Le festival Suresnes Cité Danse, hors les murs pour sa 28e édition

Fermé pour rénovation jusqu’au 3 février 2020, le théâtre Jean Vilar de Suresnes propose une version resserrée et délocalisée de son célèbre festival de Hip-hop. Vitrine des danses urbaines depuis 1993, Suresnes Cité danse continue dans sa programmation de métisser les différents courants chorégraphiques contemporains.

Pour sa 28e édition, le Festival Suresnes Cité Danse quitte son emblématique écrin de briques, dont la grande salle subie depuis plusieurs mois des travaux d’agrandissement et de modernisation, pour s’installer du 11 janvier au 2 février 2020 au théâtre André-Malraux, à Rueil-Malmaison. Cette délocalisation a demandé à Olivier Meyer, son fondateur et directeur, quelques petits aménagements, notamment en termes du nombre de pièces présentées, de durée de l’événement. Cette année, seulement six chorégraphes sont à l’honneur et cinq créations sont présentées. Bien que resserrée cette programmation a de quoi titiller la curiosité des spectateurs, stimuler leurs sens, les inviter à un voyage immobile vers d’autres cultures, d’autres styles de danses.

Le 11 et 12 janvier, C’est un diptyque qui fait l’ouverture. D’un côté, le chorégraphe de 32 ans, Salim Mzé Hamadi Moissi, figure incontournable de la scène hip-hop en Afrique, propose de questionner ses racines comoriennes, son attachement à son archipel, ainsi que les différentes influences qui ont nourri son travail depuis plus de dix ans. De cette réflexion, il a imaginé une pièce chorégraphique pour 7 danseurs Massiwa. De l’autre, le tarbais Bouziane Bouteldja, continue de plonger dans la culture de ses ancêtres marocains et interroge dans cette nouvelle création pour sept interprètes dont trois femmes, le rapport entre les hommes et les femmes. S’appuyant sur l’évolution de la société maghrébine au regard de la religion, de la tradition, il esquisse Telles quelles, Tels quels avec un spectacle sur le genre, l’égalité des sexes.

Autre week-endroit , autre ambiance. Les 17, 18 et 19 janvier, Mourad Merzouki propose avec Vertikal de mettre nos sens sans dessus-dessous. Équipés de baudriers, accrochés aux cintres, ses danseurs-acrobates prendront possession des airs et donneront au hip-hop une dimension 3D. Ce moment hors du temps et de l’espace devrait s’avérer hypnotique et transcendant.

Avec Butterfly, les 24, 25 et 26 janvier, Mickaël Le Mer signe une pièce enchanteresse où 6 danseurs et 3 danseuses, tous issus de la danse hip-hop, virevoltent avec élégance, virtuosité sur scène. S’inspirant du vol des papillons, de leur éphémère existence, il convie à un ballet aérien, poétique, qui touche à la grâce.

Enfin, en clôture, les 31 janvier, 1er et 2 février, Nawal Lagraa Aït Benalla et Ha’mim Abou Lagraa offre à de jeunes danseurs issus de milieux défavorisés de faire leurs Premier(s) pas. L’objectif de ce projet, initié par les deux chorégraphes et soutenu par les Fondations Edmond-de-Rothschild est d’offrir aux dix interprètes une chance de s’exprimer autrement tout en impulsant un nouvel imaginaire artistique.

Comme chaque année, en parallèle des représentations, tout au long du festival, des ateliers destinés à sensibiliser la jeunesse à l’art chorégraphique seront mis en place. Que vous soyez passionnés de Hip-Hop, de break danse, ou néophytes, n’hésitez pas les prochaines semaines à vous rendre à Rueil-Malmaison et à vous laisser séduire par le Suresnes Cité danse. Il y a de fortes chances que vous deveniez « accros » !

Olivier Frégaville-Gratian d’Amore


Festival Suresnes Cité Danse
Théâtre André Malraux, place des Arts à Rueil-Malmaison
Du 11 janvier au 2 février 2020

Crédit photos © Benoîte Fanton, © thomas Badreau, © Eric boudet et © Laurent Philippe

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