couv_JE PARLE A UN HOMME_Gamblin_coville_1HD©Yannick Perrin_@loeildoliv

Je parle à un homme…, Coup de foudre amical en eaux solitaires

C’est la rencontre de deux âmes, de deux hommes. L’un est comédien, l’autre et navigateur. L’un est habile avec les mots, l’autre plus réservé, plus à l’écoute. En décidant de dévoiler leur épistolaire histoire dans un spectacle poétique, d’une rare pudeur, Jacques Gamblin et Thomas Coville invite à plonger dans leur intimité amicale, fraternelle, presque amoureuse, faite de mails envoyés à la mer, de non-dits, de silences et de phrases simples qui en disent long sur leur complicité. Un bien singulier moment qui touche au cœur !

Début 2014, Thomas Coville se lance dans le pari fou de battre le record du tour du monde à la voile en multicoque. Il est confiant, il s’est préparé. Peu de temps avant son départ, il fait la rencontre de Jacques Gamblin. Leur nature prudente, attentive, le respect qu’ils ont l’un pour l’autre, feront le reste. Ils échangent leur mail. Commence alors entre ces deux loups solitaires, l’un sur les mers du monde entier, l’autre sur les planches des théâtres, une correspondance singulière, hors normes qui va chambouler leur vie et modifier leur perception du monde.

JEPARLE11_JACQUES_GAMBLIN_©nicolas_gerardin_@loeildoliv

C’est Jacques Gamblin, le premier, le narrateur de ce récit intime peu commun, qui fait le premier pas. Quelques mots timides envoyés, le jour du départ de Thomas Coville pour sa grande aventure, juste pour dire qu’il le soutient, qu’il est là à ses côtés. Pas de réponse, le comédien ne se décourage pas. Il se doute que, confronté aux éléments, le marin a bien d’autres choses à faire. Pas grave, il persiste. Le rituel s’installe. Tous les jours quasiment, il lui raconte sa vie et prend des nouvelles. Il imagine ce que l’autre ressent seul sur son bateau.

Un jour, Thomas Coville répond. Touché par l’intérêt de Jacques Gamblin, il lui dit en phrases concises, ô combien son soutien et précieux, ô combien ses messages quotidiens lui ont fait du bien. Enfin les deux paroles se libèrent, leurs cœurs s’ouvrent, chacun offrant son âme ,ses pensées à l’autre. Ainsi est née leur histoire unique, leur amitié troublante, platonique qui ici nous est contée par le biais ému du comédien. Si les mots nous attrapent, nous saisissent, c’est qu’ils sont simples, bruts sans fioritures. Flirtant avec le registre amoureux, le lien à distance qui unit ses deux êtres est d’une force rare, d’une puissance qui dépasse les préjugés, les interprétations hâtives.

JEPARLE5_JACQUES_GAMBLIN_©nicolas_gerardin_@loeildoliv

Porté par une scénographie sobre qui rappelle le monde marin, les tempêtes du large grâce à un immense écran vidéo qui sert de fond à la scène, Jacques Gamblin dévoile avec retenue un pan entier de sa vie, de son caractère, de sa personnalité. Craintif par fois, peur d’être intrusif, il se livre sans fard à son ami Thomas Coville, dont le portrait, l’humanité s’esquisse en creux.

Bouleversé par cette aventure réelle, cette union entre deux frères qui se sont choisis au-delà des liens du sang, le public se laisse emporter sur les flots, traverse les océans, les épreuves et après un premier échec, remporte aux côtés du navigateur la victoire, ce soir de noël 2016. Un trépidant seul en scène sur la beauté des rapports humains, sur le cœur des hommes !

Par Olivier Frégaville-Gratian d’Amore


AFF_je-parleq_1000_1000_gamblin_@loeildoliv

Je parle à un homme qui ne tient pas en place de Jacques Gamblin et Thomas Coville
Théâtre du Rond-Point
Salle Renaud-Barrault
2bis av Franklin D. Roosevelt
75008 Paris
du mercredi au dimanche à 18h30 et représentations supplémentaires les samedis à 15h
durée 1h30

Avec Jacques Gamblin
Collaboration à la mise en scène : Domitille Bioret
Collaboration artistique : Bastien Lefèvre, Françoise Lebeau, Pablo Tegli
Scénographie et vidéo de Pierre Nouvel
Son de Lucas Lelièvre
Lumières de Laurent Béal
Costumes de Marie Jagou
Régie générale et lumières : Éric Da Graça Neves
Régie son et vidéo : Antoine Prost

Crédit Photo © Yannick Perrin & © Nicolas Gerardin / Crédit illustration © Stéphane Trapier

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