Annie Cordy © Koch média

Annie Cordy, la divine étoile

Ce 4 septembre2020, Annie Cordy ne nous a pas fait rire. Meneuse de revue, comédienne, danseuse, chanteuse, la célèbre artiste belge vient de tirer sa révérence à l’âge de 92 ans. Gouailleuse, solaire et pétillante, elle est allé rejoindre ses amis au paradis des grandes vedettes.

N’ayons pas de honte de le dire, mais même à une époque où cela ne se faisait pas, j’admirais cette grande vedette. Petite, j’aimais l’imiter dans ces grands tubes, Tata YoyoLa bonne du curé et surtout La balade de Calamity. Même ado, en cachette des copains, je ne manquais jamais ses passages télévisés. Moi qui me rêvais comédienne et surtout dans le registre du comique je la regardais en me disant mais comment fait-elle ! Quel talent ! Quel sens de la fantaisie ! Et puis je lui trouvais un charme fou. Elle avait du chien comme l’on dit dans le métier.

Une comédienne lumineuse
Annie Cordy © Jac. de Nijs / Anefo - Nationaal Archief

Et puis, je l’ai découvert dans Le Chat donnant la réplique à Gabin. Dans le rôle de Nelly, elle était d’une sobriété, d’un naturel, d’une sincérité. On découvrait alors l’immense actrice qu’elle était. Quand Guitry lui avait proposé de jouer dans Si Versailles m’était conté, elle lui avait répondu qu’elle n’était pas comédienne. Le Maître lui avait alors dit : « Mademoiselle, on n’est pas comédienne, on nait comédienne ». Et il lui a conseillé d’aller voir du côté du répertoire de Réjane. Des années plus tard, elle sera Madame Sans-Gêne, rôle qui fut créé en 1893 par cette dernière. Et elle y avait été superbe.

Une rencontre impromptue

La première fois que j’ai croisé sa route fleurie, j’étais adolescente. Mon père, directeur du service photo chez Filippachi m’avait prévenue qu’elle viendrait au Studio Carnot faire des photos pour Paris Match. Je suis arrivée avec mon skate board, et me suis glissée dans un coin. Elle m’a vue et m’a envoyée ce magnifique sourire que nous lui connaissions tous. De cette voix particulière, matinée d’un léger accent belge, elle m’a demandée de lui faire une démonstration. 

Une artiste joyeuse
Scènes de ménage. Annie Cordy. © M6

Je l’ai recroisée des années après, pour Pariscope. Elle allait jouer au théâtre, Laissez-moi sortir de Jean-Marie Chevret. On s’est retrouvé au bar de l’hôtel Scribe à l’Opéra. J’ai le souvenir que l’on avait bien rigolé mais j’avais été surtout séduite par sa force de caractère et cette joie naturelle qui se dégageait d’elle. J’avais aussi devant moi une grande professionnelle.  « La danse, c’est très important. Cela apprend à savoir marcher, se tenir, garder une élégance. Voyez-vous, faire le comique les pieds en dedans, sans élégance, c’est quelque chose que je ne peux pas faire. » Regardez sur youtube® La balade de Calamity et vous comprendrez ce qu’elle disait.

Un dernier tour et puis s’en va
Annie Cordy © Jac. de Nijs / Anefo - Nationaal Archief

Sa dernière prestation fut pendant le confinement. Vincent Taloche avait eu la bonne idée de demander à tous les artistes belges de faire un clip sur un de ses grands tubes, Ca ira mieux demainAnnie Cordy s’était prêtée au jeu, elle ouvrait et refermait le clip. Alors oui Madame, ça ira peut-être mieux demain, mais sans vous cela sera moins joyeux. Au revoir chère Annie et merci pour tout.

Marie-Céline Nivière
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