La très confidentielle collection Alana s’exhibe à Jacquemart-André

Conservée aux États-Unis, la collection privée Alana, certainement l’une des plus précieuses d’art pictural italien allant des primitifs au baroques en passant bien évidemment par la Renaissance, dévoile certains de ses chefs d’œuvre dans les étages du Musée Jacquemart-André. Une visite passionnante au cœur d’un secret trop longtemps caché. 

Or, rouge vif, bleu intense, rose clair se répondent et donnent naissance à des œuvres rares, que le public a rarement l’occasion de voir, d’admirer. Tantôt mettant en avant une personnalité religieuse, un événement marquant de la bible, un grand seigneur, un mécène, ou tout simplement une scène de vie, les 75 chefs-d’œuvre exposés sur les cintres du musée Jacquemart-André invitent à plonger au cœur de l’art pictural italien, de son histoire. De Fra Angelico à Lippi, en passant par Carpaccio, Véronèse ou Gentileschi, c’est un diaporama unique, une balade culturelle des primitifs italiens jusqu’aux£ premières œuvres du baroque. 

Tout sonne italien, même le nom de cette collection conservée actuellement aux États-Unis. Pourtant, les heureux propriétaires, milliardaires, sont originaires d’Amérique du Sud. C’est l’association de leurs deux prénoms, Álvaro et Ana, qui forme le patronyme Alana. Passionné d’art, et spécialiste plus particulièrement de la peinture italienne, le couple a su au fil du temps assembler un nombre impressionnant de tableaux et d’objets rares, qu’il accepte pour la première fois de présenter au public. Seul son intérêt pour le les lieux, encore imprégnés de l’esprit de leurs illustres propriétaires, Nélie Jacquemart et Édouard André, l’a décidé à prêter quelques mois ces pièces prestigieuses. 

Construite comme un dialogue entre la collection permanente et celle des Saieh-Gùzman, l’exposition se veut moins muséale, moins chronologique qu’émotionnelle. Imaginée comme une simple déambulation comme on le ferait dans un appartement bourgeois, elle laisse l’individu face à l’œuvre d’art.

Ainsi, bouleversé par le visage d’une vierge écoutant l’ange Gabriel lui annoncé qu’elle donnera naissance au fils de dieux peint par Lorenzo Monaco, subjugué par ce Saint-Jean l’évangéliste signé Filippo Lippi ou par cet ange rêveur imaginé par Véronèse, le spectateur se laisse emporter, perdre dans la beauté des drapés, la finesse des traits. Pas de panique, le songe n’est que visuel, graphique, des cartels permettent de se repérer au fil des époques, de passer d’une école à l’autre. 

Il n’y a donc pas une seconde à perdre. Foncez dans ce singulier et envoûtant musée qu’est Jacquemart-André et laissez-vous envahir par ces, œuvres si rares, si privées. 

Olivier Frégaville-Gratian d’Amore


La collection Alana, Chefs d’œuvre de la peinture italienne
Musée Jacquemart-André
158, boulevard Hausmann
75008 Paris
Jusqu’au 20 janvier 2019
du lundi au vendredi de 11h45 à 17h30 et à partir de 11h le samedi. 
Nocturnes jusqu’à 19h00 les lundis en période d’exposition. 

Crédit photos : 
1.Vittore Carpaccio, (Venise, 1465 – 1525/1526), Engelpietà, vers 1490
Technique mixte sur panneau, 32,2 x 53 cm, Collection Alana, Newark, DE, États-Unis, Photo : © Allison Chipak
2. Francesco Granacci (Villamagna 1469 – Florence 1543), Lamentation sur le Christ mort avec saint Jean-Baptiste et des fidèles, Huile sur panneau, 70,5 x 109,8 cm, Collection Alana, Newark, DE, États-Unis, Photo : © Allison Chipak
3. Fra Filippo Lippi, (Florence, vers 1406 – Spolète, 1469), Saint Jean l’Évangéliste, vers 1432-1434, Tempera et or sur panneau, 42,8 x 32 cm, Collection Alana, Newark, DE, États-Unis, Photo : © Allison Chipak

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