Le Roi Arthur, de la légende mystique au théâtre de capes et d’épées

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Au théâtre de l’Epée de bois, Jean-Philippe Bêche adapte la légende du Roi Arthur

Rêve de gamin, le mythe du Roi Arthur et des chevaliers de la table ronde fait partie de ces épopées médiévales qui développent le sens de l’imaginaire et de la fantaisie. C’est d’ailleurs ainsi que Jean-Philippe Bêche s’empare de cette tragédie familiale, homérique, pour la transposer au théâtre en un divertissement honorable sans prétention qui touche nos âmes d’enfant.

Dans un décor brut, dépouillé, qui laisse à découvert les magnifiques pierres des murs de la grande salle du théâtre de l’épée de bois, une ombre noire hante la scène avant de s’installer en tailleur en son centre, de s’ancrer dans le sol. Cet homme, c’est Merlin (énigmatique Jérôme Keen), l’enchanteur, le faiseur de roi. Chacun de ses gestes est souligné par les percussions délicates d’Aidje Tafial, qui se feront explosives dans la suite du spectacle, ce qui donne à l’étrange rituel des airs de féeries mystiques. Le ton est donné. L’épopée légendaire peut commencer.

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Le Roi Arthur (Jean-Philippe Bêche), manipulé par Merlin (Jérôme Keen), pour le pouvoir et l’avenir radieux de la Bretagne © Cédric Vasnier

Dans un va-et-vient incessant entre le plateau et les coulisses, les protagonistes de cette histoire de pouvoir, de famille et d’amour entraînent les spectateurs dans un ballet épique, une danse fantasmagorique où les chevaliers armés de lourdes épées, les reines légendaires, les magiciens et les sorcières se côtoient, se confrontent et s’affrontent. S’en rien omettre des traîtrises des uns, des manipulations des autres, Jean-Philippe Bêche invite à plonger au cœur d’une Bretagne médiévale fantasmagorique, sanguinaire et violente. Sur la lande qui longe la mythique forêt de Brocéliande : la vengeance est un plat qui se savoure ; la femme, un objet de désir qui tente tant bien que mal de s’émanciper ; l’homme, un guerrier loyal, brutal parfois, mais qui sait pardonner à ceux qui l’ont trahi ; la passion, une addiction dévorante qui fait oublier tous les serments.

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Le roi et ses chevaliers autour de la table ronde © Cédric Vasnier

Tous les ingrédients d’un divertissement romanesque sont réunis. Pourtant, malgré l’ambiance vaporeuse que crée les belles lumières d’Hugo Oudin, les sonorités inspirées d’Aidje Tafial, il manque à l’ensemble un souffle onirique pour emporter le spectateur. La mise en scène, trop convenue, trop statique, que seuls les combats réglés par le maître d’armes, François Rostain, relève, une distribution par trop disparate, une écriture certes vivante, mais que les dialogues amoureux, un brin mièvre, viennent alourdir, y sont certainement pour beaucoup.

Toutefois, le spectacle tient, dans les grandes lignes, ses promesses en ramenant le théâtre à son expression la plus simple, la plus épurée. Portés par les jeux fougueux et habités de Franck Monsigny et de Fabian Wolfrom, jeune comédien à suivre tant sa présence scénique est lumineuse, intense, ce show de capes et d’épées séduit les plus jeunes et rappellent aux adultes que malgré la morosité ambiante, il est beau de rêver, de se laisser emporter dans un monde de contes et de fées.

Par Olivier Frégaville-Gratian d’Amore

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Fabian Wolfrom est Mordred © Cédric Vasnier

Le Roi Arthur de Jean-Philippe Bêche
Théâtre de l’Epée de bois – salle de pierre
La Cartoucherie
Route du champ de manœuvre
75012 PARIS
Prolongations jusqu’au 14 octobre 2018
Du jeudi au samedi à 20h30, samedi et dimanche à 16h
Relâche les 27 septembre, 4 et 5 octobre 2018
Durée 2h environ

Mise en scène de Jean-Philippe Bêche assisté de Catherine Azzola
Avec Jean-Philippe Bêche, Antoine Bobbera, Lucas Gonzalez, Jérôme Keen, Erwan Zamor, Marianne Giraud-Martinez, Marie-Hélène Viau, Franck Monsigny, Morgan Cabot et Fabian Wolfrom
Percussion Aidje Tafial
Création des lumières Hugo Oudin
Maquillages et coiffures : Caroline Vlieghe
Costumes de Catherine Gorne Achdjian
Maître d’armes : François Rostain
Musique Daniel Scotto
Production : Compagnie du Rameau d’Or

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