
Collaboration artistique – Maya Brosch
Musique de Gerome Nox
Lumière de Catherine Noden
Création et interprétation – Alexandre Bachelard, Elodie Fuster Puig, Rebecca Journo, Marie Leca, Félix Maurin, Baptiste Ménard

Crédit photos © Julien Reyes

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