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Ronit Elkabetz dans le procès de Viviane Amsalem ©Elzévir & co

Gett, Le procès de Viviane Amsalem de Ronit et Schlomi Elkabetz – divorce à l’israélienne

Affiche du film de Schlomi et Ronit Elkabetz ©Elzévir & co
Affiche du film de Schlomi et Ronit Elkabetz ©Elzévir & co

Dans l’intimité d’un couple qui se déchire en place publique, la fratrie Elkabetz signe un film qui oscille entre dureté, âpreté et humour… une réussite.

Le synopsis : Viviane Amsalem demande le divorce depuis trois ans, et son mari, Elisha, le lui refuse. Or en Israël, seuls les Rabbins peuvent prononcer un mariage et sa dissolution, qui n’est elle-même possible qu’avec le plein consentement du mari. Sa froide obstination, la détermination de Viviane de lutter pour sa liberté, et le rôle ambigu des juges dessinent les contours d’une procédure où le tragique le dispute à l’absurde, où l’on juge de tout, sauf de la requête initiale.

La critique : Dernier volet d’une trilogie commencée en 2004 avec Prendre Femme, ce nouvel opus de la fratrie Elkabetz décortique une nouvelle fois avec finesse le quotidien d’une famille israélienne. Cette fois, le torchon a définitivement brulé entre Viviane et son mari. Plus rien ne permet de les unir, le divorce semble la seule issue.

Pas si simple, nous sommes en Israël où les paradoxes constituent l’essence même du quotidien et où les archaïsmes religieux côtoient jusque dans les moindres recoins de la société la modernité la plus grande. Ainsi tout ce qui concerne l’individu est géré uniquement par les tribunaux rabbiniques. Une femme ne peut mettre fin à un désastreux mariage sans l’accord de son époux.

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Ronit Elkabetz dans le procès de Viviane Amsalem ©Elzévir & co

Afin de dénoncer l’absurdité de cette loi et le manque cruel d’indépendance et de liberté de la femme dans la société israélienne, qui ne peut vivre sans homme qu’il s’agisse du père, du frère ou du mari, Schlomi et Ronit Elkabetz mettent en scène un fascinant et épuré huis-clos : le procès de Viviane Amsalem. Pour en finir enfin avec une union imposée et vide de sens depuis des dizaines d’années, notre protagoniste n’a d’autre choix que d’assigner son mari en justice pour l’obliger à accepter le divorce. Parfaitement maitrisé et rythmé, ce long métrage sous tension nous tient en haleine jusqu’à la dernière seconde. Loin d’être sinistre et moralisateur, le procès de cette femme est tour a tour glaçant, ubuesque, drôle, tragique et comique.

Entourés d’une brochette de comédiens hauts en couleur et tous plus fascinants les uns que les autres, Ronit Elkabetz, toujours aussi troublante et charismatique, et Simon Abkarian, froid et distant, se déchirent avec brio dans une unité de lieu particulièrement austère où chacun va être poussé dans ses retranchements. Sans relâche malgré les rebuffades, les humiliations et l’attitude glaciale de son époux, Viviane, femme sublime abimée par la vie, va lutter pour sa liberté, se relever et aller au bout de son combat afin de survivre.

En filmant au plus près les états d’âme de ce couple, les deux réalisateurs signent une œuvre magistrale, qui s’inscrit dans une dimension plus générale : la condition des femmes dans un monde régi par les hommes.

Laissez vous surprendre par cette tragédie violente et drôle, et charmer par Ronit Elkabetz toujours plus envoûtante…

Réalisé par Schlomi et Ronit Elkabetz
Avec Ronit Elkabetz et Simon Abkarian

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1 Comment

  1. […] Ainsi, en 2014, la réalisatrice et son frère Shlomi clôturent la trilogie familiale avec Gett, le procès de Viviane Amsalem. Dans ce dernier opus, elle dénonce le manque cruel d’indépendance et de liberté de la femme […]

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