Marmaille, un festival ciselé pour le jeune public

À Rennes, depuis plusieurs jours, le festival Marmaille / Marmaille en Fugue bat son plein. Proposant des spectacles à partir de l’âge de 6 mois, cet événement de théâtre jeune public de référence fait le bonheur des petits et des grands et invite à une plongée dans l’imaginaire d’une vingtaine d’artistes. Rencontre avec Christelle Hunot, Alix Clerfeuille et Géraldine Le Tirant de l’association Lillico, directrice, programmatrice et chargée de communication de la manifestation. 

En quelques mots, pouvez-vous nous raconter la genèse du festival ? 

on ne dit pas j’ai crevé. Concept, jeu et mise en scène : Enora Boëlle. Marmaille © Marie Prunier

Le projet de Lillico est né en 1988 au cœur du quartier de Maurepas à Rennes, dans un théâtre qui était situé pas très loin d’où nous sommes actuellement, à la Salle Guy Ropartz. Nous avons dès le départ développé le projet autour du spectacle à destination du jeune et tout public avec une très forte envie d’accompagner la création locale et régionale. En 1993, Marmaille est né dans un projet artistique résolument tourné vers la création dès la naissance du festival avec 2 lignes fortes la petite enfance et l’objet très vite, des partenaires rennais et du département désireux de développer un projet artistique à destination du jeune public nous ont rejoints pour former cet événement.

Quel est son ADN, sa spécificité ?

Mobil’Âme de  Bettina Vielhaber. avec Marja Nykanen / Marmaille. © Guillaume Fraysse

Marmaille/ Marmaille en Fugue est un festival dédié aux artistes en création, un festival qui se construit au regard des parcours artistiques. Les projets accompagnés naissent d’abord d’une rencontre avec un artiste. Nous les accompagnons tout au long du processus de création, par des accueils en résidences, des productions, des coproductions, mais aussi en tant que lieu ressources, par le biais d’échanges artistiques, sur la question de l’adresse spécifique à l’enfance. Ces rencontres sont autant d’occasions d’apprendre à se connaître, et de tisser ainsi un véritable lien de confiance mutuelle entre artistes et lieux. C’est aussi un festival qui se construit, se tricote avec les partenaires du territoire. Les œuvres et les publics circulent ainsi sur le territoire départemental durant les 11 jours du festival. Les œuvres peuvent être vues dans des salles de spectacles, des médiathèques, des salles polyvalentes, des écoles… Nous échangeons avec les partenaires ? sur leurs accompagnements, des résidences de création jusqu’à la naissance de l’œuvre et sa diffusion.

Vous dédiez ce festival aux spectacles jeunes publics, en quoi c’est important ? 

A la lueur du doute
Création 2021
Cie Osteorock - Création chorégraphique et interprétation Carole Bonneau, Hélène Maillou et Falila Taïrou © Coline Linder

 Le Festival est né à Une époque où les propositions pour les plus jeunes n’existaient pas ou peu. Dès la genèse du projet, nous avons mis un point d’honneur à présenter des œuvres qui s’adressent à tous les publics. Nous pensons outre la nécessité d’être en rencontre dès le plus jeune âge avec une œuvre artistique que le spectacle vivant est un paysage, une aire de jeu. L’enfant a ce regard, cette énergie, ce plaisir ? si singulier quand il est face à une œuvre artistique. L’adulte, lui retrouve le plaisir, parfois intact, de ces états de l’enfance, remplis de sensible, de poésie et d’imaginaire, à la découverte de ces œuvres. Le spectacle vivant amène chacun à vivre une expérience unique, la première. Les théâtres doivent être des lieux d’expression pour tous, de partage, et de plaisir.

Quelle est la particularité de cette édition ? 

Cette édition s’est construite dans une période de crise sanitaire. Nous avions en 2020 eu cette merveille chance d’organiser un Festival mais dans des conditions plus compliquées notamment sur les restrictions de jauges, et avec aucun espace de rencontres possibles entre les publics, artistes et professionnels.

Quels en sont les grands moments ?

L’écho d’éole Conception et interprétation : Benoît Sicat ©  Élodie Guignard

L’inauguration du festival restera indéniablement un temps marquant de cette édition. Avec les artistes du LaBo (espace de recherche et d’expérience artistique né en 2019 à Lillico) nous avons invité une classe de CM2 de l’école élémentaire publique Les Gantelles à participer avec nous à ce rendez-vous inaugural. Nous souhaitions que la parole soit donnée aux enfants, qu’ils puissent être les guides de cette après-midi placée sous le signe des rêves et des souhaits.
Tout au long de ce Festival, les publics pourront circuler sur l’ensemble du territoire. 21 propositions artistiques sillonneront le département. 14créations verront le jour à l’occasion de cette nouvelle édition.
Pour la clôture du festival, nous avons invité les familles, les habitants du quartier de la salle Guy Ropartz, les artistes, à se retrouver le vendredi 29octobre ; dès 14h à l’occasion du « Là ou Là », café atelier. Depuis la rentrée, nous proposons ce rendez-vous tous les derniers vendredis de chaque mois?. Un temps convivial pour se rencontrer, autour d’un café, discuter, mais aussi fabriquer, créer, … Pour ce « Là ou Là » d’octobre, nous profitons de cette édition de Marmaille pour inviter tous les artistes locaux accueillis durant le Festival ! L’occasion pour celles et ceux qui le souhaitent de prendre le temps d’échanger. Enfin, nous aurons le plaisir d’accueillir « Héritage », un spectacle dancefloor au plateau, idéal pour la » clôture de ce temps festif !

Propos recueillis par Olivier Frégaville-Gratian d’Amore

Festival Marmaille / Marmaille en fugue
du 19 au 29 octobre 2021

Crédit photos © Marie Prunier, © Guillaume Fraysse, © Coline Linder et © Élodie Guignard

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