Fabio Lopez © OFGDA

Fabio Lopez, un Parsifal basque

Empêché de présenter ses œuvres au public, Fabio Lopez, en travailleur acharné et méticuleux, ne ménage pas sa peine. Avec les danseurs de sa compagnie Illicite Bayonne, il travaille à ses prochaines créations. Sortant tout juste d’une résidence au Théâtre Michel-Portal de Bayonne – Scène nationale du Sud-Aquitain, le jeune chorégraphe revient dans Surexposition sur son amour de la danse. 

Fabio Lopez dans Fallen King © Polina Kobycheva

Quel est votre premier souvenir d’art vivant ? 
J’ai un joli souvenir vers 5 ans d’avoir vu des danses folkloriques traditionnelles portugaises dans mon quartier. A la maison on a toujours chanté du Fado… mais là il faudrait une autre interview !

Quel a été le déclencheur qui vous a donné envie d’embrasser une carrière dans le secteur de l’art vivant ? 
J’ai eu la chance d’avoir deux bourses d’études qui m’ont convaincu d’avoir du talent pour foncer dans ce milieu bien difficile.  Le reste c’est de la sueur. 

Qu’est ce qui a fait que vous avez choisi d’être danseur et chorégraphe scénographe ? 
La puissance androgyne et la physicalité technique de l’Oiseau de Feu de Maurice Béjart. 

Le premier spectacle auquel vous avez participé et quel souvenir en retenez-vous ? 
J’ai pu faire de la figuration très jeune au Ballet National du Portugal dans la production de Pétrouchka de Michel Fokine. J’avais trouvé fascinante l’ambiance intergénérationnelle de la pièce autour d’un Carnaval russe. Aussi les répétitions avec Isabelle Fokine, petite-fille du chorégraphe, qui nous a? pris directement en main, sont restés inoubliables.

Moirai - sortie de résidence au théâtre Michel-Portal de Bayonne © Stéphane Bellocq

Votre plus grand coup de cœur scénique ? 
La découverte de la compagnie israélienne Kibbutz Contemporary Dance et de son spectacle bouleversant Horses in the sky en 2017. 

Quelles sont vos plus belles rencontres ? 
Ma rencontre avec mon mentor Maurice Béjart en 2004 et avec le compositeur contemporain Thierry Escaich en 2016 pour notre production Poil de Carotte.

En quoi votre métier est essentiel à votre équilibre ? 
Au quotidien je suis un loup solitaire alors grâce à ma vie artistique aller au studio, au théâtre, chorégraphier pour une troupe ça me permet de sortir de mon côté ermite et d’aller plus facilement à la rencontre de l’autre. C’est un comportement très complémentaire quand on n’habite pas dans une ville comme Paris ou Lyon et qu’on est timide et étranger. Se faire accepter c’est parfois compliqué et la danse a toujours aidé à créer du lien.

NOS OMNES - sortie de résidence au théâtre Michel-Portal de Bayonne © Stéphane Bellocq

Qu’est-ce qui vous inspire ? 
Souvent une pièce musicale ou un poème. L’universalisme de l’art est très important pour moi. NOS OMNES (nous tous).

De quel ordre est votre rapport à la scène ? 
Étonnamment j’ai rarement eu le trac donc sur scène j’étais bien. J’ai toujours beaucoup travaillé en studio pour avoir une liberté totale dans cet espace souvent vide. Avec du recul et en analysant mon œuvre chorégraphique, la scène doit amener l’interprète vers un autre espace-temps. Un joli conseil de Maurice Béjart à mon encontre.  

A quel endroit de votre chair, de votre corps situez-vous votre désir de faire votre métier ? 
La vertèbre L4 ! Je me suis blessé à 27 ans (chiffre bien connu des artistes) et cela a déterminé mon avenir dans ce métier qui est déjà très court. La passion est toujours là, seulement je la partage par l’intermédiaire d’autres corps dansants.

Avec quels autres artistes aimeriez-vous travailler ? 
Il y en a plusieurs je l’avoue ! Je citerai trois personnes : Paul Marque, jeune danseur étoile du Ballet de l’Opéra National de Paris, Philippe Jarroussky, notable contreténor français, et Alexandre Tharaud, pianiste que j’aime tout particulièrement.

Passion Wagner © Fabio Lopez

A quel projet fou aimeriez-vous participer ?
J’aimerais faire ou participer comme chorégraphe à la mise en scène du Ring de Wagner. Depuis très jeune l’univers de l’opéra me séduit et notamment sa tétralogie si méticuleuse et brillante. Je suis ouvert à des propositions (rires) !

Si votre vie était une œuvre, qu’elle serait-elle ? 

Psyché ranimée par le baiser de l’Amour, une sculpture de Canova

Olivier Frégaville-Gratian d’Amore

Compagnie Illicite-Bayonne

Crédit photos © OFGDA, © Polina Kobycheva , © Stépahne Bellocq et © Fabio Lopez

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