Fériel Bakouri © Points Communs

Points communs, une saison 21-22 plus riche et éclectique que jamais

À Points communs – Scène nationale de Cergy-Pontoise et du Val d’Oise, c’est l’effervescence. Ce week-end, Political Mother Unplugged d’Hofesh Shechter, ouvre la saison. Fériel Bakouri, directrice du lieu depuis tout juste quatre ans, lance sa programmation avec enthousiasme et exaltation. 

Comment s’annonce la réouverture après presque un an de fermeture suite à la crise sanitaire ? 

Points Communs - © Points communs

Fériel Bakouri : Plutôt bien, même si pour l’instant nous avons encore du mal à savoir si le public sera au rendez-vous tout au long de la saison. Cette reprise est très particulière. Elle ouvre sur une période inconnue. Toutefois, lorsque j’ai fait la présentation de saison, il y a une semaine, la salle était comble. J’y vois donc un très bon présage. Mais il est vrai que contrairement aux autres années, où l’annonce de la programmation et l’envoi des plaquettes de saison se font début juin, nous n’avons aucun moyen de dégager une tendance générale. C’est assez perturbant, mais décemment, nous ne pouvions faire autrement, tant au printemps, nous étions dans l’incertitude quant à l’ouverture des lieux. Il était impensable de refaire comme l’an passé, annoncer une programmation qui risquait de ne pas le jour. 

Qu’est-ce qui a changé ?

Fériel Bakouri : On navigue donc à vue contrairement à d’habitude. Il est très difficile de comparer, mais on sent un début de frémissement très positif. Ce que l’on peut constater par contre, c’est que, si le pass sanitaire nous a permis de rouvrir, il ne facilite pas le retour des spectateurs en salle avec une partie des jeunes de moins de 18 ans qui ne sont pas encore vaccinés et quelques spectateurs réticents à cette mesure, qui ne se privent pas de nous le dire d’ailleurs dans de longs mails. On peut s’interroger sur la place de la culture dans ce dispositif de pass sanitaire, qui encore une fois semble désavantagée, mais de façon tout à fait pragmatique, le pass sanitaire, que l’on soit pour ou contre, a permis la réouverture à pleine jauge des lieux de culture. C’est tout même une bonne chose. D’autre part, le monde a changé, les habitudes aussi, on entre donc dans une période complexe où nous directrices et directeurs de lieux allons devoir repartir à la conquête de nouveaux publics. On doit donc composer avec cela, évaluer la répercussion que cela peut avoir sur le remplissage des salles.

Vous rouvrez avec un week-end très danse. Est-ce que cela donne le ton de la saison ? 

POLITICAL MOTHER UNPLUGGED d'Hofesh Shechter
Shechter II
© Agathe Poupeney

Fériel Bakouri : Je suis très contente de rouvrir avec un spectacle d’Hofesh Shechter, un chorégraphe dont j’aime énormément le travail. Cela me met en joie, d’autant qu’il sera présent à la première. Il est vrai aussi que j’aime l’idée que Points communs soit un lieu de tous les possibles, de tous les arts vivants. Nous nous devons d’être pluridisciplinaires, donc oui les propositions en musique et danse augmentent. C’est aussi pour cela que lors de ce week-end de réouverture, nous accueillons Screws d’Alexander Vantournhout, un extraordinaire circassien et chorégraphebelge, Work de Claudio Stellato et un concert d’Ayo. Avec la covid, je crois que les mentalités et les missions des scènes nationales ont quelque peu évoluées. Nous devons, je crois, être encore un plus grand pôle de création qu’avant. C’est en tout cas ce que j’ai essayé de faire avec 26 créations à l’affiche de notre programmation 2021-2022, dont quatre sont des premières en France. Il y a une vraie accélération de ce mouvement d’accompagnement des artistes, tout particulièrement les nouvelles générations. Le temps donné par cette crise a permis cela. Par ailleurs, il était important de permettre des voyages immobiles, d’aller à la découverte d’autres cultures, d’autres processus créatifs. L’an passé, nous ne pouvions voyager, cette année nous faisons en sorte que cela soit possible sans pour autant s’éloigner de chez soi. Avec ces récits d’ailleurs, on espère permettre à chaque spectateur de se déplacer. 

Continuez-vous à donner une grande place à la jeunesse dans votre programmation ? 

Rave lucid de la Cie Mazelfreten © Jonathan Godson

Fériel Bakouri : C’est dans l’ADN même du projet. Il y a trois grands temps Génération(s) qui vont rythmer la saison. À chaque fois, on essaie de mixer les programmations entre celles qui viennent des jeunes eux-mêmes et celles que nous imaginons, plus ambitieuses, plus internationales. C’est notamment le cas avec la venue de la compagnie Mazelfreten ou de la compagnie La Tristura. Il y a beaucoup d’ancrages locaux dans ce que nous proposons mais avec toujours une ouverture vers ailleurs. 

Quel est le premier temps fort de la saison ? 

_jeanne_dark_ de Marion Siéfert © Matthieu Bareyre

Fériel Bakouri : Il a lieu en novembre. C’est un temps Génération (s) qui verra se croiser justement la compagnie hip-hop electro Mazelfreten, le _jeanne_dark_ de Marion Siéfert, le Peer Gynt de David Bobée et un concert de musiques actuelles en cours de programmation. C’est très varié, très mélangé, très éclectique. On cherche vraiment à permettre à nos publics de tout âge de découvrir à la fois des valeurs sûres, de jeunes artistes, de grands spectacles et des formes plus petites plus intimes. Je crois qu’au fil de la programmation, nous avons essayé de trouver des spectacles, qui parlent aux gens, qui leur donnent des nouvelles du monde, de mettre en exergue des artistes que l’on voit peu en France. 

Propos recueillis par Olivier Frégaville-Gratian d’Amore

Points Communs – Scène nationale de Cergy-Pontoise et du Val d’Oise
Direction Fériel Bakouri

Crédit photos © Point Communs, © Agathe Poupeney, © Jonathan Godson et © Matthieu Bareyre

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