Mes ancêtres les gaulois de Nicolas Bonneau et Nicolas Marjault. Maif Social Club © Julien Jaffré

Nicolas Bonneau ressuscite ses ancêtres

Au Maif Social Club, Nicolas Bonneau remonte, avec finesse et drôlerie, le cours de son histoire familiale. Entremêlant les souvenirs recueillis ou reconstruits de ses ancêtres, il feuillette, avec son comparse Nicolas Marjault, les pages de notre roman national pour mieux interroger l’identité française actuelle.

Quel plus bel hommage à ses ancêtres que celui de les ressusciter ? Certain·e·s choisissent la plume, d’autres, comme Nicolas Bonneau, la voix. Dans Mes ancêtres, les Gaulois, sa dernière création présentée en octobre dernier au MAIF Social Club, le conteur explore les méandres de son histoire familiale sur plusieurs générations, à l’aune de la Grande histoire. Pour interroger une notion fondamentale : l’identité. Qui est-on vraiment quand on est Français·ses. D’où vient-on ? Qui sont nos ancêtres ? Quelles ont été leurs existences, leurs secrets, leurs engagements ?

Les racines de l’enquête
Mes ancêtres les gaulois de Nicolas Bonneau et Nicolas Marjault. Maif Social Club © Julien Jaffré

Tel un enquêteur chevronné, Nicolas Bonneau remonte jusqu’à son arrière arrière-grand-père, Pierre Bonneau, un villageois patoisan, dont il ne sait pas grand-chose, mais il détient une archive précieuse : le Petit Lavisse, roman par excellence de la France ! Ainsi il en sait davantage sur Ernest, son arrière-grand-père, mort pour la France au cours de la première guerre mondiale. Encore plus sur Simone et ses cinq enfants. Une femme d’un courage infini qui travaillait tous les jours dans un café, véritable « tribunal de l’opinion publique », et qui a su résister, à sa façon, à la montée en puissance du parti de l’UDCA, ancêtre de l’extrême droite.

Nicolas Bonneau glisse ensuite sur la crise pétrolière des années 1970 et sur la vie de son père, que l’amiante a emporté. Puis sur la sienne : les petits métiers pour tracer son sillon de comédien, à l’époque d’une France black, blanc, beurre, finalement rattrapée par la peur de la différence. Porté par une prose incarnée, son récit s’achève sur la possibilité d’un monde meilleur, avec Ulysse, le grand voyageur, le vagabond, prénom de son fils aussi, qui rêve de bateaux pour aller à la rencontre de l’autre, au-delà de toute frontière. Comme si la réponse à l’identité était finalement la trans-identité.

Voyage dans le temps

Durant une heure, Nicolas Bonneau nous fait traverser terres et mers, époques et temps avec toute la fantaisie et la simplicité qui le caractérisent. Autour de lui, une table d’écolier qui cache plusieurs objets d’époque, un écran qui vient illustrer ses histoires et une enceinte, la suave Alésia. Diffusant une douce lumière rouge au gré de ses interventions algorithmiques, cette partenaire centrale chante, interagit, projette et se vexe aussi. On reconnaît là, la virtuosité vocale de Fanny Chériaux, indispensable partenaire de route de Nicolas Bonneau. Tout comme l’est Nicolas Marjault, co-auteur de la grande histoire qui traverse cette pièce.

Nicolas Bonneau célèbre ici l’œuvre – anonyme ou éloquente – de ces héros et héroïnes qui ont participé à l’écriture de notre histoire qui est la nôtre aujourd’hui. Un récit intime autant qu’universel.

Cécile Strouk

Mes ancêtres les gaulois de Nicolas Bonneau et Nicolas Marjault. Maif Social Club

Mes ancêtres les gaulois de Nicolas Bonneau et Nicolas Marjault
Maif Social Club
37 rue du Turenne

75003 Paris
Du 8 au 10 octobre 2020
durée 1h10 + 20 minutes d’échanges

mise en scène de Nicolas Bonneau et Nicolas Marjault
Avec Nicolas Bonneau 
collaboration artistique et création sonore de  Fanny Chériaux 
Production –  Compagnie La Volige – Nicolas Bonneau 

Crédit photos © Julien Jaffré

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