Laurent Cazanave © Avril Dunoyer

Laurent Cazanave, tête artistique du festival de la Fourberie en scènes

À deux pas de Dinard, le festival de la Fourberie en scènes investit, en ce 15 août, les jardins des habitants de Saint-Lunaire, pour quatre jours consacrés au spectacle vivant. Pour cette deuxième édition, Laurent Cazanave, directeur artistique de la manifestation, souhaite mettre en avant la jeune création ainsi que l’importance de proposer spectacles et activités permettant le brassage générationnel.

Qu’est-ce qui vous à donner envie de créer un festival ?
La Fourberie en scènes

Laurent Cazanave : L’idée du festival est née d’abord d’une vie de quartier, celui de La Fourberie à Saint-Lunaire. Tous les étés les habitants se retrouvent autour de soirées : l’une s’articule autour de la cuisine d’un pays, l’autre initiée par Didier Gavard, co-directeur du festival, proposait un après-midi théâtre, regroupant ses amis et les habitants de la Fourberie. En discutant avec lui, nous avons eu l’envie d’ouvrir cette vie de quartier au public et de créer une vraie manifestation regroupant des artistes amateurs et professionnels.

Pourquoi l’avez-vous implanté en Bretagne ? 

Laurent Cazanave : C’est là que j’ai passé tous les étés de mon enfance. Il y a une histoire forte. Le cadre face à la mer offre une vraie chance pour les artistes de créer et d’échanger. Le festival fait partie d’une association de festivals émergeants. 

Cette volonté de reconquérir le territoire, d’aller à la rencontre de nouveaux publics est-il primordial ? 

Laurent Cazanave : Oui, c’est la raison même de pourquoi nous faisons du théâtre. La culture est considérée comme une activité de divertissement et les lieux de vacances sont le meilleur moyen de toucher un nouveau public qui n’a pas forcément l’occasion d’aller au théâtre pendant l’année. Nous sommes situés entre 2 campings ce qui aussi brasse une diversité de populations énorme entre familles, jeunes et retraités. C’est ce brassage qui est important pour nous. 

Quelles sont les grandes lignes artistiques de votre festival ?

Laurent Cazanave : Le festival est un festival de tous les arts professionnels et amateurs. Il regroupe des spectacles de danse, de théâtre, du jeune public, des ateliers, des expos, des courts-métrages de la musique, de l’écriture, des clowns. La programmation est équitable entre compagnies professionnelles et amateures. Le but est de nous retrouver autour de l’art et de partager. C’est un festival en plein air donc les spectacles arrivent sans implantation lumière car il fait jour. Cela permet aux troupes de présenter une étape de travail. Le projet est de permettre un vrai échange entre public et artiste sur le processus de création, et les différentes formes de travail. Chaque année, nous réunissons les compagnies présentes pour créer toutes et tous ensemble un spectacle au cours de festival. Les habitants du quartier qui accueillent les scènes dans leurs jardins préparent aussi un spectacle qui est un peu le temps fort du festival.

Que voulez-vous impulser ? 

Laurent Cazanave : Je veux vraiment que l’art redevienne à taille humaine et pour les humains. La plupart des festivals émergeants sont portés par de jeunes artistes cela signifie qu’il y a une envie, une volonté de renouveau de réinviter la manière de présenter d’aborder le spectacle vivant, oui, c’est une évidence. Sortant d’une école nationale, nous avons une vision du théâtre et parfois, on se ferme à d’autres. Cette démarche je la mène depuis 10 ans dans ma compagnie : faire des spectacles pour les publics qui sont éloignés à priori de l’art. Ce travail est dans la ligne du travail initié aussi au Théâtre 14 et aux Lycées Guillaume Tirel et Yvon Bourges avec les élèves-cuisiniers et serveurs. La crise sanitaire a aussi accéléré ce désir de réinventer l’art et le rapport au public. Notre première édition a eu lieu grâce à la générosité des habitants et des commerçants locaux. C’est aussi un moyen d’impliquer la population. Pour cette deuxième édition, nous avons la chance d’être aidée par la Mairie de Saint-Lunaire et la DRAC Bretagne, ce qui va nous permettre en cette période compliquée d’aider aussi les artistes à retrouver le chemin des plateaux. La musique a très bien compris cette nécessité de mélanger les genres, avec les grands festivals où de multiples artistes d’univers différents se côtoient et jouent le temps d’une journée. J’ai le même désir avec le théâtre. Retrouver ce moment de fête où artistes et public peuvent vraiment échanger.

Propos recueillis par Olivier Frégaville-Gratian d’Amore

Festival de la fourberie en scènes
35800 Saint-Lunaire

Crédit portrait © Avril Dunoyer

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